Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Migrants : on meurt toujours en Méditerranée

Des dizaines de migrants ont disparu du radar des associations et des autorités pendant leur traversée de la Méditerranée. « Toutes les autorités savent, mais aucune démarche pour les secourir n’a été engagée. On les laisse mourir », a dénoncé dans un tweet l’ONG allemande Sea-Watch International. Dès le samedi 11 avril, ses membres ont alerté sur les risques courus par 260 migrants embarqués sur des bateaux pneumatiques au large de Malte. Une autre ONG allemande, United4Rescue, a assuré que l’embarcation, « désormais introuvable », « avait appelé à l’aide par téléphone ».^

Avec la crise du coronavirus, Malte et l’Italie ont totalement fermé leurs ports aux migrants. Le 6 avril, l’Alan Kurdi, seul navire humanitaire en Méditerranée, avait sauvé 150 migrants au large de la Libye.

États-Unis : À regret, Sanders jette l’éponge

Les médias néolibéraux, l’establishment démocrate et une pluie de dollars offerts à Joe Biden ont donc réussi à faire renoncer Bernie Sanders. Au-delà de sa volonté de ne pas affaiblir son camp contre l’horrible Donald Trump, Sanders aura quand même influencé durablement la gauche américaine en promouvant des thèmes comme le poids de la dette étudiante ou un système de santé ruineux…

Environnement : La ZAD de la Dune évacuée et incendiée

À Brétignolles-sur-Mer (Vendée), une lutte prend corps depuis octobre pour contrer un projet de port de plaisance dont les opposants critiquent l’impact environnemental. La ZAD de la Dune s’était installée pour arrêter les travaux préparatoires. Celle-ci a été brutalement évacuée le 8 avril. Selon les témoignages recueillis par Mediapart, une altercation entre des automobilistes et un habitant de la ZAD a déclenché l’intervention des forces de l’ordre. La vingtaine d’habitant·es ont été réparti·es dans différents commissariats du département. La majorité ont depuis été relâché·es. Le lendemain, des « bénévoles » ont répondu à l’appel de Christophe Chabot, maire et promoteur du projet, pour « nettoyer et sécuriser » le site.

« Sous quel prétexte 70 personnes peuvent avoir le loisir de se regrouper pour admirer l’irresponsabilité de la force publique en cours, sans encourir une amende ? Enfin, pourquoi incendier les cabanes et ne pas les détruire comme à l’accoutumée ? » interrogent les occupant·es du site dans un communiqué. Le début du chantier du port de plaisance serait envisagé pour le mois de septembre.

Yémen : L’échec saoudien

On n’ose affirmer que le virus, qui tue un peu partout dans le monde, a des effets positifs. Il en a cependant. S’il n’est la cause du cessez-le-feu unilatéral décrété le 9 avril par l’Arabie saoudite au Yémen, il en est au moins le prétexte. Selon Riyad, c’est pour « préparer le terrain à la lutte contre le Covid-19 » que cette trêve de deux semaines a été décidée. Un prétexte « humanitaire » qui ne trompe pas de la part d’un régime qui a massacré des dizaines de milliers de civils depuis cinq ans pour tenter en vain d’anéantir la rébellion houthie soutenue par l’Iran. La trêve a des chances de durer puisque les rebelles avaient, le 26 mars, soutenu l’appel de l’ONU à un cessez-le-feu généralisé. Pour l’ancien ambassadeur de France au Yémen Gilles Gauthier, les raisons de la décision de Riyad sont surtout politiques. Les Saoudiens seraient arrivés à la conclusion qu’ils ne parviendront pas à déloger les rebelles des positions avantageuses qu’ils ont conquises sur le terrain, dans la ville portuaire de Hodeïda et dans leur fief traditionnel du nord-ouest. Le pays, dont les services sanitaires ont été ravagés, attend maintenant dans l’angoisse l’arrivée du virus.

Crise entre Bolsonaro et son ministre de la Santé

« Les Brésiliens ne savent plus à qui se fier », affirmait le ministre brésilien de la Santé le 12 avril. Mandetta prône la distanciation sociale, Bolsonaro n’en fait qu’à sa tête. Le 11 avril encore, celui-ci paradait entouré d’une nuée de suiveurs lors de la visite d’un nouvel hôpital. Il aurait tenté de démettre son contradicteur, mais Mandetta a été soutenu par des militaires de premier rang. Selon un sondage, la population fait bien plus confiance au ministre (76 %) qu’au président (33 %) dans la gestion de la crise.

Turquie : panique organisée, tollé assumé

Très bonne idée d’annoncer un confinement total dans les 31 plus grandes villes du pays seulement deux heures à l’avance ! Résultat, vendredi 10 avril au soir, des milliers de personnes paniquées se sont précipitées dans les commerces, ignorant les mesures de distanciation sociale. Annoncée par le ministre de l’Intérieur, Süleyman Soylu, la soudaine décision du gouvernement d’une interdiction totale de circuler pendant 48 heures a provoqué un véritable tollé au sein de la population turque, qui accuse les autorités de mise en danger de la vie d’autrui. Coup de théâtre dimanche soir : le ministre, assumant l’entière responsabilité du fiasco, a présenté sa démission, qu’Erdogan a refusée.

Zèle mortel à Béziers

Robert Ménard, maire d’extrême droite de Béziers, s’est souvent vanté de sa police municipale armée. Ne respectant pas le couvre-feu imposé par l’édile, un homme de 34 ans, « agressif » selon les policiers municipaux, souffrant de schizophrénie selon sa sœur, est mort au soir du 8 avril après avoir été (difficilement) menotté et maintenu par un agent assis sur lui dans la voiture pendant son transport au commissariat. Inconscient à l’arrivée, il n’a pu être ranimé par les pompiers.


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