Dans son éditorial de la semaine, Christophe Barbier, directeur de L’Express, dit comme ça qu’il aurait bien voulu que « l’actuel gouvernement israélien » fasse l’effort de maintenir « l’espoir » en Palestine, en acceptant « la proclamation rapide d’un État palestinien et sa reconnaissance immédiate par la communauté internationale » (que nous appellerons si tu veux bien LPRD’UÉPESRIPLCI, histoire de gagner du temps) [1].
Christophe Barbier trouve que « Tel-Aviv commet une erreur », en « récusant sèchement » LPRD’UÉPESRIPLCI.
De même, Christophe Barbier trouve que c’est aussi une « erreur » (qu’il attribue au המוסד למודיעין ולתפקידים מיוחדים) d’avoir, le 20 janvier dernier, assassiné محمود عبد الرؤوف المبحوح à Dubaï - même si, bien sûr : « Le pedigree de la victime, un dirigeant du Hamas, calme vite toute tentation compassionnelle » [2].
Ça fait, si t’as bien compté, deux erreurs - deux stupidités, même, n’ayons pas peur des mots -, et ça, Christophe Barbier trouve que c’est pas bien, parce que bon : « Qu’Israël (...) soit stupide est inédit et agaçant pour tous ceux qui le défendent avec constance ».
Que nous dit là Christophe Barbier ?
Christophe Barbier nous dit là qu’il se compte parmi ceux qui « défendent » le gouvernement israélien « avec constance ».
Et de fait : Christophe Barbier juge que, jusqu’à ces derniers jours, et jusqu’à ce qu’il refuse LPRD’UÉPESRIPLCI, le gouvernement israélien n’avait guère commis d’« erreur » - ou de stupidité -, puisqu’il est « inédit » qu’« Israël (...) soit stupide ».
Quand le gouvernement israélien a fait dans Gaza, l’an dernier, du hachis de civil(e)s palestinien(ne)s ?
Ce n’était donc pas une « erreur ».
Christophe Barbier le confirme : c’était plutôt, à son avis, « une guerre qu’il fallait faire ».
(Hhhhh...)
Itou, quand le gouvernement israélien érige un mur autour de la Cisjordanie ?
Ce n’est still pas une erreur, mais un « triste mur qu’il était nécessaire de bâtir », et qui a, du reste, « mieux assuré » la « sécurité » d’Israël - dont le gouvernement, par conséquent, a bien raison, Mâme Dupont, de l’appeler « barrière de sécurité » (plutôt que mur de la honte) [3].
La restitution d’une propagande étatique peut, des fois, mettre du temps à s’imposer pour ce qu’elle est : d’autres fois, elle est si grossière, qu’elle en devient très incommodante.