Après avoir fait campagne en 2007 pour Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, du Parti « socialiste », s’avise quatre ans plus tard qu’il serait plutôt de gauche - et même très de gauche, puisque ce qu’il voudrait, lui, c’est qu’on démondialise.
C’est donc sous l’étendard de la démondialisation qu’il se lance dans le premier tour de la primaire socialiste, où il arrive troisième avec 17 % des voix, derrière François Hollande et Martine Aubry - faisant dire aux fins observateurs de la vie politique que sont les éditocrates que, t’as vu, Arnaud Montebourg arrive troisième avec 17 % des voix, derrière François Hollande et Martine Aubry.
Fort de ce formidable succès, Arnaud Montebourg prévient que si François Hollande (qui n’a aucune intention, quant à lui, de démondialiser) veut son soutien pour le second tour : d’accord - mais va falloir qu’il réponde d’abord à quelques questions piégeuses, parce que bon, on a quand même sa dignité.
La première de ces questions porte sur « les conditions précises dans lesquelles » François Hollande entend « reprendre le contrôle du système financier » que le Parti « socialiste » vient de passer plus d’un quart de siècle à pérenniser, et qui fait gravement suer.
En particulier, Arnaud Montebourg (qui ne parle déjà plus du tout, à ce moment-là, de démondialisation) voudrait savoir ce que François Hollande a prévu, comme « mesures de mise sous tuelle publique des banques », et s’il a prévu de « faire entrer des représentants de l’État dans les conseils d’administration desdites » - ou pas ?
Immédiatement, François Hollande lui répond qu’oui, bien sûr : il faut « reprendre le contrôle politique du système financier » - et que, pour ce qui le concerne (et si les Françai(se)s, nonobstant qu’il est du parti qui depuis plus d’un quart de siècle a renoncé à tout contrôle politique du système financier, lui font la gentillesse de le poser en 2012 dans l’Élysée), il fera « en sorte que tout argent public apporté directement ou indirectement à une banque entraine automatiquement l’entrée au conseil d’administration de représentants de l’État, afin de procéder à une surveillance active du redressement de l’organisme bancaire, et ce, afin de protéger les intérêts des citoyens français ».
Fichtre, pense-t-on alors : ça doit se faire dessus en cascade, chez les organismes bancaires.
Mais en vrai : non.
En vrai : les organismes bancaires donnent l’impression de n’être que moyennement paniqués.
Il est vrai que la dernière fois qu’ils ont eu un « socialiste » dans le conseil d’administration, c’était François Rebsamen.
François Rebsamen, c’est qui, exactement ?
François Rebsamen, c’est le gars, tu sais, qui (tel un chewing-gum sur une semelle) est toujours collé contre François Hollande, sur les photos.
François Rebsamen, c’est le gars qui a promis l’an dernier que les « socialistes » ambitionnaient de rétablir « l’ordre et la sécurité » dans nos départements et territoires d’outre-périphérique (où mâme Dupont commence à en avoir plus qu’assez, de cette racaille) en y déployant « l’armée, éventuellement » - et plus précisément la gendarmerie, car : « Les gendarmes savent très bien mener ces opérations de “pacification”, ils l’ont plusieurs fois montré à l’étranger. »
François Rebsamen, c’est le gars qui a promis aussi d’aller civiliser dans les faubourgs quelques « barbares » - des « jeunes » qui « n’ont pas de civilisation (...) et auxquels il va falloir tout apprendre ».
François Rebsamen, c’est surtout le gars qui fut naguère au conseil d’aministration de Dexia, où son assiduité lui valut de palper, en jetons de présence, la jolie somme de 20.000 euros en 2007 - mais qui, en 2008, quand cette rémunération fut rendue publique, fit le choix, tardif mais courageux, de donner sa « démission du mandat d’administrateur de cette société », pour se « consacrer à » ses « mandats d’élu ».
Avant cela : François Rebsamen n’avait, semble-t-il,rien détecté de particulièrement alarmant, chez l’organisme bancaire qui l’émolumait si généreusement.
Il n’avait, semble-t-il, pas bien vu se creuser le gros trou dans quoi l’État français dut alors verser trois milliards de francs (tout de même), pour « sauver » ce magnifique fleuron du « système financier » - repoussant de trois ans son naufrage.
Je te laisse conclure ?