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Par Thierry Brun - Suivre sur twitter - 22 décembre 2011

Banques : les folles rémunérations des dirigeants de BPCE

Les dirigeants du groupe Banque populaire-Caisses d’épargne (BPCE) ne connaissent pas la crise. Leurs mirobolantes rémunérations donnent le vertige. Aperçu des émoluments avec l’aide d’un document publié par le Syndicat unifié-Unsa BPCE.

Si l’on croit les documents publiés par le Syndicat unifié-Unsa BPCE dans le dernier numéro du « Trait d’union » [1], les rémunérations des patrons de Caisses d’épargne se sont envolées. Le groupe bancaire BPCE dirigé par François Pérol, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, pourtant touché par la crise bancaire européenne depuis le mois d’août, est engagé dans une politique singulière :

« Nous constatons que depuis plus de 10 ans, les seuls qui ont profité d’une forte hausse de leur rémunération sont nos dirigeants. L’année 2010 (versée en 2011) a été encore pour eux un super millésime. Leur responsabilité dans la gestion du Groupe et leurs choix stratégiques depuis 2006 ont conduit le groupe a de lourdes pertes depuis cette période mais c’est sans aucun scrupule que les représentants aux conseils de surveillance votent majoritairement, année après année, les rémunérations pharaoniques de nos mandataires sociaux », écrit Sylvie Liziard, secrétaire générale du Syndicat unifié-Unsa BPCE.

L’Ecureuil digne du CAC 40

Démonstration à l’appui, le syndicat publie un tableau quasi complet des salaires des présidents de directoire de Caisse d’épargne. Et il explique que ces patrons, pas bêtes, ont fait scinder leur salaire en deux : « Une partie “mandat social”, pour justifier les gros sous, une partie “contrat de travail”, pour bénéficier du parapluie de l’Etat providence et être payés par les Assedic au cas où leurs immenses mérites ne seraient plus reconnus ».

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Commentaire : « Qu’est-ce qui justifie par exemple que le salaire du Président en Bretagne et Pays de Loire, ait augmenté de 163 % en 7 ans alors que pendant la même période ses salariés voyaient leur salaire moyen progresser de 4,8 % ? Certainement pas l’augmentation de ses responsabilités, puisqu’il a accepté avec ses collègues que la gestion financière soit quasi-totalement remontée des Caisses vers la CNCE [Caisse nationale des caisses d’épargne], puis aujourd’hui vers BPCE. Qu’est ce qui justifie que la Présidente du directoire de la Caisse de Loire Centre ait vu son salaire augmenter de 27,9 % entre 2007 et 2011 ? Certainement pas l’affirmation de son pouvoir de décision, puisque comme tous ses collègues, chaque fois qu’elle est confrontée à une demande de négociation sociale, elle renvoie aux consignes nationales de BPCE ».

En tête du classement des patrons de Caisse d’épargne les mieux rémunérés, celui d’Ile-de-France, Bernard Comolet, touche pas moins de 691 000 euros annuels (part fixe et variable cumulées). En deuxième position, Alain Lacroix, patron de la caisse d’épargne Provence-Alpes-Corse, empoche 624 800 euros. Pas très coopératif pour une banque de l’économie dite sociale…

Rémunérations mais aussi avantages…

Les patrons de Caisses « ont multiplié les petits avantages annexes » comme les logements, voitures de fonction et... un « système de retraite supplémentaire dit de type "additif" ». « Nous vous passons les multiples jetons de présence dans les conseils d’administration de diverses sociétés où les Caisses sont représentées ». Quelques exemples :

« Au titre de Natixis et des filiales de Natixis, de BPCE et des filiales de BPCE, M. Patault [Didier Patault, patron de la caisse d’épargne Bretagne-Pays de Loire, dont la rémunération annuelle est de 579 798 euros] a perçu pour le dernier exercice connu (2010) 58 143 euros. Encore s’agit-il dans son cas d’une somme presque raisonnable, car l’année précédente M. Comolet [Bernard Comolet], au titre des filiales BPCE et CNCE avait perçu la bagatelle de 162 175 euros. Et en 2008 et 2007, M. Crequit [Jean-Claude Créquit, patron de la Caisse d’épargne de Côte d’Azur, dont la rémunération annuelle est de 436 800 euros] avait fait mieux aussi, recevant respectivement 35 500 euros et 73 500 euros pour le même travail, si on peut appeler ça un travail. Et ceci ne tient pas compte de divers compléments, plus difficiles à connaitre, éventuellement versés pour des activités « régionales » dans des sociétés de capital investissement, de développement régional et autres. »

Un pantouflage royal pour François Pérol

Il y a « plus coûteux pour nos comptes », ajoute le syndicat : « M. Pérol [François Pérol] émargeait en 2010 à 1,6 million par an (+ 240 % par rapport à l’année précédente mais il semblerait que l’augmentation soit plus modeste en 2011). Pire, M. Mignon [Laurent Mignon], le patron de la calamiteuse banque Natixis, émargeait pour la même année à 2 millions (1,2 de part fixe et 800 000 euros de part variable), ce qui est cher payé pour une catastrophe industrielle. »

P.-S.

Photo : Jacques Loic / Photononstop

Notes

[1] Lecture recommandée : Le Trait d’union n° 105, automne 2011.

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