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dimanche 24 mai 2009 à 22:55
Voici mon rapide commentaire, prix par prix, du palmarès du festival de Cannes 2009. Dans le numéro du journal à paraître jeudi, je reviendrai plus en détail sur ce palmarès, très décevant à mes yeux, et sur cette 62ème édition, qui fut, elle, de bonne tenue.
Palme d’or : le Ruban blanc de Michael Haneke
Isabelle Huppert, présidente du jury, récompensée à Cannes grâce à un film de Michael Haneke, la Pianiste, récompense à son tour son bienfaiteur. Ce qui était prévisible s’est hélas produit. Ce qui ne (...)
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samedi 23 mai 2009 à 23:22
La compétition se clôt avec Visage, que Tsai Ming-liang a tourné à Paris. Visage est le fruit d’une commande que le musée du Louvre a faite au cinéaste thaïlandais dans le cadre d’une collection de films intitulée « Le Louvre s’offre aux cinéastes ». Sans être directement patrimonial, le film rend hommage à l’un des grands événements de l’histoire du cinéma français, devenu mythique : la Nouvelle Vague. Plus précisément à François Truffaut, dont certains de ses acteurs fétiches occupent les premiers rôles : (...)
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samedi 23 mai 2009 à 07:07
Le festival touche à sa fin. Je suis encore avide de films, mais ceux que j’ai vus ces deux derniers jours me laissent pour la plupart atone. Deux films, tout de même, sortent du lot, tout en se situant aux antipodes l’un de l’autre : Enter the Void, de Gaspar Noé et The Time that remains, d’Elia Suleiman.
Je serai ultra-rapide sur Enter the Void , qui, lui, est interminable : 2h45. Le titre français est ainsi annoncé : « Soudain le vide ». Quelle lucidité ! Rarement vu un film aussi bête. Je crois (...)
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vendredi 22 mai 2009 à 01:39
Ça se gâte côté compétition. Deux films, successivement, me voient accablé au sortir de leur projection. Le premier est un pensum, le second un accident industriel. Le pensum : le Ruban blanc de Michael Haneke. Une chronique villageoise dans le nord de l’Allemagne à la veille de la Première guerre mondiale. Tout dans la forme du film est purement démonstratif : le noir et blanc grisâtre pour insister sur la tristesse, le sentiment de culpabilité généralisé ; l’atonie de la mise en scène pour montrer (...)
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jeudi 21 mai 2009 à 01:13
Après avoir retravaillé les motifs des séries Z et des « pulp fictions », Quentin Tarantino s’est attaqué à un autre genre, le film de guerre, situé en France pendant la Seconde guerre mondiale. Tarantino n’avait jamais abordé un tel sujet, qui ne peut être dénué de toute gravité, d’autant qu’il y est beaucoup question d’un « chasseur de Juifs » en la personne d’un colonel nazi. Est-ce pour cette raison que le film paraît moins délirant que les précédents ? En tout cas, il semble qu’à la séance de 8h30, une (...)
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mercredi 20 mai 2009 à 01:52
Journée traversée par des mouvements sociaux à Cannes, c’est inhabituel. Outre les travailleurs sans-papiers qui ont organisé un rassemblement pour exiger leur régularisation, une coupure de courant, provoquée semble-t-il par des salariés d’EDF, a privé d’électricité une bonne partie de la ville pendant quelques heures. Alors que je voulais faire des achats dans une épicerie, on me dit que la caisse électrique ne marche pas, « vous savez, c’est à cause de ces gens très mal payés d’EDF qui n’ont pas du (...)
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mardi 19 mai 2009 à 02:31
Avec ses frères, Éric Cantona a récemment créé une maison de production. Pour la lancer, il a eu l’idée d’un film dont l’histoire porterait sur ses relations avec ses fans. Quel réalisateur anglais serait le mieux placé pour le tourner ? Ken Loach, bien sûr, passionné de football. Qui accepte. Et voilà Looking for Eric sur la Croisette. Film sympathique, mais un Ken Loach dispensable.
Le scénario est artificiellement conçu pour qu’Éric Cantona, dont la palette de jeu est à peu près aussi développée (...)
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lundi 18 mai 2009 à 03:26
« Il est très bien ce film, mais il ne correspond pas à notre cible ». Le propos est d’un de mes confrères qui, à côté de moi, fait la queue avant une séance tout en ayant une conversation téléphonique (c’est fou ce que les gens parlent fort quand ils causent dans leur portable). Une phrase symptomatique de la manière dont le marketing et ses « concepts » se sont substitués à tout autre vocabulaire, donc à tout autre réflexion sur les publics des journaux et des médias. Segmenter, cloisonner, plutôt (...)
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dimanche 17 mai 2009 à 02:19
Envie de rapprocher les films de deux cinéastes français, pour différentes raisons, la principale étant qu’ils sont incontestablement deux cinéastes importants, qui élaborent une œuvre à la fois singulière, stimulante et vouée à un public large : ce sont Un Prophète de Jacques Audiard, en compétition officielle, et l’Armée du crime de Robert Guédiguian, absurdement hors compétition.
En scénariste hors pair, Jacques Audiard aime à tracer le parcours de personnages qui se transforment radicalement, qui ne sont (...)
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samedi 16 mai 2009 à 01:19
Le bon goût, c’est barbant. Tout est là où il faut, posé comme il faut, ni plus ni moins mais sans nécessité. Bright Star de Jane Campion, en compétition officielle, a ces qualités et ce défaut. Le film ressemble à un bel album illustré et patiné qui aurait pour titre : Vie et mort du poète John Keats, dont l’existence, au début du XIXe siècle, fut de courte durée.
La comédienne qui joue la femme aimée du poète, Abbie Cornish, beaucoup plus saillante que l’acteur interprétant Keats, Ben Wishaw, est (...)
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