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Par Denis Sieffert - 29 octobre 2009

Douce France

Quand tout va mal, en France, que fait-on ? Quand le chômage explose, que les suicides se multiplient dans les entreprises, que les scandales se succèdent en haut lieu, que les mensonges d’État rendent incrédule la Terre entière, que la discorde s’insinue jusque dans les antichambres du pouvoir, que fait-on ? Eh bien, on ouvre un « grand débat sur l’identité nationale ». Ou, si vous préférez, on s’en prend aux Arabes. Je sais bien, il ne faut pas le dire ainsi, ni aussi crûment. D’autant plus que les « Arabes » sont aujourd’hui parfois maliens ou roms ou afghans… Mais, au fond, c’est bien de cela qu’il s’agit. En annonçant, lundi, le prochain lancement d’un « grand débat » dont l’agora sera la préfecture et la sous-préfecture, Éric Besson entreprend une opération de diversion somme toute classique. On se souvient de la douloureuse affaire du voile islamique en 2003 et 2004. Encore avait-on circonscrit l’offensive à l’école. L’entreprise, cette fois, est de plus grande ampleur. Il ne s’agit plus de faire la leçon à quelques adolescentes, mais d’apprendre à être de bons Français à des femmes et des hommes de tous âges, et souvent éprouvés par la vie. Le débat, nous dit-on, sera alimenté par un rapport parlementaire sur le « respect des symboles de la République ». Le ministère de M. Besson précise que la question « Qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ? » devra être posée « à chacun ».

L’opération ne serait pas à l’évidence motivée par des arrière-pensées aussi sordides, que notre curiosité serait mise en éveil. Oui, qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ? Nous avons hâte de le savoir. Et de connaître celui qui va nous le dire avec assez de morgue pour croire en une réponse instituée. Comme il se doit dans tout bon débat national, « des propositions seront soumises, en particulier sur la place des symboles nationaux ». Nous citons toujours ici le communiqué officiel du ministère, lequel nous fournit un début de réponse : il y aura par exemple « obligation pour l’ensemble des jeunes Français de chanter, au moins une fois par an, l’hymne national ». Être Français, ce sera ça ! On pourra allégrement trahir ses amis, instrumentaliser le racisme, jouer avec les peurs et les fantasmes de ses contemporains, collaborer idéologiquement avec l’extrême droite, fouler au pied ses engagements de jeunesse, à condition de chanter une fois par an la Marseillaise. Si l’on s’y prend bien, on peut, en une ou deux générations, construire une nation de parfaits salauds, dépourvus de toute morale personnelle, mais connaissant admirablement notre hymne national. Et, bien plus vite que cela, la France peut devenir un fortin hérissé de chevaux de frise, une machine à expulser et à exclure, un pays gorgé de suffisance et de nationalisme. Et que fera-t-on des « mauvais Français », ceux qui répondront mal aux interrogatoires identitaires ou qui chanteront faux la Marseillaise ? Dans quelle catégorie administrative va-t-on les répertorier si, par malheur, ils ne peuvent être rien d’autre que français ?

M. Besson croit-il que les « collabos » de 1940 n’étaient pas instruits de ce civisme que l’on enseignait aux blouses grises de la Troisième République ? Croit-il que les tortionnaires de la bataille d’Alger ignoraient la Marseillaise ? Ou bien les valeurs de la résistance, et parfois de l’insoumission, lui paraissent-elles inférieures à celles qu’il se pique d’imposer ? Évidemment, tout cela serait ridicule si ce n’était dangereux. Le problème n’est pas que des historiens et des sociologues réfléchissent à la question. Inutile donc, pour mieux se vautrer dans le piège tendu par la droite, d’invoquer, comme le fait une certaine gauche, les mânes de Fernand Braudel ou de Marc Bloch. Leur pouvoir d’historien était strictement d’analyse et de description. Ils n’étaient pas sous-préfets et n’affrétaient pas de charters. Le problème est, comme le dit Patrick Weil, lui-même historien, que « ce n’est pas au pouvoir politique de décréter ce qu’est être Français ». Mais, me direz-vous, je me donne bien de la peine pour répliquer à une manipulation dont les ficelles sont énormes. La vérité du « grand débat » de M. Besson ne tient-elle pas dans son calendrier : lancement le 2 novembre, conclusion et « colloque de synthèse » début février ? Nous serons alors à un mois des régionales. Les musulmans auront été sommés d’abjurer quelques-unes de leurs croyances ou de leurs pratiques. Le « communautarisme » aura été dénoncé. L’« autre » aura été jeté en pâture à l’opinion, qui aura réappris à avoir peur de tout ce qui ne lui ressemble pas. Et si la mèche prend, on aura relégué à l’arrière-plan la crise et le chômage assez de temps pour franchir l’échéance électorale. On peut évidemment envisager le problème sous ce seul aspect. Celui du cynisme d’une équipe toujours prête à brûler son « Reichstag ». Mais on peut aussi penser qu’il y a plus grave : un nationalisme de conviction qui hante une partie de la droite sarkozienne. Lorsqu’il affirme qu’il faut défendre « la douce France » créée par Charles Trenet en 1943, Frédéric Lefèbvre, porte-parole de l’UMP, ne se trompe ni de symbole ni d’époque.

Nota Bene :

P. S. Prenez connaissance du programme des Assises pour le changement, et inscrivez-vous.

N. B. Un lecteur me fait observer que, lorsque j’écris (dans mon dernier édito) : « Nous n’en sommes pas là ! Voir », il ne s’agit pas du verbe voir mais évidemment de l’adverbe voire (signifiant « et même »). Au cas où la question figurerait dans un test d’identité nationale…

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Commentaires de forum
  • azulejo 29 octobre 2009 à 20:45

    Bonjour, magnifique article et c’est exactement ce que je penses et tout cela est dégoulinant de calcul politique et au bout de haine envers l’autre et tout cela pour récuperer quelques voix aux élections régionales ! J’en rirais si cela n’en était pas à vomir tout cela. C’est vraiment un gouvernement de Pétainistes et ils n’ont qu’à chanter "sarkosy et ses sbires" Maréchal nous voilà !. azulejo.

    Notre site Web : http://npatroyesaube.canalblog.com/

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  • Très Bien 29 octobre 2009 à 20:59

    Merci pour cet éditorial.
    Le problème est que cette tactique (simpliste, malhonnête et basée sur la haine et l’intolérance) donne de bons résultats puisque le peuple français a voté UMP, vote UMP et votera UMP.

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  • Florent 29 octobre 2009 à 21:09

    Merci Denis de mettre les mots justes sur notre dégoût à tous face à cette manipulation sordide.

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  • 29 octobre 2009 à 21:29

    Tout est dit, comme d’hab’ ! Edito juste et percutant ! Je fais suivre...
    Un grand merci,
    Fernand
    Nanterre

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  • 29 octobre 2009 à 21:39

    La Marseillaise de Greame Allwright, d’accord !!! L’autre, beurk !!!

    En écho à l’édito "Douce France" de Denis Sieffert (Politis n° 1074), et à propos de notre glorieux et surtout très guerrier hymne national, je ne résiste pas au plaisir de vous envoyer en pièce jointe un petit texte que j’avais rédigé l’an dernier et que j’avais diffusé à mon réseau d’amis et de connaissances. J’avais eu le bonheur d’assister, en octobre 2008, à un concert de Greame Allwright, par chez moi en Loire-Atlantique. Dès l’entrée, on nous avait distribué les paroles de cette Marseillaise, revisitée par le chanteur, qui s’était indigné que les élèves de France et de Navarre soient dans l’obligation d’apprendre par coeur ce chant haineux et revanchard (socle commun des connaissances à l’école et au collège, 2005). Ce fut la première chanson du concert. Le reste fut à l’avenant : un moment mémorable pour le public et un triompe pour Greame, qui a su rester à son humble place de troubadour, tout en ne cédant rien de ses convictions. J’aimerai avoir cette foi en un monde meilleur et cette pêche à 82 ans.
    Boutade : et si nous allions chanter cette chanson sous les fenêtres des préfectures et des sous-préfectures lors du "grand débat sur l’identité nationale", apparu fort oppurtunément pour créer une diversion et ne plus parler des problèmes graves qui gangrènent notre "Douce France" et le monde ?

    Jean-Yves Vlahovic, St-Léger-les-Vignes (44)

    La Marseillaise, donc …

    On pourrait à la rigueur excuser la violence des mots et du sens de ce chant en se replaçant dans le contexte historique, où l’armée de la République Française se trouvait menacée par les troupes royalistes et impérialistes de l’Europe, au lendemain de la Révolution de 1789.

    Petit historique : Dans le salon du baron de Dietrich, maire de la ville de Strasbourg, le jeune officier Rouget de Lisle présente son chant patriotique. D’abord baptisé « Chant de guerre pour l’Armée du Rhin », il est ensuite repris par les Fédérés marseillais à leur entrée dans Paris en juillet 1792 et renommé « Marseillaise » par les Parisiens.
    Il sera décrété chant national en 1795 par la Convention et deviendra hymne national en 1879, lors de la IIIème République.

    Cet hymne guerrier, hélas, est toujours le nôtre, en souvenir d’une Révolution que le monde entier nous envie (nous dit-on), et qu’on nous a proprement confisquée. La bourgeoisie a remplacé la noblesse, mais le peuple s’est fait avoir, une fois de plus.

    Rêvons un peu :
    - On pourrait choisir d’autres chants, tel « Le temps des cerises » de Jean-Baptiste Clément, en hommage au Fédérés de la Commune de Paris en 1871, qui s’est terminée par la répression sanglante du peuple parisien, grâce aux troupes de Thiers, au service de la classe dominante et possédante. Mais là, attention danger ! trop rebelle, trop arrogant pour nos dirigeants et notre bonne vieille conscience populaire ?

    - Greame Allwright lui, propose simplement de garder la mélodie de la Marseillaise, mais en changeant complètement les paroles. Je ne résiste pas au plaisir de les écrire :

    1er couplet : Pour tous les enfants de la terre
    Chantons amour et liberté.
    Contre toutes les haines et les guerres
    L’étendard d’espoir est levé,
    L’étendard de justice et de paix.
    Rassemblons nos forces, notre courage,
    Pour vaincre la misère et la peur.
    Que règnent au fond de nos cœurs
    L’amitié, la joie et le partage.

    Refrain : La flamme qui nous éclaire
    Traverse les frontières.
    Partons, partons,
    Amis, solidaires,
    Marchons vers la lumière.

    Greame Allwright, Sylvie Dien

    Vous trouverez ce texte, un argumentaire, des explications, des news du chanteur et des liens sur le site : www.mga.asso.fr . Si cela peut faire évoluer un peu les choses dans le bon sens, tant mieux, … Allons courage, continuons à batailler, mais pacifiquement !

    Jean-Yves Vlahovic

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  • politic72 31 octobre 2009 à 15:59

    En réaction à votre Edito, plus ça va, plus je les (droite et gauche) envoie dos à dos.
    La droite tout d’abord en sortant l’identité nationale avant les élections régionales (même si c’est dans le programme d’élection de sarko et donc pas nouveau et si la politique quelque soit son bord s’est toujours pratiquée comme cela)
    La gauche enfin (et je dirais presque surtout malgré le fait que je partage une bonne partie de ses convictions) en tirant sur tout ce qui bouge (Mittérand, le fils sarko, etc...) sans avoir une seule proposition à faire. Et je dirais aussi que ce ne peut-être actuellement que sa seule stratégie pour ne pas montrer qu’elle est profondément divisée et sans projets pour aller défendre ses 20 régions aux futures élections. Quand on voit que le PS est à deux doigts d’être mangé de tous cotés (Par les Verts, par le NPA, par Bayrou, par la droite qui elle est unie, et........par lui-même avec ses divisions internes et malgré une unité "hypocrythe" de façade)

    Pour le coup, je n’entre volontairement pas dans ce débat stérile et vivement un programme à Gauche.

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  • Jocy 2 novembre 2009 à 19:57

    Merci tout simplement d’exister ! Et aujourd’hui merci, pour cet éclairage sur cette nouvelle invention de notre "cher gouvernement"..... peut-être pourrions-nous proposer un autre débat "qu’est-ce que "être terrien" aujourd’hui ?", la globalisation, les marchés internationaux, etc...,tout cela vient bien de chez eux !!! puis maintenant qu’ils en ont plein la bouche,.... l’Écologie, la The Planète" ??? Voyons de plus haut... !!!.Comment leur suggérer ????

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  • 3 novembre 2009 à 09:48

    L’affirmation de nature idéologique, qui est l’affirmation (déguisée) de soi, est notre pire ennemi. L’identité, la permanence même, n’a rien à voir avec le sentiment de continuité que tresse la collection des mémoires. La crise de l’Occident moderne c’est son empêtrement dans l’obnubilation objectiviste, s’acharnant à se situer, à occuper un volume donné, à s’identifier dans une restriction, à se réduire, à s’aveugler, autrement dit son ignorance d’être impliqué dans un scénario complètement irréel. Oui, il nous appartient de nous posez individuellement les questions essentielles : Qui suis-je ? Qu’est-ce qu’être sur Terre ? Ici, maintenant...Elles sont de celles qui ont généré la révolution de la fin des années 60, qui aurait pu être l’occasion d’une synergie entre "l’homme de pouvoir" et l’ "homme de connaissance" mais cette intelligence qui n’a rien d’une utopie, mais qui procède de la réalité concrète de l’Esprit, a été refoulée, et même encore récemment condamnée.
    Lorsque l’on s’éveille le matin, la nationalité n’existe pas. Les idéologies qui se manifestent en propagandes ne font que s’exposer dans l’imposture.

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  • Gorghorbey 3 novembre 2009 à 16:09

    Merci Denis de cet article qui reprend exactement ce que je pense de ce débat sur l’identité nationale.
    Effectivement, on peut sentir le relent de racisme envers ceux qui pourraient être accusés de tous les maux de notre société, afin de mieux cacher l’incompétence du gouvernement de l’Elysée à agir dans l’intérêt général de la Nation.

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  • Nina 3 novembre 2009 à 17:40

    Merci pour cet éditorial, véritable bouffée d’oxygène dans une société où l’ostracisme devient le mot d’ordre, où la gauche est totalement inexistante malgré le boulevard qui est lui offert.Je pense qu’il faut inlassablement continuer à dire les choses, secouer les consciences avec opiniatreté pour espérer un jour !!! faire bouger et réfléchir

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  • Roland 4 novembre 2009 à 07:52

    On peut voir la prestation de Graeme Allwright ici :
    http://www.youtube.com/watch?v=OPMWD29OyVg

    Sinon, on parlant d’élection, Michel Büler chantait ceci dans La plus belle fille du Zaïre
    (texte:www .mp3lyrics.org/m/michel-buhler/la-plus-belle-fille)

    J’ai trimé cinq ans sans danser sans sortir
    Cinq ans j’ai frotté des bidons
    Voler les Français être une sorte de vampire
    Ça j’en avais pas l’impression
    Lorsque tout à coup je crois me souvenir
    Qu’il va y avoir des élections.
    En démocratie ce mot-là ça veut dire
    Qu’il faut faire plaisir aux gros cons
    Qu’aiment pas les étrangers, ça non.

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  • didier 4 novembre 2009 à 10:41

    Bravo, tout est dit.

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  • Jocy 4 novembre 2009 à 12:15

    ... comment peut-on faire, pour amner "l’individu" à se poser les bonnes questions ??? a-t-on quelque chose "à faire" ??? est-ce encore mon ego qui parle ???? ou bien doit-on attendre que cela se fasse tout seul ????

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  • Roselyne 4 novembre 2009 à 16:20

    Bonjour,
    Merci pour votre article. Mon mari et moi avons apporté notre contribution au débat sur l’identité nationale. Voici notre texte :
    La France d’aujourd’hui est l’héritière des nombreux peuples de traditions et de langues différentes, peuples progressivement unifiés, qui ont engendré le peuple français. La France du 21ème siècle partage avec eux une histoire et un passé commun.
    Qu’est-ce qu’être français ?
    Ont été français, au-delà de tous critères ethniques, religieux, de sol ou de classe, tous ceux qui ont servi la France. Lors des deux guerres mondiales, des milliers "d’indigènes", issus des colonies (tirailleurs sénégalais, harkis) et dont les "ancêtres n’étaient pas gaulois" ont offert leur vie et versé leur sang pour notre liberté. Sous l’occupation nazie, des français de "souche" ou pas ont refusé la propagande de Vichy. Ils ont au péril de leur vie apporté aide et protection à ceux qui étaient persécutés et sauvé ainsi l’honneur de la France.
    Etre français, c’est servir son pays et privilégier l’intérêt général. Un exilé fiscal est-il, même si la loi l’y autorise, un patriote ? Des patrons voyous qui délocalisent les entreprises à la recherche d’une main d’oeuvre servile et peu coûteuse sont-ils des "bons" français ? Les multinationales françaises (Areva, Bolloré, Peugeot, Total ...) qui exploitent sans vergogne les ressources des pays du Sud et maintiennent dans la misère la plus sordide des peuples entiers donnent-elles une image de la France respectueuse des droits de l’homme ?
    Etre français, c’est adhérer aux valeurs de solidarité, de fraternité et d’égalité. C’est oeuvrer pour bâtir un monde de partage et de justice, respectueux de tous ceux qui le composent.
    A tous ceux qui fuyaient les persécutions, les guerres ou la misère, la France, terre d’accueil, a offert asile et protection. Avant les charters "de la honte", la France n’a-t-elle pas accueilli les familles de Sarkozy, Devedjian, Balkany et bien d’autres ? Que fuyaient-ils ?
    Ce débat national n’est pas un "grand" débat. Il nous renvoie aux pires heures de notre histoire en désignant encore et toujours, "l’autre", "l’étranger" comme seul responsable du chômage, de la précarité et des injustices. Le drapeau tricolore et la Marseillaise n’ont de sens qu’à travers les "valeurs de Lumière" qu’ils sont censés représenter, valeurs bien mises à mal par ce gouvernement.

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