Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité hebdomadaire, en bref.

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Coup de pression ministériel sur les juges

Satanés juges, qui refusent de comprendre ! Depuis décembre, une quinzaine de conseils prud’homaux ont écarté le barème instauré par la loi travail, fixant un plafond aux indemnités pour les salariés licenciés sans cause. Car elle contrevient, selon eux, à deux conventions internationales signées par la France, qui garantissent qu’une réparation doit être « appropriée ».

Pour s’éviter le fiasco de cette mesure phare du quinquennat, le ministère de la Justice vient de sermonner les procureurs et les présidents de cour d’appel et de tribunal de grande instance, dans une circulaire signée le 26 février. La chancellerie demande que tous les cas lui soient remontés et – fait rarissime dans les affaires de droit du travail – invite les procureurs à se rendre aux audiences en appel pour « faire connaître l’avis du parquet général ». De quoi faire monter la pression sur ces affaires hautement politiques, attendues en appel à partir du mois de juin. Pas de quoi effaroucher les syndicats, qui promettent depuis 2017 une guérilla juridique contre les ordonnances. Force ouvrière et la CGT comptent notamment sur l’avis du Comité européen des droits sociaux, saisi l’an dernier.

Fonction publique : les syndicats prennent la rue

La réaction syndicale au projet de réforme de la fonction publique ne souffre d’aucune ambiguïté. Sept syndicats d’agents (sur neuf) ont immédiatement dénoncé, mi-février, une « attaque d’ampleur contre la fonction publique ». Ils redoutent notamment que le texte, qui doit accroître le recrutement de contractuels et aligner une partie des règles de management sur le secteur privé, soit encore alourdi par le Parlement. Le 6 mars, ils étaient même huit syndicats, sans la CFDT, à boycotter le Conseil commun de la fonction publique, forçant le gouvernement à concéder un « délai supplémentaire » dans la phase de concertation, au calendrier néanmoins serré. La CGT, FO et Solidaires lanceront le 19 mars la mobilisation dans la rue, dans le cadre d’une manifestation interprofessionnelle. Mais ce sera sans la CFDT, qui ne constate pas, pour l’heure, de « mobilisation sur le terrain » et souhaite éviter « les mobilisations qui ne mobilisent pas », prévient Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT fonction publique.

La France, destination moins sûre pour les LGBT

En une seule année, entre 2018 et 2019, la France a perdu quatorze places dans le classement des pays les plus accueillants pour les voyageurs LGBT. Une chute spectaculaire liée aux recrudescences des agressions contre les couples de même sexe et relevée par le site Spartacus dans la dernière édition de son « Indice de voyage gay », qui place la France au dix-septième rang (elle était troisième en 2018). La France est le seul pays du top 20 à obtenir une note négative.

Ruffin président ?

François Ruffin s’affiche partout. Au Journal officiel, le 12 février, quand le député de la Somme dépose les statuts de son micro-parti Picardie debout !. Dans les librairies, quand il publie Ce pays que tu ne connais pas, adressé à Emmanuel Macron. Dans les salles de cinéma, quand il sortira, en avril, J’veux du soleil, un documentaire sur les gilets jaunes. Certains le voient déjà président de la République. Une ambition qu’il ne conteste même pas, quand il est interrogé par Le Figaro. Et pourtant, comme le révèle Libération, le député est bien plus investi que ses administrés. Invités, par courrier, à user de leur droit à le révoquer et à provoquer une nouvelle élection si 25 % d’entre eux le souhaitaient – une promesse de campagne –, ils n’ont été que… deux à répondre.

Quand une centrale joue les censeurs

À Cosne-sur-Loire, dans la Nièvre, on ne plaisante pas avec le nucléaire. La centrale EDF de Belleville-sur-Loire, située à 15 kilomètres, subventionne le festival Avant-premières à Cosne, mais aussi le projet de la municipalité de créer une troisième salle de cinéma. Or, huit ans après l’accident de Fukushima au Japon, l’association Sortir du nucléaire avait organisé une projection-débat du film Fukushima, le couvercle du soleil, imprimé tracts et affiches, invité notamment deux intervenants japonais… Mais, dix jours avant, le maire de Cosne enjoint au gérant du cinéma d’annuler l’événement, car la centrale ne veut pas de cette rencontre. Et l’édile de préciser tranquillement dans la presse locale : « C’était un problème de partenariat avec la centrale nucléaire ! » Finalement, la projection-débat se tiendra, mais à 30 kilomètres de là…

Photo de la semaine : Marielle, consacrée au carnaval

© Politis

Monica Benicio, la compagne de Marielle Franco, militante assassinée il y a un an, participe, le 10 mars, à la grande parade du carnaval de Rio de Janeiro, au Brésil. Son école de samba de Mangueira a hissé haut les drapeaux à l’effigie de Marielle, et en a profité pour remporter le concours de samba organisé à l’occasion du carnaval. Un beau pied-de-nez aux assassins et à leurs alliés du nouveau gouvernement d’extrême droite.

Crédit photo : Buda Mendes/Getty Images/AFP


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