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Par Claude-Marie Vadrot - 3 juin 2011

Ours, rapaces, loups, lynx : les chasseurs font la loi

Avec l’annulation, le 31 mai, de la réintroduction dans le Béarn d’une femelle ours promise depuis des années, la faune sauvage vient de payer un nouveau tribut à la démagogie électorale. Tour d’horizon.

Dans le Béarn, cette zone des Pyrénées où ne survivent que deux mâles, l’ours est promis à une disparition très rapide. Piteuse explication de la ministre de l’Écologie : il s’agit de ne pas accroître les difficultés des éleveurs touchés par la sécheresse. Sauf que l’examen des cartes pluviométriques et de l’état des pâturages de montagne dans cette région montre que la situation des herbages est pratiquement normale. Une nouvelle fois, il s’agit de complaire au lobby des chasseurs et aux braillards de la FNSEA qui rêvent d’éliminer les quelques prédateurs survivant sur le territoire français. En oubliant qu’en 2010, d’après les chiffres du ministère de l’Écologie, 167 brebis ont été tuées - et remboursées aux bergers - par l’ours dans tout l’arc pyrénéen. Chiffre à rapprocher de deux autres : 600 000 brebis passent l’été dans les alpages des Pyrénées et près de 30 000 sont tuées par des chiens ou dans des accidents.

Il ne reste plus dans toutes les Pyrénées qu’une vingtaine d’ours discrètement pourchassés par les chasseurs qui ignorent volontairement la loi alors qu’il y a cinquante ans, il en restait environ 150. Empoisonnés, tués à coups de fusil ou chassés de leurs territoires par les équipements de sport d’hiver ou par l’ouverture de nouvelles pistes destinées à la sylviculture, ils ont peu à peu disparu. Aucun ministre de l’Écologie, depuis les années 1980, n’a réussi à obtenir quelques dizaines de milliers d’hectares réservés pour leur permettre de vivre en paix.

De la même façon, à la fin des années 1960, lorsque le parc national des Pyrénées fut créé, les aménageurs de la montagne et les associations de chasseurs avaient fait pression pour que les limites du parc n’englobent pas les espaces où vivaient encore de nombreux ours. Conséquence du manque de courage du législateur, le dernier ours brun aura disparu de France d’ici une vingtaine d’années, alors qu’il en subsiste plus d’une centaine en Italie dans les Abruzzes ou en Espagne. Là-bas, ces animaux sont protégés à la fois par le pouvoir politique et l’opinion publique. On peut aussi citer les 700 loups italiens et les 2 100 loups espagnols, à comparer aux 180 à 200 dénombrés en France.

Avec les autorisations données aux préfets de permettre aux bergers et aux chasseurs de tuer six loups en 2011, le pouvoir a également cédé à la tentation électorale alors que cet animal, venu d’Italie, n’a tué l’année dernier qu’environ 2 800 brebis (également remboursées). Par contre, selon les spécialistes et les associations d’éleveurs, le nombre des moutons tués par les chiens, errants ou fugitifs, dépasse 130 000 pour toute la France. Ce chiffre, même si l’on comprend que la vie des bergers ne soit pas facile et si l’on sait qu’ils sont en général sous-payés, relativise l’importance des dégâts commis par ce prédateur. Même remarque pour le lynx qui tente de survivre, malgré les tirs clandestins et les empoisonnements, dans le Jura et les Vosges où il a été réintroduit en 1983.

La France a de toute évidence des relations difficiles avec la nature sauvage, comme l’a montré l’échec de l’année de la biodiversité et les récents tirs contre de grands rapaces dans les Alpes et le Sud de la France. La proportion d’oiseaux, les petits comme les grands, menacés de disparition sur le territoire métropolitain est de 26 % des 568 espèces répertoriées. Les chiffres viennent d’être communiqués par la Ligue pour la protection des oiseaux et le Muséum national d’Histoire naturelle. Ces deux organismes rappellent dans le rapport publié que le chiffre mondial moyen est de 12 %. Des espèces emblématiques comme le milan royal sont systématiquement victimes d’appâts empoisonnés. En cause également : la poursuite d’un usage intensif des pesticides malgré les promesses du Grenelle de l’environnement et les drainages des zones humides pour y semer du maïs... qu’il faut arroser pour lutter contre la sécheresse. Ce qui a pour conséquence, dans de nombreuses régions, de diminuer le niveau des rivières où les céréaliers pompent souvent clandestinement de l’eau. Un ralentissement ou un tarissement du débit qui entraîne une forte mortalité des loutres, des castors et de tous les mammifères ou oiseaux inféodés à l’eau.

Pas une voix ne s’est élevée au parlement - sauf chez les Verts - pour protester contre les mesures anti-ours, anti-loups ou préjudiciables à l’avifaune. Le lobby des chasseurs fait la loi électorale. Dernière preuve : les 5 et 17 mai, à la demande de la Fédération des chasseurs, le Sénat et les députés, alors que le calendrier parlementaire est parait-il chargé, ont trouvé le temps de voter discrètement une proposition de loi sur « la modernisation du droit de chasse » qui revient à donner encore plus de droits aux chasseurs sur le milieu naturel et contre les autres usagers de la nature. Le score du scrutin laisse rêveur : 534 voix « pour » et 4 « contre » des dispositions qui mettent la vie sauvage en danger. Les animaux ne votent pas...

Nota Bene :

Photo : AFP - Parc animalier des Angles (66)

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Commentaires de forum
  • Indigné 3 juin 2011 à 17:07

    Approximations, contre-vérités et chiffres fantaisistes en vrac et sans sources. Les loups sont effectivement 180 à 200, ils étaient 2 en 1992. Curieuse dénonciation d’une régression ! Ils ont tué ou blessé 4200 têtes de bétail l’an dernier et non 2800 pour les 10 départements où ils sont présents dans les Alpes (Ministère de l’Ecologie) sur des troupeaux très majoritairement protégés. Aucune référence n’établit 130 000 pertes dues à des chiens... Chiffre attribué de façon fantaisiste à "des associations d’éleveurs" (!). Les derniers résultats établis par l’ENITA de Clermont-Ferrand suggèrent moins de 20 000 pertes par an dues à des chiens pour toute la France sur des troupeaux qui ne sont pas protégés (et pour cause...).
    Triste journalisme...

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  • Claude-Marie Vadrot 3 juin 2011 à 17:46

    Réponse du berger...à la bergère :

    - triste parti pris

    - J’ai pris les chiffres officiels, peu suspects d’être trafiqués, du nombre de brebis tuées et remboursées (un peu plus de 2800)

    - Vous savez parfaitement, si vous exercez cette de plus en plus difficile profession de garde-moniteur de parc national, quel est le rôle néfaste des chasseurs qui manipulent (et sont manipulés par..) les politiques. Cela ne vaut bien sur pas pour tous les chasseurs mais pour surtout pour ceux du sud de la France (et de la Baie de Somme) qui considèrent que le milieu naturel est un terrain de jeu qu’ils ne veulent pas partager. Surtout pas avec les espèces sauvages qu’ils n’ont pas le droit de chasser.

    - Ce sont des syndicats d’éleveurs qui communiquent sur le nombre des brebis tuées par des chiens errants, chiffres confirmés par les scientifiques qui travaillent sur ce phénomène ; lequel n’est pas particulier à la France. Phénomène qui correspond au nombre de chiens abandonnés par des gens qui s’aperçoivent trop tard qu’un chien n’est pas un jouet à offrir à Noël...

    Et enfin, je ne fais pas l’impasse sur la difficulté du métier de berger (salarié ou propriétaire) et je pense hélas que le loup n’a rien à voir (pas plus que le lynx ou l’ours) avec la crise de la filière ovine. Elle souffre plus des importations de Nouvelle Zélande que de quelques prédateurs.

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  • Parisien de la rue des Pyrénées 3 juin 2011 à 18:28

    Voilà un article qui n’honore pas la profession de journaliste tant il y a d’amalgames et fausses affirmations pour ne pas dire des mensonges et dans tous les cas des informations non vérifiées.
    1/ Le titre : il ne s’agit pas des chasseurs mais de toute la population : éleveurs, bergers, randonneurs, élus de tous bords, etc....
    2/ Ils ne font pas la loi, c’est la loi et toutes les conventions internationales. Pour une introduction d’espèce, il faut l’acceptation sociale. Elle n’y est pas. Tout s’arrête là.
    3/ L’explication est lamentable et permet de sauver la face devant les écolos. On tente d’expliquer que la situation est provisoire en arguant de la sécheresse. En fait, vu la consultation qui serait à refaire, la situation est définitive.
    4/ Les braillards de la FNSEA... dites-vous aussi les braillards de la CGT, de la CFDT, de la gauche de la gauche ? Ce sont des gens qui protègent leur outil de travail. L’état a l’obligation légale de le faire mais ne le fait pas. La démocratie ne leur donne-t-elle pas le droit de s’exprimer ?
    5/ 167 brebis ont été tuées. Non beaucoup plus mais les pouvoirs publics ne prennent pas tout en compte. Le double ont été indemnisés et on ne compte pas les brebis perdues, non retrouvées. Mais de tout ceci vous ne connaissez rien et préférez écrire à charge.
    6/ 30 000 brebis tuées par des chiens ou des accidents... D’où tenez-vous ces chiffres ? Origines de vos statistiques ? Venez sur place et vous pourrez constater qu’il n’existe aucune statistique officielle dans ce domaine. Uniquement des affirmations gratuites et mensongères des organisations écologistes. D’ailleurs ce chiffre ne change pas depuis 20 ans.
    7/ Ours des Abruzzes... rigolons. Ce ne sont pas les mêmes et ils ne font pas de mal au pastoralisme reliquaire entretenu pour le folklore local. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure dans les Pyrénées.
    8/ Ça se passe mieux dans les autres pays. Ayez au moins la correction de vous renseigner par une simple recherche sur Google si vous ne pouvez pas vous déplacer. Les problèmes sont énormes en Espagne, Italie, Autriche et en Suisse on demande la révision ou le retrait de la Convention de Berne

    Et tout le reste est du même jus et nous montre le niveau d’ignorance, d’incompétence journalistique et l’esprit sectaire que vous étalez.

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  • petit ours 3 juin 2011 à 19:02

    Merci pour cet article qui a le mérite de remettre quelques pendules à l’heure, la preuve, ce sont les réactions des quelques énervées, anti-nature sauvage habituels.

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  • Claude-Marie Vadrot 3 juin 2011 à 19:54

    Tous les chiffres (vérifiés) proviennent de la FNSEA et du ministère de l’Ecologie.

    Et je ne vois pas que viennent faire dans votre réponse les syndicats cfdt ou cgt et la "gauche de la gauche".
    Et si vous lisiez les sondages avec d’autres lunettes vous constateriez que les Français sont majoritairement (et largement) favorables à la présence de l’ours et du loup.

    Reste que, évidemment, les "mauvais journalistes" sont toujours ceux qui expriment un point de vue différent du votre et fournissent des chiffres qui ne sont pas manipulés.

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  • Parisien de la rue des Pyrénées 3 juin 2011 à 20:06

    Nous ne devons pas avoir les mêmles lectures.
    Mais si les chiffres viennent des sources que vius annoncez, donnez le sliens ou les références des documents pour vérifier et utiliser les mêmes. A défaut, vous resterez pour moi un menteur et manipulateur. Mais avec les élkéments, je suis prêt à changer d’opinion.

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  • Claude-Marie Vadrot 3 juin 2011 à 20:25

    Je me garderais bien, car cela relève de l’injure et de la diffamation, de vous accuser de mensonges.
    Mes sources sont le ministère de l’’écologie et la FNSEA, je me répète.

    Des liens ? Je ne fais pas mes enquêtes par Internet comme vous semblez le faire, je parle avec les gens, c’est plus sur.

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  • J. Baillon 3 juin 2011 à 22:01

    Cet article vulgarise très bien la politique actuelle de la France en matière de destruction de la biodiversité. Et montre clairement les principaux responsables. Merci à CM Vadrot.

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  • les loups sont certainement plus nombreux, même l’ONCFS atteste que ces chiffres sont minimaux, 4200 têtes de bétail prélevées par le loup… même L’ONCFS atteste que le loup n’est pas responsable de toutes ces prédations….sur une mortalité ovine de 500 000 têtes, chaque année, on peut attribuer le quart aux chiens errants, tous les éleveurs le savent…L’ONCFS atteste qu’un chiffre de 100 000 têtes prélevées par les chiens n’est pas fantaisiste

    Triste message…

    JLV

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  • Indigné 4 juin 2011 à 00:23

    4189 pertes dues aux loups exactement en 2010 selon Ministère de l’Ecologie, sans compter animaux disparus (+ 20 % reconnus par Ministère de l’Ecologie) et carcasses invérifiables car nettoyées par les vautours. Soyons sérieux 2 mn, on perd moins de temps.
    Faux en ce qui concerne les prétendus communications des syndicats d’élevage sur les dégâts de chiens. Les scientifiques travaillant sur le sujet arrivent à un taux de pertes annuel en France de 0,25 % de l’effectif ovin au pâturage, aux USA de 0,39 % (USDA), en Grande-Bretagne de 0,13 %, en Italie de 0,1 % (chiffre moins fiable). Cela fait moins de 20 000 ovins tués ou blessés par des chiens par an en France pour un effectif de 7 900 000 ovins, résultat totalement convergent avec littérature internationale. Le chiffre de 130 000 est fantaisiste et ne correspond à aucune étude de terrain.
    Enfin vous me reprochez un "parti pris" (alors que je n’ai pas commenté votre opinion), à votre guise, je n’ai cité que des données vérifiables et publiées. Je n’ai ainsi pas exprimé d’autre opinion que le regret d’une pratique journalistique qui justifie sa prise de parti (merci de me suggérer le terme) par des assertions fantaisistes. Je confirme. Pour le reste, votre opinion vous appartient, que je la partage ou non n’a guère d’importance.

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  • J. Baillon 4 juin 2011 à 06:13

    à l’intention de " Indigné" :

    Vous contestez les argument de CM Vadrot (comme Politis le permet grâce à ce forum) mais il faut quand même rappeler que son article fait suite à la décision du pouvoir politique de ne pas réintroduire UNE ourse en Béarn, ce qui condamne définitivement cette espèce puisqu’il n’y a plus qu’un ou deux mâles dans la région concernée.

    Cette décision n’a rien à voir avec la sécheresse (inconnue en Pyrénées atlantiques), d’ailleurs l’argument "sécheresse" du ministère fait déjà rigoler tout le monde, y compris chez les opposants à l’ours, il est clair qu’elle vise seulement à flatter dans le sens du poil une certaine partie de l’électorat (chasseurs, éleveurs..) comme le suggère le titre choisi par CM Vadrot que personnellement je trouve ni excessif ni mensonger mais parfaitement conforme à la réalité !!

    Avec la condamnation à mort de l’espèce "ours" on est à l’évidence bien loin de la conservation de la biodiversité dont on va nous rebattre les oreilles de plus en plus... tout en faisant le contraire. Si Mme Kokiusco Morizet était favorable à cette réintroduction d’une femelle ours (ce qu’on nous laisse entendre et qui est d’ailleurs vraisemblable) mais que c’est M. Sarkosy qui lui a dicté la position contraire qu’elle vient de prendre, il ne lui reste plus qu’à démissionner.. Avec un tel désaveu, comment pourrait-elle nous expliquer maintenant le bien fondé de sa politique sur la protection de la biodiversité ?

    Concernant le peu utile débat sur les chiffres de brebis perdues à cause de l’ours, il est utile de rappeler que 167 brebis seulement ont été tuées par l’ours l’an dernier (et remboursées aux éleveurs). C’est infime par rapport au cheptel (600.000) . Et même s’il y en avait cinq fois plus, ce resterait infime.

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  • dominique 4 juin 2011 à 08:42

    Dans votre démonstration, remplacez "ours", "loup" par "indien" et vous vous retrouvez au far west du 19ème siècle : les indiens n’étaient pas chez eux car ils ne pouvaient justifier leur exploitation du territoire.
    Chez moi, il y a des dégâts extraordinaires : mes cerisiers perdent 30 à 50 % de leur récolte à cause des oiseaux, des écureuils, des insectes. Je supporte ça parce ce que si je suis propriétaire du terrain, au sens légal, d’un autre côté il n’y a pas que le genre humain sur cette Terre et tous ces autres occupants ne savent pas lire et ne comprennent pas notre avidité.
    Je ne mets donc pas de poisons ou autres saloperies pour quelques cerises de plus, juste quelques miroirs tournoyants. Et le reste de l’année, les oiseaux bouffent la vermine.

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  • dede 4 juin 2011 à 10:12

    encore un article nul !!!!! qui ne nous apprend rien du tout respectons les avis de tous mais ne racontons pas de conneries.

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  • antho 4 juin 2011 à 10:13

    et si ont le remplace par kadaphi on se retrouve en lybie

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  • Pierre Peyret -Ferus 4 juin 2011 à 10:42

    La direction régionale de ’l’environnement Rhône Alpes dresse chaque année le bilan des attaques grands canidés. Source DDT, direction départementale des territoires. Ces chiffre sont facilement consultables sur internet, on peut notamment les trouver sur le site de l’ONCFS(Office nationale de la chasse et de la faune sauvage) dans sa revue informative "Quoi de neuf" (en pdf). Pour 2010 au 31/12 elle annonce 1090 attaques dont plus d’un tiers sur les Alpes maritimes(353) sur 12 département identifiés comme possédant des zone de présence permanente ou temporaires de loup (meutes ou individus).
    Pour 2010 toujours le nombres de victimes (ovins, caprins, équins et chiens) est de 4189 dont environ 8% de manière indirectes (par dérochement, ou étouffement).
    La DDT et l’ONCFS rappellent toutefois que lors du constat par un agant de terrain lorsque le doute subsiste, il bénéficie à l’éleveur. Ce qui signifie que pour l’indemnisation quelque soit l’origine (sauf chien et propriétaire identifiés) on présumera d’une prédation par le loup, ce qui si l’éleveur est dans une dynamique de protection du troupeau avec les moyens légaux de prévention (patous, parc de contention nocturne, gardiennage effectif, parc clôturé 5 fil si pas de gardiennage nocturne,...) se justifie. Mais gardons à l’esprit que dans de nombreux cas il est très difficile, sauf sur des secteurs où l’on sait le loup présent, de déterminer avec certitude l’origine de la prédation. Quant à la population de loup, l’ONCFS toujours avance un chiffre de 180 à 200 loups, sur la base de données de terrain fiable, et le milieu associatif (dont je fais partie) estime que la dynamique de population aurait dû nous conduire à une population de 300 individus, ce qui signifie une mortalité anormale dont on connait assez bien les raisons.
    Je rappelle au passage, puisque je lis les "posts" en réaction à l’article de Claude Marie Vadrot, qu’on ne parle pas ni pour le loup ni pour l’ours d’introduction ni même de réintroduction.
    Pour le loup on le sait depuis 20 ans désormais, il s’agit d’un retour naturel, et plus personne d’intellectuellement honnête ne revient là dessus, et qu’en ce qui concerne l’ours la population ne s’étant jamais éteinte, on ne peut pas parler de réintroduction, mais de renforcement de population, même s’il s’agit d’ours slovènes, qui n’ont rien de bien différents avec les nôtres, contrairement à ce que peuvent avancer ses détracteurs.
    Quant au niveau d’acceptation des ours dans les Pyrénées, là encore tordons le coup aux a priori, même si l’on entend toujours les mêmes s’exprimer de manière violente dans les médias, l’enquête de Paroles d’Ours menée par Ferus depuis des années dans les massifs pyrénéens concernés montrent que la population locale (je ne parle pas des touristes de passage) est majoritairement pour le retour de l’ours dans ses contrées.

    Enfin histoire d’amener un peu de légèreté : nombre de personnes attaquées par le loup depuis 1992 (retour officiel) : 0
    Nombre de personnes attaquées par l’ours : 0. Mais comme dirait Jean-Pierre Gaufre , vous n’êtes pas obligé de me croire...
    Espèces en voie d’extinction : les engagements de la France en matière d’environnement.

    Petit bonjour à Jacques Baillon au passage et merci à CMVadrot pour son article engagé.

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  • Claude-Marie Vadrot 4 juin 2011 à 12:39

    Article engagé, j’accepte le mot mais sans manipulation de chiffres comme feignent de le croire quelques contradicteurs. Une fois lu le papier précédent, une fois tenu compte des doutes et des brebis qui se tuent toutes seules, on aboutit bien au chiffre que le ministère de l’écologie fournit oralement aux journalistes qui ne travaillent pas en s’informant sur internet.

    Merci de vos précisions.

    Et, bien sur le loup n’a pas été réintroduit en France. Quant à l’ours il est indigène (il a vécu jusqu’avant guerre dans les Alpes) et seul le refus de le protéger efficacement a contraint des gouvernements plus intelligents et plus respectueux de la nature que l’actuel a relâcher quelques ours en provenance de Slovénie.

    Merci aussi de rappeler que ni l’ours ni le loup ne constituent un danger pour l’homme. La "cruauté" du loup n’est qu’une légende propagée pendant des siècles par l’église catholique qui avait besoin d’un diable commode pour dominer les manants. Sur ce sujet et sur le reste, je renvoie mes contradicteurs à mon livre paru l’année dernière, Le Roman du Loup

    , ils y trouveront chiffres, histoires et légendes et pourquoi les Indiens (par exemple) respectaient le loup.

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  • Claude-Marie Vadrot 4 juin 2011 à 12:41

    Les articles considérés comme "nuls" sont en règle général ceux avec lesquels un individu n’est pas d’accord....

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  • 4 juin 2011 à 13:28

    On pense toujours au LOUP pourquoi ?
    A voir "Canis lupus : la peur du loup" sur www.inumaginfo.com
    Merci de votre compréhension.

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  • 4 juin 2011 à 20:07

    Déjà, quand je vois quelqu’un écrire

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  • Interrogatif 4 juin 2011 à 20:16

    Quand on utilise les mots "LE loup", L’ours", "LE lynx", est-on bien sûr d’avoir dépassé le niveau des contes à dormir debout pour petits nenfants ???

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  • WILKI 4 juin 2011 à 22:03

    je fini par penser que cette décision est bonne. Puisque les Pyrénéens n’en veule pas, y a cas les laisser disparaitre tranquillement. En plus les Ours d’origine Slovène réintroduit pour renforcer la population ne sont pas proche génétiquement. Il aurai fallu lâcher des ours Suédois pour respecter la phylogéographie.
    En contrepartie on arrête de subventionner à tout va des programmes de protections, dont l’argent bénéficie depuis plus de 30 ans aux éleveurs Pyrénéens et pas à l’ours.
    Sinon je conseille le livre de Claude-Marie Vadrot.
    PS : quel scandale pour seulement pas plus de 200 brebis tuées par les ours…
    Honte à vous, Pyrénéens vous avez saccagé votre patrimoine

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  • Claude-Marie Vadrot 4 juin 2011 à 22:41

    Mais si, les Pyrénéens sont majoritairement (plusieurs sondages et enquêtes l’ont montré) favorables à la présence de l’ours. Ses adversaire sont largement minoritaires mais ils crient trés fort...

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  • GB 4 juin 2011 à 23:38

    Je suis tout-à-fait d’accord avec M.Vadrot. L’article est clair, concis, les informations rigoureuses et véritables.

    La chasse cause effectivement des dommages catastrophiques à la nature, en toute légalité hélas. On ne peut que blâmer nos dirigeants qui se laissent tenter par le lobby de la gâchette.
    Pour la jouissance de quelques-uns, l’accès aux forêts ou autres milieux naturels sont interdits à la plupart de ses usagers, promeneurs ou autres, évidemment plus respectueux.

    Voici quelques chiffres cités d’après le très bon Rapport Chasse-Biodiversité publié par le RAC (à lire à l’adresse : http://www.antichasse.com/rapport_chasse_biodiversite.pdf) :

    - En un simple weekend de chasse en France, les chasseurs tuent environ 300 000 oiseaux, soit autant que le nombre de victimes du naufrage de l’Erika. Les chasseurs français, à eux seuls, tuent 25% de l’ensemble des oiseaux tués dans les 27 pays d’Europe.

    - Les prédateurs naturels considérés comme des concurrents, sont alors classés « nuisibles ». Ils sont pourchassés et détruits toute l’année (de manières souvent cruelles, par piégeage, déterrage, tir de jour comme de nuit, etc.). On assiste ainsi à une disparition volontaire et organisée des belettes, renards, putois, martres, etc., ayant de graves conséquences sur les milieux et les équilibres naturels.
    Dans ce contexte qui s’intensifie, la chasse n’est en rien une régulation comme le prétendent les chasseurs ; au contraire, elle n’est que celle des excès et des dérégulations qu’elle organise, notamment par ces nombreux lâchers et l’élimination systématique des petits prédateurs.

    - Selon l’Observatoire National de la Délinquance, en 2008, 54% des infractions classées « atteinte à la protection de la faune et de la flore » concernent la chasse. Les chasseurs sont donc, en outre, responsables de plus de la moitié des dommages illégaux causés à la nature.

    - Dans le monde, 33% des espèces qui se sont éteintes l’ont été par fait de chasse.

    - On estime à 40 millions le nombre d’animaux tués par les chasseurs et piégeurs chaque année. A cela, on peut ajouter environ 10 millions d’animaux blessés non retrouvés (généralement non recherchés), soit un total de 50 millions.

    Voilà qui donne à réfléchir, et surtout, à prendre parti (définitivement).

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  • Claude-Marie Vadrot 5 juin 2011 à 10:25

    Cet article est intéressant, mais

    - Le Rassemblement pour l’Abolition de la Chasse exagère la réalité, procédant donc de la même façon que les adversaires de l’ours ou du loup. Les chiffres sont manipulés et ne reposent pas sur des études sérieuses mais des "estimations".

    - Je ne suis pas contre la chasse, même si je n’aime la chasse, mais contre certains chasseurs et surtout certaines organisations de chasseurs qui manipulent leurs membres, souvent pour des raisons politiques.

    - Il existe des chasseurs qui pratiquent leurs loisirs en respectant et la loi et la nature. Autant je m’élève contre ceux qui tirent trop tôt les migrateurs et les oiseaux d’eau (des enragés, souvent) ou contre les "tireurs" de faisans et de lièvres d’élevage en Sologne, autant j’ai le plus grand respect (y compris pour sa connaissance de la nature) envers un chasseur qui part à l’aventure dans la campagne avec son chien et ramènera un lapin, un lièvre (quand il en reste) ou une perdrix.

    - La chasse est nécessaire pour éviter la pullulation de certaines espèces : ainsi, exemple entre beaucoup d’autres, il y a trop de sangliers (par la faute de sociétés de chasse qui les ont lâché des sangliers d’élevage) ou bien trop de cerfs et de chevreuils qui broutent les pousses d’arbres, empêchant la régénération naturelle des forêts. L’abolition de la chasse, sauf s’il y a en France, à nouveau, des milliers de loups et de lynx serait une erreur écologique.

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  • philippe 6 juin 2011 à 08:52

    Voila un article sans langue de bois tout à l’honneur de son auteur . La politique et les chasseurs encore un binôme malfaisant de notre pays . La nature passe toujours au second plan .Il y en a marre des chasseurs et de certains de leurs copains de la politique française !Instaurons un vote national et même un référendum sur cette question de pseudoprédateurs sur notre territoire et nous verrons si le petit million de chasseurs sera toujours décisionnaire en la matière .

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  • philippe 7 juin 2011 à 20:17

    Meme que les moutons tués soient nombreux, meme que cela perturbe economiquement, ce n’est pas une raison detruire la totalite du sauvage, le probleme est ailleurs, leradiquer le sauvage ne resoudra rien, il est surtout du a l’irresponsabilite politiques, qui se prennent pour des scientifiques, en realite parleurs.

    A part des imbeciles ou malhonettes intellectuellement, tout le monde est pour proteger le tres peu de nature sauvage qu’il nous reste.
    Sinon on eradique les loups, les ours, ensuite les requins, les dauphins, forcment la peche est mal en point aussi, ensuite les ours blancs, les baleines, les eperviers, ......

    ce que je dis est pourtant evident, les enfants, petits enfants se rappeleront peut etre de l’opinion de leur pere, grand pere.... le jour ou ils n’en verront plus que dans des zoos, ou dans des documentaires anciens.

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  • valere 8 juin 2011 à 09:47

    Hasard ?

    Le président (Béarnais) de Chasse Nature Pêche et Tradition, Frédéric Nihous, a rejoint un peu avant les dernières élections régionales , la cohorte des ralliés au sarkozysme pour bénéficier d’un strapontin au CG.

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  • Claude-Marie Vadrot 8 juin 2011 à 16:53

    Oui, je sais, je l’ai mentionné dans un papier précédent. Il a aussi participé récemment, pour les appuyer, à un colloque des anti éoliens organisé au Touquet par le président du Sénat

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  • Yann Kindo 19 juin 2011 à 17:23

    CMV : "Merci aussi de rappeler que ni l’ours ni le loup ne constituent un danger pour l’homme"
    => Il se trouve qu’en menant avec mes élèves un projet sur le retour probable du loup en Ardèche, je les ai emmenés aux archives départementales, et un groupe a pu travailler sur les attaques de loup sur les hommes, avec par exemple des documents du XIXe siècle comme un acte de décès d’un enfant dévoré par un loup (l’animal attaquait les enfants, en fait, il avait quand même peur des adultes). Je peux donner la cote des documents, si le souhaite M. Vadrot, qui ne fournit pas ses références (il fait du journalisme sérieux donc pas sur Internet. Il relaie ce qu’on lui a dit à l’oral, ce qui est beaucoup plus scientifique, comme chacun le sait...).
    Pourquoi je dis ça ? Juste pour relativiser les assertions définitives. Le loup est dans les conditions contemporaines très peu dangereux pour l’homme, mais un loup, c’est pas exactement une belette, non plus (combien de fois ai je entendu des écolos me dire qu’il n’y a pas de traces d’attaques du loup sur l’homme dans l’histoire...Je le croyais jusqu’il y a peu) Par ailleurs, les prélèvements sur les troupeaux dont sont responsables les loups sont bien supérieurs à ceux de l’ours et a fortiori du lynx, on ne discute pas exactement de la même chose là aussi.
    A titre personnel, je serais favorable au retour du loup dans mon département, et ça me ferait rêver que de me promener en forêt en espérant en apercevoir un (on peut toujours rêver). Ceci dit, dans cette histoire, ce qui m’insupoporte quand même le plus, c’est la morgue à la limite du racisme socio-culturel dont font preuve les bobos écolos qui méprisent chasseurs et éleveurs, et refusentd eprendre en compte toutes les dimensions du problème pour ne mettre en avant que leur désir (égoiste ?) de faune sauvage.
    Il me semble indispensable que les éleveurs aient le droit de tirer les loups qui s’approchent des troupeaux, et je suis évidemment favorable à une politique de limitation des effectifs du prédateur, qui sinon pourrait proliférer dans les années à venir (vu que les conditions lui sont archi favorables, en l’absence d’abattages par les humains). Je crois que c’est un peu comme avec les éléphants en Afrique : la cohabitation est possible, mais il faut avoir une politique de régulation qui passe par des abattages ciblés.
    Mais aprfois, il y a des récations effraynates du côté des autoproclamés amis de la nature. je me souviens quand j’habitais aux Etats-Unis et qu’un cougar avait tué un vététiste pour le manger, l’animal avait été logiquement abattu. Il y avait quand même des gens pour protester et défendre le droit à la vie du cougar....

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  • Claude-Marie Vadrot 19 juin 2011 à 18:04

    Donc, en fin de compte, nous sommes d’accord. Je n’ai jamais comparé le loup à la belette (tout en déplorant que les chasseurs la pourchassent) mais je crois avoir dit que ni en France, ni en Italie, ni en Espagne les autorités n’ont constaté une attaque d’un être humain depuis les années 50.

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  • Jean 25 juin 2011 à 03:49

    Il est un petit peu trop facile d’aller chercher dans l’histoire, des cas d’attaques de loup sur l’homme. C’est loin, c’est du passé, c’est hors du contexte du moment, personne ne peut vérifier les faits, et donc on tue le débat un peu trop facilement. En fait, pour l’époque, il faut considérer le cas de loups enragés, le fait qu’il était surement trés facile ou peut-être même commode, d’accuser le loup en toutes circonstances.

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