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Par Gérard Ponthieu - 24 décembre 2008

« L’espérance était verte, la vache l’a mangée »

Le 1er janvier, Cuba célèbre les cinquante ans de la révolution castriste.  Mais la population de l’île n’a guère le cœur à la fête, minée par la pauvreté, les privations et l’absence de libertés. Reportage.

Monde de façades et de double jeu. Cuba, miroir aux alouettes béates, ces adorateurs exotiques en mal de « Che » ou touristes baladés, pourvoyeurs de devises qui alimentent le premier business de l’île, bien avant le cigare et le nickel. La dictature caraïbe tient par ses charmes, eux-mêmes liftés grâce à un art consommé du maquillage. À cinquante ans – ce 1er janvier, elle va fêter ça en grande pompe – la révolution castriste fait vraiment vieille décatie. C’est ainsi, quand on n’assume pas son âge, ses rides, ses vices.

Le 8 janvier 1959, Fidel Castro et ses guérilleros entrent à La Havane après avoir vaincu le dictateur Batista. AFP

La Havane, début novembre. Pedro [1] me montre le bout rafistolé de ses chaussures. Il est médecin psychiatre. « Que penser de cette réalité ? Mes chaussures ont plus de deux ans, elles sont usées, mais je n’ai pas les moyens d’en changer car je gagne 450 pesos par mois ! » À moins de 20 euros, son salaire atteint pourtant le triple du revenu minimum cubain (150 pesos, à peine 6 euros). Pedro a la déprime, ancrée au fil des années de sa quarantaine sans espérance. Il n’a qu’un but : manger et faire manger les siens. Comme tout Cubain. Travailler deux fois, l’officielle et l’autre, la combine. « Para comer », pour manger. C’est le leitmotiv. « Si je change de chaussures, insiste Pedro, on ne mange pas à la maison ! Et je suis médecin ! »

Nous sommes assis sur un muret isolé, dans un square proche de l’hôpital où Pedro travaille, dans le Vedado, quartier plutôt chic de la capitale – à deux heures de bus de son domicile, en banlieue lointaine. Terrible désir d’expression – ce sera une constante dans mes rencontres – qui se libère une fois la confiance établie. On vient de marcher durant plus d’une heure, sans autre but que d’avancer en parlant, ne pas rester sur place, risquer les oreilles rapporteuses. On tourne autour de la place de la Révolution, ce grand œuvre stalinien, statue colossale de José Marti (l’Apôtre, comme ils l’appellent), portrait géant du Che (le Héros), tribune d’où Fidel a massé les foules (le Pueblo sanctifié) à pleines heures de palabres. Pedro se lâche, lui, fils d’un ancien maquisard de la Sierra Maestra, qui n’en peut plus de cette logorrhée de slogans pompeux, de ces appels à la mobilisation, à la morale, à la pureté. Il ricane. On marche encore. Et Pedro parle, parle. Il me montre ce parc où dorment des sans-abri, souvent ramassés par la police. Là, un hôpital pour enfants en construction depuis vingt ans. « En fait, le régime n’a construit que des mausolées, n’entretient que musées et ­­ca­sernes. Les plus beaux édifices, quand ils ne sont pas effondrés, datent de la colonisation espagnole. Les plus solides, bien moches aussi, remontent à l’ère soviétique. Depuis la chute du mur de Berlin, les années 1990, plus rien ! Tout part en ruines. Et encore, nous sommes au centre de la capitale, pas dans les bidonvilles. »

Trop négatif, ce regard de Pedro sur son pays qu’il dit à l’agonie ? Il précise : « Le pays, le peuple, oui, mais pas le régime. Le frère Raúl ? Rien ne change ! Tout l’appareil est resté en place. Et Fidel tire encore les ficelles. » Négatif, certes. Comment ne pas l’être quand son existence même n’est pas assurée, encore moins reconnue ? Quand son cadre de vie – de survie – se dérobe, quand la ville tout autour semble s’écrouler ? Sauf les façades. Enfin, certaines façades, celles du paraître, celles qu’on bichonne au long des circuits touristiques précisément balisés, menant aux lieux prestigieux de la Vieille Havane, longeant le Malecon en voie de restauration, se risquant jusqu’au Capitole et à la Partagas – mais pas plus loin que pour le ravitaillement en cigares. Car au-delà, dans le Centro Habana, c’est un cloaque d’immeubles dévastés, surpeuplés, insalubres. Ou carrément effondrés. Les chaussées, défoncées, font suinter d’innombrables mares de canalisations crevées. L’eau manque dans les logements ; on la pompe certains jours pour emplir des réservoirs plus ou moins bricolés, re­paires à moustiques, vecteurs de la dengue qui cause des ravages sanitaires. La surpopulation est telle à La Havane que le régime y interdit tout séjour prolongé des Cubains de province.

Il faut oser emprunter certains escaliers, ­s’aventurer dans des couloirs immondes, chercher un air respirable au fond d’une cour encombrée de gravats. Ici vécurent, à partir du XIXe siècle, les riches négociants hispaniques que la Vieille Havane ne pouvait plus contenir entre ses murailles. D’où les beaux restes d’architecture coloniale et ces solares ouverts sur des patios encore nobles – ou parfois déchus. Car la restauration se limite au front de mer, ce ­Malecon où circulent voitures de location et cars de tour-opérateurs.

Le car m’emmène vers les provinces de l’Est, faisant défiler des paysages des plus verdoyants. Quoi, un pays pareil, si physiquement doté pour l’agriculture et incapable de nourrir son peuple ? Une terre riche sous un climat tropical ou « tout pousse » jusqu’à la luxuriance… Et des paysans démunis, sinon dans la misère, vivant sous de pauvres huttes à toits de chaume, poussant des paires de bœufs zébus ou manœuvrant quelques rares tracteurs rouge brique de l’ère soviétique – quand ils ne travaillent pas à la machette ! Dans le centre, des champs de canne à perte de vue, cette maudite quasi-monoculture, fille obèse du colonialisme et des dogmes planificateurs, tandis que l’URSS achetait le tout au bon vieux temps d’une quasi-opulence… Mais le sucre est devenu une denrée à faible valeur marchande. L’industrie sucrière, jadis première source de devises, est en ruines. Un comble, Cuba doit aujourd’hui importer du sucre brésilien pour sa consommation nationale ! Celle-ci reste élevée : le café, les jus de fruits, les glaces sont fortement sucrés. Le sucre comme aliment basique, coupe-faim dans l’eau et coupe-déprime sous la forme de rhum…

Santiago, plein est de l’île, deuxième ville, à forte charge historique. Jorge, ouvrier retraité du bâtiment, 200 pesos de pension, le Smic local (7 euros). La famille – Rosa, la maman, David, le fils, et sa femme, Amarilis, leur niña, Leticia – vit surtout de la chambre qu’elle loue en casa particulare. Une pratique légale, liée au « tout-tourisme » des der­nières années, moyen de pallier la faiblesse des équipements hôteliers. David, la trentaine, aurait aimé travailler à l’aéroport. Il fallait être membre des Jeunesses communistes. Alors il a acheté une moto d’occase, une 250 cm3 tchèque en bon état, avec laquelle il fait le taxi.

David, ou le regard même du désenchantement cubain. « Ici, rien ne change », lâche-t-il, mélancolique. Pendant un temps, il a rêvé. Avant son mariage, on lui a proposé l’exil aux États-Unis. Un passage par embarcation ultrarapide, les lanchas rapidas à vingt places. Un rendez-vous sur une plage, et hop, à nous l’Amérique, comme ça continue à se pratiquer. Régulièrement, il le sait. Mais il y a renoncé pour ne pas abandonner ses parents vieillissants. De toute manière, il n’aurait jamais pu amasser les 10 000 dollars exigés. Aujourd’hui, il bichonne sa moto, et son rêve a baissé d’un cran : c’est celui d’un side-car pour emmener femme et fille le dimanche à la plage.

Dans tout le pays, les policiers en uniforme sont légion. Les autres aussi, mais fondus parmi les citoyens. Ils viennent généralement des campagnes lointaines pour constituer le bras armé (et bien payé : 800 pesos minimum, le double du salaire de Pedro, le médecin de La Havane) d’un système généralisé de surveillance et de répression à plusieurs emboîtements. Le premier date des débuts de la révolution : les Comités de défense de la révolution – CDR, un modèle de quadrillage par quartiers et blocs d’immeubles. Son président, le « cédériste » en titre, c’est le concierge du voisinage et l’auxiliaire du pouvoir, via le ministère de l’Intérieur, dont il dépend et à qui il adresse des rapports réguliers. Il traite aussi bien des problèmes d’ordures ou d’entretien que de la moralité révolutionnaire de ses voisins. Lors des alertes cycloniques, il coordonne les mesures de protection des biens et des gens. Un côté saint-bernard, un autre agent de la Stasi, cette police est-allemande. Comme dans la Vie des autres – le film a pu être vu par certains à La Havane, qui l’ont rebaptisé « la Vie de nous autres » –, le cédériste relève les faits et gestes « significatifs » des voisins susceptibles de… Si bien que les Cubains entre eux parlent peu de politique. C’est la meilleure façon de se protéger, par renfermement sur soi. Conséquence stupéfiante, ils ignorent à quel point leur opposition rentrée pourrait rejoindre celle de leurs voisins. On peut appeler ça une bombe à retardement.

Baracoa, pointe est du pays, en partie ravagée par le raz-de-marée lors du cyclone Ike, en septembre. Fernando, ouvrier du bâtiment, 32 ans, vit avec sa mère. « Une famille ? Avec mes 250 pesos ! [moins de 9 euros]  ! » Il me montre son pantalon rapiécé. « Un neuf, c’est 70 pesos, presque un tiers de ma paie ! » Ses chaussures, astiquées avec soin, sont le cadeau d’un Français de passage. On parle alimentation. Il rigole en résumant son menu quotidien, deux mots répétés trois fois de suite : « Arroz-frijoles. » Riz-haricots, tous les jours. Une fois par mois, du cochon et un peu de poisson – c’est selon les arrivages et la carte de rationnement, la libreta. Peu de légumes, presque jamais de fruits, encore moins depuis le passage des cyclones. Avant de se quitter, je l’invite à boire un verre dans un bistrot à touristes. Hésitation. Il accepte et choisit la dernière table au fond derrière un pilier de briques. Un mojito ? Allez ! Un de ses copains s’est joint à nous. Je règle la cuenta. Ça fait 7,50 CUC, presque toute sa paie ! « Comer ». Manger, cette obsession. Retour à Santiago, chez Jorge, qui joue avec sa petite fille. « On a des carences en protéines et en vitamines », déplore-t-il. « Elle, ça va, elle ne manque de rien. » Jorge n’a pas la santé. On l’a opéré plusieurs fois d’un œil ; il n’y voit presque plus. Il n’accuse personne. Au contraire même : « La médecine, ici, c’est bien. » Il dit comme tout le monde, ou presque. Et le régime en joue, depuis toujours. Comme si la santé et l’école payaient l’absence du reste et de liberté ! La veille, ici même à Santiago, Ernesto – cheminot le jour et guitariste la nuit – objectait à propos de la médecine : « Ne parlons même pas de sa qualité, mais de sa prétendue gratuité ! D’abord, les médicaments sont payants. Et cette “gratuité”, nous la payons cent fois par prélèvement préalable sur nos salaires de misère ! »

Aujourd’hui, Cuba exporte des médecins par centaines, surtout au Venezuela, depuis les grands mamours Castro-Chavez. Il n’exporte plus du guérillero mais du combattant humanitaire. Ça paie davantage sur la scène internationale. Et ça rapporte, même. Du pétrole, en l’occurrence, transformé en devises par la revente d’une grande partie à la Chine… L’essence à la pompe atteint presque le prix européen. Au marché noir, elle vaut quatre fois moins, souffre compris. Toute une économie parallèle tourne en marge de l’officielle – à moins que ce ne soit l’inverse. Un niveau social aussi bas limite toute activité. Peu de consommation et peu de production. Peu de fiscalité, pas d’investissements, si peu d’équipements collectifs. Qu’est-ce que ce socialisme ? Un égalitarisme relatif sur fond de misère généralisée ? Un modèle de combines et de ­débrouillar­dises, de détournements et de vols plus ou moins institués – para comer.

Odalys, prof de gym à La Havane, la cinquantaine, est un fidéliste de toujours. « Nous ne voulons pas devenir riches, non. Nous voulons vivre dignement. Et libres d’aller et venir. Tout ça, on ne le peut pas ! » Qui oserait, publiquement, poser les vraies questions de fond, de celles qui tarabustent tout Cubain, même les plus loyaux envers le régime ? Pourquoi ne pouvons-nous pas voyager librement à l’étranger ? Pourquoi n’avons-nous pas droit à Internet ? Pourquoi ­n’avons-nous pas le droit de parler à un étranger, et moins encore de l’inviter chez nous ? Pourquoi ne mangeons-nous pas à notre faim ?

Cienfuegos, cinquième ville du pays. Port, cimenterie, raffinerie – et centrale nucléaire soviétique jamais achevée… Ville d’allure coquette entre son Prado et sa proprette place coloniale. Caridad, jeune femme si triste, si frêle, me montre sa casa. Un infâme gourbi au bord de la baie polluée, entre l’usine de raffinage et le port, où est amarré un cargo vénézuélien. De part et d’autre, des cabanes comme la sienne et des enclos à chevaux, de ceux qui tirent les calèches en ville. Elle vit là, entre tôles et planches, en compagnie de sa tante et de son oncle. Ils viennent de toucher un nouveau frigo – l’État mise à fond sur les économies ­d’électricité en imposant les ampoules et les frigos basse consommation venus de Chine. Il faut rembourser 60 pesos par mois (2 euros) pendant six ans. Plus le « logement », également dû à l’État, 40 pesos (1,30 euro). Au total, presque la moitié des revenus cumulés. Elle ne peut pas s’habiller comme elle aimerait pour « être un peu belle ». Avec sa tante, la nuit, à tour de rôle, elle est gardienne de cimetière… Le jour, elle fait des petits boulots, lave du linge, cultive un jardinet.

La nuit tombe sur Cienfuegos, menacée par un troisième cyclone. Long boulevard bordant la baie, le Malecon se gonfle de la fièvre du vendredi soir. Par centaines, des jeunes vibrionnent comme dans un monde à part, heureux, semble-t-il. Ils sont beaux, pimpants, parfumés, équipés de vélos modernes. Ils portent des tee-shirts souvent noirs avec des dessins de jeunes, des logos de jeunes, souvent américains, du moins américanisés. Sont chaussés de Nike ou d’Adidas contrefaites. Ils tchatchent, draguent, dansent le regeton sur des pistes aménagées. Assis sur la jetée, des couples de jeunes gens se pelotent tranquillement. Enfants de la petite bourgeoisie cubaine ? Non pas. La Révolution a étouffé toute classe moyenne, c’est bien son drame. Dans son flottement actuel, elle laisse émerger quelques privilégiés et démerdards, ceux d’une économie parallèle ­préfigurant peut-être une transition « à la chinoise ». Raùl, le petit frère, aussi surnommé « lider minimo », pourrait lorgner vers ce nouveau cocktail à base de marché et de communisme. Sauf qu’à Cuba c’est trop de « communisme » et pas de marché…

Étonnés de leurs succès militaires, plus pétris d’orgueil que d’idéaux, ces fils de grands bourgeois qu’étaient les frères Castro ont confisqué le pouvoir et, jusqu’à maintenant, assujetti le peuple cubain au nom de sa libération. Ils ont monté un opéra grandiloquent, détournant des paroles de sage (José Marti) sur une musique militaire. Ils ont orchestré de même une répression sauvage – peine de mort active et prisonniers politiques par dizaines – en la masquant derrière des concepts vidés de sens : transparence, éthique, justice, humanité, sincérité et pureté. Ils ont eu la prétention de soumettre un peuple à leur propre idée du bonheur. Et au bilan de ce demi-siècle de falsification historique, ils ne croisent même plus le regard de la jeunesse cubaine qui se fout de leurs salades, regarde à l’envi cette Amérique qui les nargue, dont ils ont intégré la culture, les mythes, les comportements. Ne serait-ce qu’en se gavant des novellas brésiliennes et des séries états-uniennes en VO sous-titrées… et diffusées par les deux chaînes cubaines, entre d’austères tables rondes et des programmes éducatifs.

Serait-il là, le vrai baromètre de la révolution cubaine ? Ou encore dans le taux de natalité tombé à 0,2 % par an, qui renouvelle à peine la population ? La blague qui revient souvent en comité restreint : « Ils font semblant de nous payer, on fait semblant de travailler. » Chanteur exilé et réputé, Pedro Lui Ferrer en a fait une chanson. Elle n’existait pas encore lors de mon voyage en 1968, mais on peut dire qu’elle était dans l’air. La bureaucratie sévissait déjà, bien sûr. Les dirigeants n’en mesuraient pas les ravages, pensant que ce serait une question de temps et qu’avec un peu d’huile dans les rouages – ils parlaient de « stimulants idéologiques et matériels » –, la machine tournerait dans l’allégresse. Alors, qu’est-ce qui marche donc si bien, quarante ans plus tard, à part la débrouille ? Mais la santé, mais l’éducation ! Il est vrai…

Retour à Santiago dans la famille de David. Il parle : « Être soigné, oui, c’est bien. Surtout pour papa et la petite. Maman va bien. Nous aussi. Mais on est quand même malades au dedans. De ce qui ne se soigne pas. La ­maladie de l’emprisonnement. » Certains bricolent des antennes télé et captent le Canal 23, émis de Floride, en face. Crime qui mène droit en prison. Mais l’éducation, toutes ces écoles, ces cohortes d’enfants si pimpants dans leurs uniformes colorés… Amarilis, la femme de David, qui donne aussi des cours à domicile, en seconde activité, n’est pas si enchantée. Les enseignants manquent et sont souvent remplacés par de jeunes auxiliaires. Il y a plus insidieux : au nom des lendemains qui finiront par chanter – l’enfant-roi et l’homme-nouveau –, au nom de ce refrain rebattu, des générations se sont ainsi inclinées. « Revolucion = sacrificio », clame un graffiti fané sur un mur.

Cinquante ans que la grande île caraïbe focalise sur elle et son « lider maximo » l’attention du reste du monde. Par la durée et une singularité certaine, par son sens consommé du spectacle géopolitique, le castrisme, en effet, a su rester au-devant de la scène internationale. Remarquable, dans le genre, pour un aussi petit pays de quelque 12 millions d’habitants. Tout aussi remarquable, le fait que Cuba ait réussi à maintenir aux yeux du monde un solde « globalement positif » de sympathie. Ce qu’il doit d’abord à son pire ennemi, les États-Unis, dont l’imbécile politique étrangère a su entretenir, à ses dépens, le mythe de David contre Goliath. Et qui plus est un David certes invaincu mais non pas vainqueur ; une victime permanente et sacrificielle de l’impérialisme, dont le « blocus génocidaire » – rien de moins dans l’enflure sémantique – est en permanence invoqué et dénoncé comme cause du Mal absolu qui gangrène la Révolution cubaine. Mensonge de propagande usé jusqu’à la corde : des pommes de Virginie (États-Unis) aux autos et bus les plus récents (France, Japon, Corée, Chine), des téléviseurs aux lave-linge, quelle marchandise ne trouve-t-on à Cuba, dès lors qu’on peut se la payer ? En fait de blocus, il s’agit d’un embargo commercial bilatéral dûment régulé, notamment à partir de la très officielle représentation états-unienne installée sur le Malecon. D’ailleurs, les cargos vont et viennent dans le port de La Havane et de l’ensemble du pays. Rendant compte de la XXVIe foire internationale de La Havane, Granma, le quotidien du Parti communiste cubain, n’a pas craint de contredire le credo officiel, ce 6 novembre, en titrant à la une : « El bloqueo es obsolete ». Et l’article de détailler à l’unité près les 110 sociétés et 209 entrepreneurs américains présents à la foire, ayant ainsi enfreint les ordres de Washington. L’article cite aussi en exemple la compagnie états-unienne de navigation Crowley, qui alimente les ports cubains depuis 2001 à raison de 52 voyages par an… Deux jours avant, Granma avait déjà souligné la participation à cette même foire de plus de 2 500 entreprises venues de 56 pays.

Ce qui gêne bien davantage le régime, c’est la limitation des venues dans l’île des exilés cubains. George W. Bush, surtout, a contraint les Cubano-Américains à un seul voyage tous les trois ans, ainsi qu’à l’envoi restreint de devises à 1 000 dollars durant la même période. Le montant de ces envois – les remesas – a été évalué à environ 1 milliard de dollars par an, soit la deuxième source de devises après ­celles apportées par les vacanciers étrangers (2 milliards de dollars). L’appel du pied lancé par Raul Castro au futur président états-unien, Barack Obama, semble exprimer le désir d’une normalisation des relations bilatérales, au moins sur ce plan des échanges ­familiaux, c’est-à-dire financiers. Dans un seul sens, bien entendu. Pour la dramaturgie castriste, l’élection d’un McCain aurait été objectivement préférable. Les frères Castro vont donc devoir s’inventer de nouveaux périls ; il n’est pas sûr qu’ils en trouvent facilement d’aussi adaptés à leur propagande.

« En réalité, résume Ernesto, cheminot de Santiago qui se dit croyant, apolitique et anti-impérialiste, nous, Cubains, sommes victimes de deux blocus : l’américain, si on veut et, surtout, celui du pouvoir. » Et que ce pouvoir craigne – d’ailleurs, il le redoute – l’intelligence de ce peuple qu’il a sans aucun doute contribué à éduquer. À l’image de Dania, jeune femme de Camaguëy, à qui je dédie ces lignes. Lui ayant dit que j’avais visité Cuba quarante ans auparavant – soit exactement son âge –, elle m’a regardé comme si j’avais connu l’Apóstol José Marti. Puis m’a aussitôt demandé : « Et c’était comment, avant ? » Les Cubains chantaient, semblaient gais… On ressentait un élan, une espérance… Ses yeux montent vers le ciel. Et elle ajoute : « La esperanza era verde, se la comio el chibo. » « L’espérance était verte, la vache l’a mangée. »

[1] Tous les prénoms ont été changés.

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Commentaires de forum
  • Viktor Dedaj 24 décembre 2008 à 09:14

    Finesse d’analyse typique de la Gauche la Plus Conne de la Planète. Même chez Politis ? Ouais, même chez Politis.

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  • Kakine 24 décembre 2008 à 10:14

    A peine la revolution achevee, etait cree le premier janvier196o par le directeur de la CIA Allan Dules la "force speciale de subversion contre Cuba".
    Depuis,les sabotages,les attentats,les guerres bacteriologiques etc n’ont cesse contre Cuba, orchestres depuis les USA.
    On se souvient peut-être de l’attentat contre le navire français "La Coubre", dans le port de La Havane, le 4mars 1960 qui avait fait 75 morts et plus de 200 blesses.On se souvient peut-être aussi de l’attentat du 6 octobre 1976 contre un avion de la cubana qui avait tue 73 passagers, parmi lesquels toute l’equipe junior feminine d’escrime qui venait de gagner les jeux panamericains.Un des deux concepteurs de cet attentat, Orlando Bosch a d’ailleurs explique que c’etait la raison de cet attentat :il avait promis a son organisation terroriste la CORU de detruire tout ce qui porterait gloire à Fidel Castro. L’autre concepteur etait luis Posada carriles. Ce dernier,en 2000 a quant à lui essaye de faire sauter rien moins qu’un amphitheatre de l’universite de Panama lors du x-ième sommet ibero americain...2000 personnes etaient venues ecouter Fidel Castro.
    Cet attentat avait heureusement ete dejoue à temps grâce à des agents de la trempe des cinq cubains actuelement emprisonnes epuis plus e 10 ans aux USA.
    A tout ceci ajoutez le blocus, les cyclones,et appreciez plutôt les remarquables avancees e ce petit pays dans de nombreux domaines.
    Que l’on les laisse s’organiser comme ils le souhaitent, et les Cubains avanceront probablement aussi dans le domaine des libertes.

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  • nicolas 24 décembre 2008 à 11:28

    Décidément les gentils minets revolutionnaires parisiens donneurs de leçon et faussaires, (Non, à Cuba les revenus du nickel ne sont pas moindre que ceux du tourisme et chez nous aussi les revenus du tourisme depassent ceux de la sidérurgie... gros malin ! ) sont bien comiques en donneur de leçon es revolution.... Mais ils se gardent bien de comparer 50 ans de développement de Cuba avec pour la même période le développement à Haïti, Guatemala, Honduras, La Nouvelle Orleans ou les banlieues de Detroit... Quant aux libertés, ce Gérad Ponthieu pourrait-il avoir la liberté de nous dire combien il palpe pour cracher su Cuba de la part de son PDG, ou de la CIA, ou de Dassault , combien touchent ces gens-là par mois, et comien gagne la femme de ménage qui vide sa poubelle ? A-t-il cette liberté-là (autre que celle du pâté d’alouette et sa célèbre formule...) ? Qu’il le prouve. Allez, juste pour rire, il annonce demain à son patron qu’il a choisi librement d’adhérer ua PCF ou à la LCR... Chiche ! Et c’est parce que je suis dans un pays libre que moi j’ai librement décidé depuis longtemps de ne plus être abonné à POLITIS.

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  • MINIER André 24 décembre 2008 à 12:16

    Mon cher Viktor tu as bien raison, il n’y a plus rien à faire avec cette gauche de plus en plus conne !
    André MINIER

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  • gandalf 24 décembre 2008 à 19:26

    çà fait longtemps qu’il n’y a plus rien a faire : au moins depuis le 11 mai 1981.
    Mais vous avez tous raison de tomber sur ce guignol qui joue les démocrates.

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  • acier 24 décembre 2008 à 20:24

    Ce titre : « L’espérance était verte, la vache l’a mangée » situe d’emblée, le ou les auteurs… Que ça vole bas, mais à propos de vaches à Cuba, elles sont plus que protégées car elles permettent aux enfants cubains de recevoir gratuitement un litre de lait par jour jusqu’à 7 ans, remplacé ensuite par du yogourt de soja.
    Ces gens "de gauche" attaquent Cuba pour deux raisons : 1/ Ils sont dans et pour le système capitaliste, mais teinté de quelque générosité pour le peuple, histoire de l’endormir. 2/ Il faut taire la vérité au bon peuple de France.
    Je retiens deux indicateurs sociaux à Cuba : 1/santé- espérance de vie -taux de mortalité infantile inférieur à celui des USA et certainement de nombreuses régions de France. 2/ Egalité des chances pour tous. Ce n’est pas le cas en France en dépit de quelques mesurettes médiatisées.
    Ce sont les "mêmes pseudo-révolutionnaires" qui soutinrent la constitution de 1796 qui plaçait le mot "liberté" avant "Egalité" contrairement à la constitution de 1993.
    Et concernant notre douce France, j’ai relevé, ci-après, un fait lourd de conséquence pour la nation française (un de plus)
    Franchises médicales acceptées par la gauche
    Rappel : 27/10/07 – Infos France inter -11 h-
    (Par 44 voix contre 27, l’assemblée nationale (en minuscule vu le triste spectacle…) a voté en faveur des franchises médicales, donc, contre les malades et la Sécurité Sociale.
    J’en déduis : 1/ Vote de nuit : inadmissible
    2/ 44 + 27= 71 députés sur 577 (si ma mémoire est bonne). Il paraît que nous sommes en démocratie : 12,31% des « représentants » du peuple se sont prononcé par vote sur un projet de loi lourd de conséquence sur les familles modestes (des millions) en France. Et on parle de prévention en matière de santé…
    En régime capitaliste, il ne peut y avoir de prévention car cela nuirait à la société marchande.
    3/ les 27 députés qui ont voté contre sont en droit de demander à leurs « frères » non présent de
    démissionner. On est en droit de se poser cette question : il est possible qu’ils donnent leur consentement à ce système.
    La démocratie s’impose en France, elle émanera du peuple ; les derniers mouvements sociaux en révèlent les prémices.
    Ils vivent en vase clos, conversent en salon doré... Loin des choses de la vie.

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  • Tom Bishop 25 décembre 2008 à 10:45

    Depuis 50 ans, des centaines de milliers de Cubains ont risqué leurs vies pour quitter le "paradis" des freres Castro et cet exode continue toutes les semaines.

    Chaque famille cubaine compte dans ses membres au moins un exilé aux Etats-Unis d’Amerique, au Canada, au Mexique ou en Europe.

    Sans les pressions sur leurs familles restés à Cuba, de nombreux coopérants cubains ne reviendraient pas apres leurs sejours au Venezuela ou ailleurs.

    Autre fait, combien de Cubains sont morts dans les expeditions coloniales en Angola,au Mozambique, en Guinée-Bissau ou en Ethiopie ( pour proteger le dictateur Menghistu lors des famines des années 80 et le conflit avec l’Erithrée ) alors que c’etait la contrepartie de l’aide sovietique au regime cubain ?

    Et pouquoi avoir eliminé le general Ochoa qui dirigea toutes ses opérations ?

    Et question developpement economique, c’est le fiasco total et l’embargo américain n’est qu’un pretexte alors que dernier est contourné toutes les semaines via le Mexique et le Canada.

    De plus en cas de levée de cet embargo avec la liberté de circulation entre les USA et Cuba, ce serait le retour vers l’ile de dizaines de milliers de Cubains et le regime ne pourrait s’y opposer.

    Lors de la fin de ce regime, le monde connaitra l’etendue des crimes de toutes les repressions qu’ont subit les Cubains et les admirateurs du "castrisme" raseront les murs !

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  • Luc Brossard 25 décembre 2008 à 12:44

    un journal qui a lancé un appel qui se prétend alterfrancialiste est-il crédible s’il héberge un article - au nom de la sacrosainte liberté (néolibérale ?) de publier tout et n’importe quoi ? - ordurier sur la "dictature caraïbe..." qui..." tient grâce un art consommé du maquillage", digne des pires élucubrations réactionnaires d’une gauche caviar ? Les "adorateurs exotiques en mal de « Che » " y sont traités "d’alouettes béates" au même titre que les "touristes baladés". Ce journaliste (de Reporters avec œillères ?) n’aurait donc pas su visiter l’île en toute liberté et être hébergé chez l’habitant ?
    Luc Brossard
    91b52

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  • nacho 26 décembre 2008 à 07:56

    (politis et le figaro memme combat)la situation est surement difficiles pour les cubains. Comme pour la majorite d’etres humains des pays du tiers monde vivant sous le regimme liberal a cuba les enfants ne sont pas obliges de manger des galettes de boue pou echapper a la famine comme en haiti. les centaines de miliers de morts du a la fammine dans le monde cet dut au capitalisme sauvage ou tu as la liberte de mourir de faim.

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  • Faber 26 décembre 2008 à 13:28

    houlala, vla qu’on touche à l’intouchable et de suite faudrait bruler l’ignoble journaliste à la solde du grand capital, un bobo parisien gavé de caviar parait-il. Bon calmos ! Pas plus parisien que moi, je le connais bien le Gérard Ponthieu. Ami de longue date, ami de cœur, cœur bien à gauche n’en déplaise à certains. Gérard Ponthieu n’a plus rien à prouver, ne dépend de personne, ni groupe de presse, ni carte de je ne sais quoi. Il est parti à Cuba, dévoré de doutes, missionné par sa seule curiosité et avec ses maigres économies. Une de mes dernières grandes virées m’a t-il dit. Grand marcheur, il a simplement évité le circuit officiel, jeté un œil derrière la façade. Et ça fait mal. Derrière le miroir c’est cradingue. Je respecte le courage et l’humilité de Ponthieu. Il prouve qu’on peut aimer la liberté sans péter dans le vent.

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  • djam 27 décembre 2008 à 00:07

    très biens ! tu défends ton copain mais pourrais tu me dire pourquoi il écrit tant âneries, de contrevérités et de raccourcis sur la situation à Cuba ? Ainsi, il compare le salaire des cubains avec celui de la France sans procéder au calcul des parités de pouvoir d’achat...Il oublie sciemment et constamment de citer les indicateurs sociaux de ce pays... Ce n’est pas du journalisme, ça ressemble à du BHLISME !!!!!
    Jé m’étonne qu’un article truffé d’erreurs figure dans Politis...

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  • Alain Chancogne 27 décembre 2008 à 10:59

    « Le 1er janvier, Cuba célèbre les cinquante ans de la révolution castriste.  Mais la population de l’île n’a guère le cœur à la fête, minée par la pauvreté, les privations et l’absence de libertés. »

    Bravo... MERCI POLITIS
    Cuba a effectivement le taux le plus élevé de prisonniers politiques !
    Surtout parce que Guantanamo n’est pas fermé..

    J’aime bien lire POLITIS et ce genre de papier. _ :)))

    Un instrument de rassemblement de la gauche de la gauche, apprends je..ce média ?

    Evidemment, c’est moins chiant de débarquer à 60 pour une Mutu de la nième recomposition -décomposition que de se frotter à l’analyse de contradictions de processus dans un pays sous blocus impérialiste..
    Encore un effort, Camarades..
    Un peu de patience aussi..
    Vu la crise de ce Capital (que vous combattez avec ce courage de ceux qui ne risquentpas trop y laisser leur peau..j’ai failli dire sans TROP de BOBOS...) , CUBA pourrait très bien recouvrer sa LIBERTE TOTALE..
    Celle qui permet les bonnes délocalisations, la chasse aux Terroristes de Tarnac, et qui conduit même un DSK, comme le CHE, à faire trembler l’imperialisme en prenant d’assaut le FMI..

    Bonnes Fêtes quand même.
    .
    Les gens comme moi qui luttent sans oeillères nu préjugés, qui savent rester lucides, critiques mais MODESTES en matière de conditions objectives de dévelopement des sociétés, afin d’être solidaires de ceux qui crevent de l’Impérialisme , vous laissent comme le premier Fabius venu parler de "dictature caraîbe"...
    San rancune..
    Tchin-tchin !!

    "Vous reprendrez bien un p’tit Bacardi, Georges Henry.Des amis l’ont rapporté de Cuba..Un pays splendide,

    OUi certes faut se farcir Castro, mais ça ne durera pas..
    Des filles super sur le Malecon..des gens accueillants, mais les pauvres. !! ..Nous on était dans un quatre étoiles mais on a échappé à la POLICE POLITIQUE avec YY.. Vous connaissez voyons ! Retraité de Libé , vous voyez pas , i on le rencontre avec BHL parfois , il était mao-spontex en 70 Bref on s’est "fait" une visite des quartiers les plus exposés Arrêtez d eplaisanter en nous comparant ,à la Femme de SARKO dans les favellas.N’empêche...Pauvre latinos !..Ce doit être géopolitique.".

    AC

    OUi certes faut se farcir Castro, mais ça ne durera pas.."..

    .

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  • 27 décembre 2008 à 22:41

    Pourriez vous préciser qui est exactement ce Ponthieu ? On peut certes n’être pas inconditionnel du Cuba de Castro, mais tout de même, un papier d’un manichéisme aussi basique, dans Politis, ça laisse "rêveur"...D’autant qu’on en a lu dans ces colonnes du même tonneau sur Chavez...Alors, quoi ?

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  • faber 28 décembre 2008 à 18:52

    Désolé de remonter au créneau et à nouveau défendre son propos. Le Gérard Ponthieu, pour ceux qui veulent le connaitre mieux, tient un blog - c’est pour dire - c’est le nom du binz. Où on voit que le mec n’a ni œillère, ni casque à pointe, ni couche culotte.

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  • Couturier Dominique 29 décembre 2008 à 14:14

    Réponse à Nicolas :
    Hummm...
    Soupçonner Ponthieu d’être acheté par la CIA ?
    Mon cher, vous ne savez pas qui il est...
    C’est un journaliste honnête et critique.
    Non, je trouve son article très équilibré. Moi aussi j’aimerais bien croire que le bilan de Cuba est "globalement positif", mais je crains fort que Gérard n’aie raison.
    Alors, qu’espérer, que faire ? Lutter évidemment... Les aider si possible. Mais la lutte est aussi dans les mains de ceux qui vivent là-bas.

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  • Couturier Dominique 29 décembre 2008 à 14:15

    Faber : ;-)

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  • Couturier Dominique 29 décembre 2008 à 14:18

    Post-scriptum :

    Normalement j’irai à Cuba l’été 2010 (si tout se passe bien d’ici là). je sais, ça fait encore du temps... Je verrai bien par moi-même...

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  • Gérard Ponthieu 29 décembre 2008 à 15:53

    Dès lors que des croyances se trouvent dérangées, certaines réactions sont tout à fait prévisibles. On peut le comprendre. Le castrisme est l’un des derniers refuges des illusions idéologiques de gauche. C’est d’ailleurs pourquoi, entre autres, j’y suis retourné, prenant au mot l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez. Celui-ci (et quel écrivain, bon sang !, mais moindre journaliste) s’étant vu attaqué sur son attitude pro-castriste a fini par répliquer : « Et puis zut, ne me croyez pas sur parole. Allez voir sur place ! » Donc j’y suis allé, pour voir « de mes yeux vu », ce qui est le propre du reporter. Un demi-siècle qu’un pouvoir court après l’idéal « révolutionnaire » et « socialiste », ça justifie le déplacement. J’étais d’ailleurs tout prêt à retirer les guillemets aux mots, à les faire passer du stade de l’étiquette idéologique à celle de la réalité. Comme tout un chacun, j’en avais tellement entendu sur Cuba… Donc y aller. J’en profite aussi pour préciser que 40 ans auparavant (en mai 68 !), je m’y étais fait enfumer comme un bleubite tombé – avec quelques autres – dans un magistral traquenard de propagande. Passons sur les circonstances pour en retenir une leçon journalistique et un principe pivotal : le scepticisme critique. Autrement dit : ne pas croire. Mais écouter, relever, vérifier, recouper. Ne pas croire a priori, mais se poster dans l’attitude questionnante du non-croyant, demeurer ouvert à la réalité complexe, contradictoire, fuyante – il y a mieux comme confort intellectuel… Le fin du fin, dans le genre, ce serait plutôt de tomber dans le panneau du décor castriste monté pour le million de touristes annuels, dont 150.000 ou 200.000 Français (dont combien de « politiques » ?), canalisés dans les circuits de voyagistes : palmiers, rhum, cigares, salsa et p’tites pépé à l’occasion. Un peu de Che en cartes postales pour envoyer aux potes … et que la révolution est jolie ! Bien sûr, on concède que tout n’est pas rose, mais les méchants Américains n’ont de cesse de détruire ce Paradis terrestre. Et on va toujours trouver pire pour justifier l’injustifiable. Jusqu’au coup des vaches et de leur lait réservé aux enfants… Et les vieilles vaches, elles sont sacrées comme en Inde, on ne les tue ni ne les mange à Cuba ? Il y aurait un reportage entier à consacrer aux trafics en tout genre, notamment celui de viande de bœuf lié à la faillite d’une agriculture de type soviétique. Les enfants, une fois de plus, placés comme bouclier anti-critique, comme gage de bonnes intentions révolutionnaires. Les enfants pour empêcher de voir à quel point les militaires cubains les plus gradés trempent dans ce genre de trafic, viande, cigares, pétrole. Rappelons que Castro fit fusiller en 1989 un de ses « camarades », le général Ochoa, sous l’accusation de trafic de drogues, trafic étatique organisé avec les cartels colombiens et dont la menace de mise au grand jour, insupportable à Castro, conduisit à un procès stalinien et au sacrifice d’État.

    Comme il n’y a pire sourds-aveugles que les croyants – l’intégrisme n’étant pas toujours loin, voyez le ton de certains commentateurs ci-dessus… –, ceux-là se refusent à entendre ou à voir. Ainsi ce lecteur peu attentif qui m’oppose ses « indicateurs économiques », permettez, quand je les lui fournis d’emblée avec ce médecin qui gagne trois fois le smic cubain mais pour autant ne peut s’acheter des chaussures. Un peu plus loin, je cite ce prolo de Baracoa (smicard) pour lequel un pantalon représente un tiers de sa paie. Des données statistiques parleraient mieux ? Vous allez rire (jaune) : à Camaguëy, centre de l’île, je vois « Bureau des statistiques », j’entre dans une grande pièce vide, je suis reçu par le directeur…, lui demande des données sur l’économie locale. Embarras : « Désolé, nous n’avons pas de chiffres » ! Les stats, c’est Fidel qui s’en charge, ou qui s’en chargeait lors de ses homélies qu’il farcissait des données les plus farfelues. Qui peut vérifier le taux de croissance, le produit intérieur, le coût du « blocus », et autres fanfaronnades quantifiées ?

    Ce serait si simple de charger un bon bouc émissaire du lourd bilan de ce demi-siècle ! Si aujourd’hui le « lider maximo » a l’œil si noir, ce n’est pas seulement à cause de la maladie, c’est aussi et peut-être surtout à l’idée de sa mort politique et que son régime ne lui survivra pas.

    Quant à l’« argument » selon lequel on devrait comparer avec d’autres pays où c’est encore pire… Je n’ai jamais dit que c’était mieux-pire à Haïti, ni même en France. La comparaison, qui n’est toujours pas raison, c’est à chacun de la faire s’il y tient, pas au reporter qui est d’abord un observateur en lutte contre sa subjectivité, qui cherche à capter une réalité et moins une Vérité qu’un état du moment.

    Non seulement je persiste et signe mon article – c’est bien le moins –, mais je pourrais encore emplir un numéro entier de Politis pour approcher davantage cette si passionnante et tragique réalité cubaine – celle de mes (vertes) espérances déçues autant que déchues.

    Gérard Ponthieu

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  • Gérard Ponthieu 29 décembre 2008 à 15:56

    J’oubliais de remercier les amis !

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  • kakine 30 décembre 2008 à 11:28

    Si j’étais journaliste étrangère visitant la France loin des circuits touristiques, je pourrais parler des
    - sans domicile fixe-
    - sans papiers
    - sans boulot
    je pourrais raconter les restos du coeur,l’amertume , le désarroi de tous ces laissés pour compte.
    Je pourrais parler de la mal-bouffe,des pesticides, de la dioxine etc, du mal vivre et des ventes record de tranquillisants et autres antidépresseurs.
    je pourrais m’étendre sur les gardes à vue musclées, sur les conditions de détentions, raconter les basques qui se volatilisent comme Popo Larre.
    je pourrais aussi noircir des pages, à l’autre bout sur les fastes, les gaspillages de la haute bourgeoisie.
    Aurais-je pour autant donné une image fidèle de notre pays, je ne pense pas.
    Pourtant, la France n’est pas sous blocus, les sabotages ne se multiplient pas pour ruiner son économie, les cyclones ne se multiplient pas, elle ne sort pas de 40 années de monoculture vivrière...

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  • Gérard Ponthieu 30 décembre 2008 à 14:42

    Bien sûr ! Et si vous pouvez en parler, c’est que vous êtes aussi informée, que des médias et des journalistes, même imparfaits, parlent aussi de tous ces sujets. Et vous lisez Politis. Je n’ai pas évoqué la question des médias cubains : tous sous contrôle du régime. Presse, radio, télé, internet : TOUS ! A cause des cyclones sans doute. Je n’ai pas abordé non plus, du moins directement, la question des droits de l’homme. Vous me direz qu’en France. Etc. Encore une fois (voir ci-dessus), je ne suis pas allé à Cuba pour parler de la France. Un journaliste cubain viendrait-il (hypothèse hardie) en France pour traiter de la situation à Cuba ?
    Quant à l’enchaînement blocus-sabotages-cyclones, c’est l’argument même de la propagande ; celui qui sert notamment à masquer les incuries politiques, dont celle de la "monoculture vivrière" que René Dumont, vers 1970, avait déplorée – ce qui lui valut le bannissement de Castro au titre d’"agent de la CIA"…

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  • Laurence 31 décembre 2008 à 10:02

    Tant d’expressions déchaînées d’affects contre un auteur - bien plus que contre son article - interpelle nécessairement. L’accusation de manichéisme portée à plusieurs reprises ne serait-elle pas fondamentalement projective ?

    Ainsi, comment accepter le propos critique, fût-il d’un reporter professionnel s’étant rendu sur place, lorsque l’on a soi-même mis en veilleuse son propre esprit critique ?

    Qu’il est doux (confortable ?) de vouloir croire qu’une dictature, surtout lorsqu’elle s’est déployée sur les bases d’une révolution légitime, puisse engendrer progrès, égalité, libertés et, pourquoi pas, bonheur ?
    Qu’il est douloureux de confronter ses croyances (ses illusions ?) à la dure et implacable réalité d’un antagonisme malheureusement universel : aucune dictature ne peut engendrer une quelconque forme de bonheur. Au maximum livre-t-elle pouvoir et absolutisme associé à son leader, fût-il maximo.

    Attention donc à demeurer vigilant pour garantir, face à toute forme de propagande étatique - toujours si puissante - son propre libre arbitre comme l’acceptation de celui de l’autre.

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  • Robert 31 décembre 2008 à 13:06

    Meme dialectique sur France Inter ,lundi 29/12 dans l’émission "et pourtant elle tourne" ,meme rhétorique des laquais de l’"im-monde libérale" ,toujours prompt à voir chez les autres ce qu’ils veulent cacher chez eux ,misère pauvreté ,corruption etc.. ,que je sache on ne meurt pas de faim à Cuba ni dans les hopitaux par manque de budget comme ICI . Dans cette émission ,l’accent a été mis sur l’inutilité de la révolution ,donc en filigranne de celle que le peuple serait tenté de faire ICI ,commenceraient-ils à avoir peur ?

    Messieurs les journalistes des médias dominants ,vous avez troqué le courage de certains de vos confrères (rares) contre la servilité envers les plus forts.

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  • YVON 31 décembre 2008 à 16:30

    Ce n’est pas tant la teneur de l’article qui me fait réagir, on lit les mêmes régulièrement sur d’autres revues, il n’a donc rien d’original.Par contre il ressort de cet écrit quelque chose qui ressemble à la colère,voire la haine d’un amoureux éconduit.
    Est-ce d’avoir trop cru au "bonheur cubain", à ceux qui riaient et chantaient il y a 40 ans (dans le texte)qui ferait oublier les réalités du moment que M. Ponthieu a tendance à prendre à la rigolade ? Rigolade encore ce qui me semble être un espoir dans le développement d’un pays, à savoir la Santé et l’Education,considérés comme priorités ? Faisons confiance au peuple cubain pour assurer l’après Castro
    Enfin l’argument consistant à partager les critiques entre croyants et in-croyants est méprisable.

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  • Ronaldo Fonseca 2 janvier 2009 à 18:48

    Cet article est typique d’une pseudogauche,pas sérieuse, ignorante et occidentalocentriste.Elle pretend juger Cuba à travers les lunettes des pays du capitalisme central et imperialiste,les soi disantes "democraties occidentales".L’auteur manque completement d’une vision historique globale sur ce que fut le système-monde capitaliste-colonialiste depuis 5 siècles et les consequences de ce systeme sur les peuples colonisés(tiers monde).Il veut objectivement comparer la France avec Cuba ne se rendant même pas compte que celui-ci fut un pays pillé et ruiné par le colonialisme europeen et l’imperialisme americain pendant 5 siècles et son heritage fut celui d’une ille de sous developpement à tous les niveaux.Et encore, après la revolution, Cuba subit le blocus economique impitoyable des Etats Unis, tout en etant un petit pays sans ressources.Dans ce cadre-la, les accomplissements de la revolution cubaine(services publiques de grande qualité et gratuits au niveau de la santé, de l’éducation, de assistence sociale, du soutien aux enfants et aux personnes agées,la medecine d’avantgarde,le soutien internationaliste aux peuples,etc)sont dèjá remarcables et incomparablement superieures aux autres pays du tiers monde qui n’ont pas fait de revolution et sont restés sous la coupe de l’imperialisme occidental.Il faut dire aussi q’il y a de la democratie a Cuba(Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire,etc) même s’il y a des limitations.Le cadre d’encérclement par l’imperialisme americain ne permets pas du tout un pluralisme de partis politiques qui serait une fenetre ouverte pour la corruption de la part de la puissance américaine.Ce sont des limitations d’un pays encerclé en permanence, ayant un héritage de sous developpement seculaire.Bien sur, il y a des aspects négatifs et des insuffisances a Cuba et cela justifierait une critique constructive.Ce n’est pas du tout ce qui fait l’auteur de l’article qui ne veut même pas savoir des realisations de Cuba et de ses imenses difficultés actuelles et historiques.Il pretend tout simplement donner une vision fausse et superficielle de la realité cubaine, rejettant en bloc,de façon arrogante, les efforts d’un peuple en lutte pour sa dignité.En lutte pour ne plus revenir au stade de colonie des Etats Unis avec son cortège de misère et d’oppression.C’est lamentable qu’une revue comme Politis qui pretend contribuer a l’unité des courants de la veritable gauche française puisse publier un article comme celui-ci qui n’a rien a envier aux textes de la presse bourgeoise et pro-imperialiste.
    (opinion d’un latino-americain lecteur de Politis)

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  • Viktor DEDAJ 4 janvier 2009 à 14:49

    "Quant à l’enchaînement blocus-sabotages-cyclones, c’est l’argument même de la propagande"

    Bref, il suffit que ce soit avancé par les autorités pour que cela soit faux. CQFD par ce "journaliste".

    Au lieu d’enquêter, par exemple, sur le blocus, sa nature, ses effets, (comme certains l’ont fait à leurs frais et sur leurs temps de congés...), mais ça c’est trop épuisant, alors va pour les clichés et les petites anecdotes à deux sous.

    ex : M. Ponthieu entre dans un bureau et demande des statistiques et ne les obtient pas sur le champ ? Mon Dieu, alors que chez nous, il suffit d’entrer à l’INSEE et là y’a un employé, comme les marmottes qui emballent le chocolat, qui vous remettra toute suite et avec le sourire l’information demandée. M. Ponthieu n’a pas demandé s’ils avaient les moyens, si les ordinateurs marchaient ou étaient en panne, si certains chiffres étaient classifiés ou pas, et si oui pourquoi, comment ils faisaient leur travail lorsque tout manque, ni même s’ils arrivaient à faire leur travail. Non, il est juste entré pour "demander"... Ben voyons.

    Citer Ochoa c’est d’un chic... et d’une actualité brulante.

    Ponthieu fait du tourisme journalistique et du blabla de remplissage. Si les écoles de journalisme étaient des écoles, l’élève Ponthieu seraient encore en train de redoubler en CM2. On en a tellement bouffé de ce journalisme là que ... beurk...

    Revoyez votre copie et revenez nous voir lorsque vous aurez réellement envie de comprendre, et pas de briller aux dépens des Cubains.

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  • Gustavo Saavedra 5 janvier 2009 à 17:14

    Latino-Americain et lecteur de Politis tous les jeudis,signataire de l’appel de Politis,
    je suis hasta la "coronilla" de los articulos de une "gauche", que continua a se mirar el ombligo, es que no saben lo que Cuba y su Revolucion significan para esa America Morena al sur del Tio Sam ? pregunselo al pueblo de america latina.
    Puede que se cometan errores , puede que el algun punto yo mismo no este de acuerdo con una o otra cosa, pero desconocer el aporte y la solidaridad que Cuba y su Revolucion a dado a varias generaciones de Latinos-Americanos es que estamos ciegos.
    Hoy dia aqui en Francia tratamos de contruir una alternativa de la Gauche de la gauche para eso, hoy dia, tenemos que mirar hacia esa America-Latina observar esos procesos (Cuba, Venezuela, Ecuador, Bolivia y otros ) bien sur, espiritu critico, pero humildes, - Rappel - no somos capaces aun de ponermos de acuerdo en la contruccion de una autentica GAUCHE, asi que humildes.

    "Puede que algùn machete se enrede en la maleza. Puede que algunas noches las estrellas no quieran salir, puede que con los brazos haya que abrir la selva pero a pesar de los pesares como sea CUBA VA !!!!".

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  • Simone 7 janvier 2009 à 10:53

    Cet automne, nous avons accueilli durant 3 mois une cubaine venue en France pour finaliser un doctorat en droit.(vous ne savez peut être pas que la constitution cubaine s’inspire de la notre)
    je lui ai donc fait lire cet article. Après sa lecture, elle m’a regardé en disant :" je ne sais pas quoi dire, je me sens tellement offencée" et ensuite : " il y a des choses vraies dans ce qui est dit mais l’espérance verte que la vache a mangée n’a pas ce sens chez les cubains".
    Moi, ce que je voudrais dire, c’est l’offence que j’ai vu dans le regard de cette jeune femme aprés la lecture de mon journal et j’ai eu honte de réaliser la gauche que je soutenais dans mon pays !
    Mais qui êtes vous donc pour donner des leçons de savoir vivre, vous qui n’avez jamais souffert de rien,ni des cyclones, ni de la faim.
    Pourquoi Politis s’acharne -t-il à dénigrer ce peuple, je dis bien ce peuple car c’est lui qui est atteint quand on vise son chef.
    Vous semblez oublier que Cuba vivait comme au moyen age en 1950, dans l’esclavage et l’illétrisme, les moteurs de la pauvreté et rien que pour ça, Castro mérite le respect. En 50ans, éduquer et soigner tout un peuple , c’est à dire permettre à chacun de penser par lui mème !Qui a fait mieux que lui dans le monde ?
    Cette offense perçue par cette jeune femme était comme si elle me disait:Pourquoi ne nous fait-on pas confiance en France ? C’est ma question aussi. Pourquoi toujours citer les vieux et jamais les jeunes qui arrivent sur le marché politique à Cuba ? Curieuse attitude que celle de Politis qui se veut d’une gauche rénovatrice. Et si après la débâcle des extrèmes , des vieux communistes aux vieux capitalistes, c’etait la jeunese cubaine qui allait nous montrer une autre voie ?

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  • Gonzalo DORADO, Français et même pas Cubain 8 janvier 2009 à 07:52

    Bonjour à tous,
    d’accord avec de très nombreuses réactions de ce forum. Je retiendrais très ou trop brièvement la notion d’occidentalocentrisme, celle de la vision globale de la réalité de notre monde et ce que font les Cubains (et pas seulement Castro) et qui, dans cete réalité du Tiers-monde, ne s’en sortent pas si mal. Les Cubains n’ont vraiment pas besoin de leçon(s) sur ce qu’ils doivent faire au nom d’un grand principe : le droit à l’autodétermination des peuples, même si la voie choisie ne nous plaît pas. Alors les frustrations de journalistes qui ont la parfois secrète prétention de nous dire ce qu’il faut penser, (nous ne ferons pas où l’on nous dit de faire, ni les Cubains ni nous ni aucun peuple ne sommes des chiens)cette façon de voir, on s’en moque et vous vous la gardez.
    Il y a un autre point que je veux évoquer, c’est la vision du journalisme que moi, lecteur , je perçois.
    Il est si facile à Cuba, comme chez nous et comme partout, de trouver des gens qui vont vous raconter la vie comme vous avez envie de l’entendre en fonction de comment vous vous présentez à eux. Et, tel que je connais ce pays, les "bonnes langues" ne manquent pas pour un repas au resto ou une pâire baskets... etc ... En revanche et sachant cela, Ponthieu aurait du utiliser une autre méthode d’investigation que celle du micro-trottoir. Politis s’est déshonoré en permettant ce type de pratique et en se joignant à la meute de ceux qui applaudiront quand Cuba ressemblera à Haiti ou St Domingue.... Bravo pour votre objectivité. En tout cas, ce n’est pas cela que nous attendons de notre journal et celui-là en particulier.
    Je veux aussi dire à l’ami de Ponthieu que sans aucun doute, ce dernier est un type bien, mais il n’est pas exempt de connerie et dans ce cas précis, il en a écrit beaucoup. C’est dommage. Je lui conseille de tourner sept fois sa plume dans l’encrier avant de recommencer à écrire.
    Et comme dit Simone, ci-dessus, faisons confiance à la jeunesse (ce qui n’est même pas le cas chez nous !)

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  • Jacques Leyrat 11 janvier 2009 à 17:48

    Militant de la solidarité avec l’Amérique Latine, y séjournant fréquemment, à Cuba et ailleurs, la lecture du reportage de M. Ponthieu m’a indigné.

    Pour l’avoir déjà fait inutilement, j’avais dans un premier temps renoncé à écrire une nouvelle fois à Politis. J’ai mis fin à mon abonnement depuis des années particulièrement en raison de l’inconsistance de ses analyses et de ses positions sur l’Amérique Latine et de son incapacité à mettre en perspective les évolutions sociales et politiques du continent avec la révolution cubaine. Je voulais encore croire que c’était « par défaut » que ce journal se contentait de reprendre sans jamais se livrer à une enquête ou analyse sérieuse les « informations » des agences de presse internationales et les positions des médias dominants.
    Mais la publication, à l’occasion du 50ème anniversaire de la révolution, de ce texte d’une longueur exceptionnelle relève manifestement du choix politique. Il n’est pas neutre que Politis, pour la seule fois où il consacre un espace permettant une analyse sérieuse et argumentée, offre ses colonnes, pour un plaidoyer entièrement à charge, à un journaliste qui est allé deux fois à Cuba en 40 ans, plutôt qu’à des cubains ou latino-américains, ou encore français, proches des idées et idéaux dont ce journal (souvent à juste titre sur d’autres sujets) se veut le porte-parole.

    La malfaisance de ce genre de reportage est relative car la révolution cubaine a survécu à 11 présidents des Etats-Unis et beaucoup plus encore de journalistes de la trempe de M. Ponthieu.
    Mais, et c’est ce qui m’a incité à écrire ce texte, pour tous les amis du peuple cubain et de tous les peuples qui bénéficient de la solidarité cubaine, il y a heureusement des raisons de ne pas désespérer de tous les journalistes. Arte, et France-Inter ont récemment passé deux excellents documents, où des journalistes respectueux ont donné la parole aux acteurs plutôt que de rechercher les interlocuteurs utiles à l’illustration de leurs idées préconçues :

    Cuba entre 2 cyclones (Théma du 6 janvier ) :
    http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/...

    Reportage sur la lutte contre l’analphabétisme en Bolivie (Et pourtant elle tourne du 8 janvier) :
    http://www.radiofrance.fr/franceint...

    J’espère que M. Ponthieu, plutôt que d’attendre 40 ans de plus pour parfaire sa connaissance de Cuba à l’occasion d’un prochain voyage, écoutera et visionnera ce travail de confrères, que je trouve réellement « libres, professionnels, responsables, éthiques, citoyens, créatifs, plaisants, drôles, distrayants, rigoureux, informatifs, instructifs, édifiants, utiles, pratiques, démocratiques, nécessaires, éducatifs, populaires, sensibles, appréciés, estimés, respectés, informés, éclairés, dérangeants, indépendants, décapants, enrichissants, intelligents, critiques, modestes, et cætera. »
    Que l’on me pardonne cette énumération légèrement excessive, mais ce sont les qualités que M. Ponthieu se targue d’inculquer aux journalistes qu’il forme dans son agence Cinq sur Cinq (http://www.cinqsurcinq.net/)

    J’espère aussi voir au moins une fois Politis offrir une place équivalente dans ses colonnes à une expression sur Cuba qui s’écarte un peu du « politiquement correct » en vogue en France.

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  • Joël 13 janvier 2009 à 12:24

    Je me limiterais ici à observer le caractère extrêmement passionnel d’un grand nombre de réactions à l’article de Gérard Ponthieu (que je connais bien par ailleurs et dont je partage la plupart des analyses… mais pas toutes).

    Quand Simone écrit (le 7 janvier) : "c’est (le peuple) qui est atteint quand on vise son chef", l’affectif me paraît à son comble. Cette réaction n’est toutefois à mes yeux que caricaturale. Elle révèle ce qu’il advient quand le regard d’une personne se dilue dans « les grandes causes collectives » pour finalement s’y perdre : le conflit d’opinion se substitue purement et simplement au débat critique.

    Je souscris donc au commentaire de Laurence (du 31 décembre), en particulier lorsqu’elle écrit : « comment accepter le propos critique (d’autrui) lorsque l’on a soi-même mis en veilleuse son propre esprit critique ? »

    J‘ose avancer moi-même, à titre d’hypothèse, une réponse à la question qu’elle pose. La « mise en veilleuse » de l’esprit critique résulte directement non de la politique en elle-même mais de la place surdimensionnée qu’elle occupe dans l’imaginaire collectif. Parce qu’elle est aujourd’hui hypertrophiée (et uniquement à cause de cela !), la politique ouvre « l’ère du soupçon » et consacre la polémique.

    Cela s’est vérifié au XXème siècle, lors des grands affrontements idéologiques. Même si le phénomène s’est considérablement intériorisé depuis, il perdure et s’aggrave.

    La politique est un facteur de discorde beaucoup plus qu’un lieu de débat, quand bien même on peut se faire plaisir à le croire « démocratique » et y voir un facteur de « progrès ». Je n’y vois rien moins que le nouvel « opium du peuple ».

    En écrivant ces lignes, j’ai parfaitement conscience du caractère paradoxal du fait que je m’exprime ici sur le site de Politis.

    Joël

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  • Jacques Leyrat 14 janvier 2009 à 19:37

    J’ai du mal à appréhender toute la profondeur de la pensée que nous prodigue Joel dans son message du 13 janvier.

    Mais ce que j’en retiens est que, en ce qui concerne Cuba au moins, la critique, pour être de bon aloi, ne peut s’appliquer qu’au gouvernement et à ceux qui soutiennent même partiellement sa politique. Critiquer un journaliste français qui a tout compris après un séjour à Cuba où il n’a rencontré que des cubains "critiques", ce n’est pas faire preuve d’esprit critique, mais d’un caractère passionnel. Et, témoigner de l’indignation d’une jeune lectrice cubaine de l’article de G. Ponthieu, c’est substituer au débat critique l’expression d’une opinion fondée sur un affectif exacerbé.

    En écoutant l’émission "Et pourtant elle tourne" du 13 janvier ( http://www.radiofrance.fr/franceint... ?id=75392 ), on se demande une nouvelle fois comment certains journalistes dénués de tout esprit critique se permettent de diffuser de tels témoignages (de cubains de la province de Guantanamo).

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  • Guy maunoury 15 janvier 2009 à 11:02

    > A propos de l’article sur Cuba dans Politis du 24 décembre, signé Gérard Ponthieu
    >
    > Cet article ressemble étrangement à ceux que l’on peut lire dans la grande presse, tous hostiles à Cuba. Il aurait pu d’ailleurs être écrit il y a 10, 20 ans ou plus. Et il n’était même pas nécessaire de se déplacer pour écrire ça. Une fois encore Cuba est en procès. Sans jamais pouvoir se défendre. Et à Politis comme ailleurs ceux qui ont un autre point de vue n’ont pas droit de cité. Toujours les mêmes stéréotypes « usés jusqu’à la corde ». Les interviews sont sensés représenter l’avis général de la population. Pas de questionnement, pas d’analyse, pas de contexte ni d’histoire.
    >
    > Certaines affirmations sont carrément des mensonges. « Le régime n’a construit que des mausolées, musées, casernes », « Nous n’avons pas le droit de parler à un étranger encore moins de l’inviter chez nous », « Nous ne mangeons pas à notre faim ». Même si ce sont des déclarations, car certains cubains vivent de ces sornettes vendues aux touristes gogos ou mal intentionnés.
    >
    > Il y a aussi les formules faciles et simplistes ; « les jeunes regardent l’Amérique avec envie », certains sans doute et ailleurs dans le tiers monde, c’est différent ? « Les policiers en uniforme sont légion » plus qu’à Mexico, Quito et même Paris ? J’en doute ; « interdiction d’internet » en fait une limitation, mais si l’auteur avait poussé un petit peu il aurait questionné l’embargo, mais il est vrai que pour lui celui-ci est seulement un instrument de propagande.
    >
    > L’article ne fait mention d’aucun contexte ou le nie. Des bilans existent, faits y compris par des auteurs étatsuniens comme Chomsky ou Wayne Smith le premier « chargé d’intérêts à La Havane » qui ne se sont pas contentés de faire quelques radios trottoirs eux.
    >
    > Personne à Cuba ne pense que l’embargo explique tout mais prétendre comprendre Cuba en l’évacuant c’est une imposture. Blocus économique, lois Helms-Burton, appui politique et financier (140 millions de $ en 2007) pour créer une opposition interne, terrorisme et menaces de toutes sortes, tout ça n’est pas « usé jusqu’à la corde ». C’est la réalité.
    >
    > Mais visiblement pas pour un touriste, arrogant, sur de la supériorité de son système et qui croit libérer la parole des cubains « qui ne savent pas que leurs voisins ont les mêmes mécontentements ».
    >
    > Enfin malgré tout ce bilan catastrophique Cuba est au 52 ième rang pour l’IDH.
    >
    > Le 31 décembre 2008-12-31
    >
    > Guy Maunoury

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  • Gilbert Renaud 18 janvier 2009 à 23:59

    Lorsque j’ai lu l’article de Gérard Ponthieu sur Cuba, j’ai instinctivement vérifié la une de couverture pour être certain que je lisais Politis… Je n’en suis pas revenu qu’on puisse écrire comme cela dans Politis.
    Sur la forme, le ton très sarcastique de cet article n’a rien à envier ni à la presse « people », ni à la propagande anti-cubaine la plus droitière avec une succession d’expressions à effets de manche, amalgames et généralisations faciles… Je n’imaginais pas que Politis allait tomber dans ce travers-là…
    Sur le fond, quelques contrevérités scandaleuses laissent entendre que Cuba est un enfer, que les Cubains « n’ont pas le droit de parler à un étranger ni de le faire venir chez eux… ». Il est totalement inexact que les Cubains ne peuvent ni parler, ni accueillir les étrangers… J’ai été accueilli dans des familles cubaines, les Cubains sont très sociables et ravis de parler à des étrangers, la seule retenue étant la politique intérieure…
    Enfin, globalement, l’article de Gérard Ponthieu est à « sens unique » et ne fait pas « la part des choses » à Cuba… On compare toujours Cuba avec un idéal mythique et pas avec ce que sont devenus les pays voisins des Caraïbes comme Saint-Domingue, Haïti, Mexique, Guatemala, Honduras, Colombie, etc., où là il y a une véritable misère, où un pauvre n’a absolument aucune chance de devenir médecin, avocat, cadre et trouver un travail décent, où pauvreté rime avec perte de dignité, où être gravement malade pour un pauvre est la mort garantie. Point de cela à Cuba où j’ai rencontré des personnes modestes, fières de dire que leurs enfants sont infirmière, médecin, professeur, avocat, même s’ils gagnent 30 dollars par mois et que cela ne suffit pas pour vivre sans les combines du marché noir… À Cuba, les milieux populaires ont accès à des traitements lourds en cas de maladies graves ; le principal problème à l’hôpital est l’intendance et il faut que les familles apportent des compléments de nourriture aux patients… Si les Cubains ne sont pas riches, ils ne sont pas dans la misère et contrairement à ce que dit Monsieur Gérard Ponthieu, ceux-ci ne se sentent pas en perte de dignité. J’ai vécu 15 jours dans une famille cubaine modeste, dans les quartiers pauvres de la Havane (Marianao pour les connaisseurs) et cela n’a rien à voir avec les bidonvilles des quartiers pauvres de Bogota, Mexico, Guatemala ciudad, etc. Gérard Ponthieu n’évoque aucun des arguments favorables à Cuba, comme la sécurité qui laisse tous les pays d’Amérique loin derrière…
    Pourquoi ne dit-il pas qu’à Cuba le niveau d’éducation et de santé est parmi les plus élevés d’Amérique, que l’espérance de vie est voisine des E-U et largement supérieure à tous les pays de la zone...
    La plupart des critiques faites au régime castriste sont à sens unique et même des arguments en sa faveur sont retournés contre lui, pour preuve, l’allusion à la faible natalité qui « renouvelle à peine la population » analysée comme un facteur négatif à Cuba alors que ce serait perçu comme un signe de développement partout ailleurs…
    Même si le régime castriste mérite de nombreuses critiques, notamment celui d’avoir installé un système népotique, aux mains de l’armée et des apparatchiks du parti, ce système, condamnable à bien des égards, a aussi évité la mise en coupe sombre de ce pays par les grandes familles et multinationales dominantes (qui est une autre forme de népotisme) comme cela s’est passé dans la plupart des autres pays d’Amérique Latine et d’avoir sorti les couches modestes de la misère entre les années 60 et 90. Il n’y a pas que des effets pervers à la politique cubaine. Celle-ci a généré des effets sociaux positifs et il faut cesser de jeter le bébé avec l’eau du bain comme cela s’est produit pour les Pays de l’Est qui sont allés se vautrer dans notre système capitalo-libéral, contrôlé par des gangsters en costards-cravates. Ceux-ci verrouillent sous nos yeux toutes les composantes stratégiques du développement (énergie, commerce, justice, éducation, santé, armée, …), piétinent sans vergogne les fondements de l’humanisme et pompent financièrement toutes les forces vives en imposant incidieusement un système oligopolistique.
    Je n’ai pas abordé volontairement les analyses géopolitiques rejetées d’un revers de plume par Gérard Ponthieu pour en rester à quelques observations sociales et compenser sa vision apocalyptique qui aurait mérité quelques nuances…
    Gilbert Renaud, un lecteur de Politis encarté à aucun parti et pas spécialement béat devant le système oligarchique cubain…

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