Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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États-Unis : Le choix des larmes (photo)

Un revolver à la ceinture, jusque sur l’autel en hommage aux 21 victimes (dont 19 enfants) de la tuerie perpétrée le 25 mai dans une école d’Uvalde, au Texas. Ce massacre vient s’ajouter à la longue liste de faits similaires aux États-Unis, où 212 fusillades de masse ont été dénombrées sur les 144 premiers jours de 2022. En 2020, ce sont 4 000 enfants qui ont été tués par armes à feu. C’est désormais la première cause de mortalité pour les moins de 20 ans dans le pays de la toute puissante NRA.

Gare à la « technopolice »

L’État disposerait d’une base de données comprenant le visage de 8 millions de Français, et qui servirait quotidiennement aux forces de l’ordre. C’est ce qu’avance la Quadrature du Net, qui lance le 24 mai une pétition en vue d’une plainte collective contre le ministère de l’Intérieur. L’association espère lutter, entre autres, contre l’essor de l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale.

Espagne : Seul un oui est un oui

Jeudi 27 mai, les députés espagnols ont voté l’obligation de consentement « libre et clair » pour toute relation sexuelle sous peine qu’elle soit considérée comme un viol. Le texte doit passer entre les mains du Sénat. Ce débat sur le consentement explose en Espagne en 2018, lorsque cinq hommes écopent de neuf ans de prison pour « abus sexuels » sur une jeune femme de 18 ans lors des fêtes de Pampelune de 2016. Les agresseurs avaient échangé une vidéo des faits, avec cet ignoble commentaire : « en train d’en baiser une à cinq »… Or la qualification de « viol en réunion » n’avait pas été retenue par la justice sous prétexte que la victime n’avait pas clairement dit « non ». À l’époque, le code pénal espagnol imposait, comme c’est encore le cas en France, une intimidation ou une violence pour qualifier le viol. La rue espagnole s’était émue de cette décision. En 2019, le Tribunal suprême requalifie la condamnation : la peine monte à quinze ans.

Le Parlement espagnol entérine donc le mouvement. En France, au même moment, on apprend que six pompiers de Paris accusés de viol en réunion bénéficient d’un non-lieu. Selon la juge d’instruction, « il n’apparaît pas que la partie civile ait été soumise à de réelles violences, à une contrainte physique ou des menaces » et ait manifesté « une opposition -quelconque ».

Stocamine : travaux suspendus

Des militants écologistes du groupe Extinction Rebellion ont bloqué, le 28 mai, le site d’enfouissement de déchets dangereux Stocamine dans le Haut-Rhin. Élus locaux et militants réclament depuis près de vingt ans l’extraction de ces 42 000 tonnes de résidus toxiques. La justice leur avait donné raison le 26 mai, ordonnant la suspension des travaux de confinement définitif des déchets lancés par la préfecture.

Le journaliste Frédéric Leclerc-Imhoff tué en Ukraine

Certains mots maternels valent tous les hommages présidentiels. « Sa courte vie a eu un sens », déclare la mère de Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste français tué en Ukraine par un tir d’artillerie de l’armée russe. Il se trouvait pourtant à bord d’un convoi humanitaire évacuant des civils lorsqu’il a été touché. Le Parquet national antiterroriste annonce l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre. Selon Reporters sans frontière, 8 journalistes ont été tués depuis le début du conflit par les forces de Moscou.

Législatives : Le vote en ligne, c’est pas encore ça

Héritage du quinquennat Sarkozy, qui a créé onze circonscriptions pour les Français établis hors de France, ces derniers pouvaient voter en ligne du 27 mai au 1er juin pour désigner leur député. Dimanche, de nombreux électeurs étaient dans l’impossibilité de suivre la procédure de vote sur Internet. Le ministère des Affaires étrangères incriminait une incompatibilité avec certains services de courrier électronique aussi peu répandus que Yahoo et AOL (15 % des électeurs en Europe du Nord). Si ce bug a été résolu, après quatre jours (tout de même !), des électeurs pointaient encore mardi midi sur les réseaux sociaux d’autres difficultés les empêchant de voter. À 36 heures de la clôture du vote en ligne, certains renonçaient tout bonnement à accomplir leur devoir électoral en maudissant les services de la start-up nation.

La « reine de l’Armée rouge japonaise » libérée

Après vingt-deux ans d’emprisonnement au Japon, dont on sait la dureté du régime carcéral, celle que l’on surnommait la « Reine rouge », Fusako Shigenobu, principale dirigeante de l’organisation armée d’extrême gauche, l’Armée rouge japonaise, est sortie de sa prison près de Tokyo, le 28 mai. Né après le mouvement étudiant de 1968, et responsable de nombre d’attentats sanglants dans les années 1970 et 1980, son mouvement, proche du Front populaire de libération de la Palestine, avait rapidement embrassé la cause palestinienne. À la sortie du centre carcéral, elle a présenté, dans un style « très japonais », ses « sincères excuses » pour les victimes d’un « combat vieux d’un demi-siècle qui a fait souffrir des innocents ». La fin d’une époque ?

Bourrasque anti-éoliennes

La majorité de Xavier Bertrand a tranché. En votant une subvention de 170 000 euros à une fédération d’associations antiéoliennes, le conseil régional des Hauts-de-France se positionne contre le renouvelable. Ce qui fait tempêter l’opposition écolo par la voix de Karima Delli : « Vous aurez la responsabilité d’engager la France dans une trajectoire bas carbone. […] Nous avons trois ans, alors ne perdons pas une minute », écrit-elle à la Première ministre.

Rivarol privé d’aides

Il y a parfois de bonnes nouvelles. L’hebdomadaire Rivarol, condamné en la personne de son directeur de publication, Jérôme Bourbon, une bonne quinzaine de fois pour incitation à la haine raciale, contestation de crime contre l’humanité et autres « broutilles », s’est vu retirer son agrément pour les avantages fiscaux, tarifs postaux et autres subventions prévues pour la presse. Espérons que celles-ci seront reversées (en partie) à Politis !


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