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Par Denis Sieffert - 25 septembre 2008

La fable de la crise finale

L’évocation de la grande crise de 1929 sème toujours l’effroi, tant dans les milieux financiers que dans l’opinion. Elle avait précipité des millions de femmes et d’hommes dans la misère, et favorisé indirectement l’avènement du fascisme en Europe. On ne peut donc guère imaginer calamité plus épouvantable. Et cependant la tourmente n’a pas emporté le système. Elle n’a même pas eu raison de l’idéologie qui le soutenait. Sans jouer les grands clercs, nous savons déjà que la crise actuelle – quels que soient ses prolongements – n’achèvera pas davantage le système capitaliste, ni même sa variante néolibérale. Il n’y a pas de dépassement mécanique du capitalisme, tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’erreurs qu’il faudrait corriger mais d’intérêts qui ne disparaissent pas avec les crises. Comme en 1929, ce sont donc les petites gens qui cette fois encore vont payer. Ce sont ceux qui sont les plus éloignés du monde de la finance, ceux qui ignorent tout des techniques spéculatives, ou qui, tout au plus, ont eu la naïveté d’acheter à crédit sans en avoir les moyens, ce sont ces citoyens à qui on va demander d’assurer la pérennité du système. La grande différence avec 1929, c’est que cette fois la catastrophe ne sera pas subie comme la conséquence du chaos ; elle sera anticipée et organisée. C’est ainsi que le président idéologiquement le plus hostile à l’intervention de l’État n’a pas hésité, jeudi, à prendre les mesures les plus antilibérales qui soient.

Deux jours après avoir décidé de nationaliser le géant des assurances AIG, promis sans cela à une faillite certaine, George W. Bush a annoncé le rachat par l’État fédéral de toutes les créances pourries. Ce gigantesque mistigri dont les financiers redoutent d’hériter au gré de transactions devenues par trop incertaines. En annonçant à la nation qu’il allait créer un organisme chargé de racheter les « actions toxiques », il a usé d’un argument stupéfiant : « Il s’agit, a-t-il dit, de protéger votre argent. » Dans le langage cru dont on use généralement de ce côté-là de l’Atlantique, le président américain n’a pas esquivé la vérité : « Nous allons engager une masse considérable de dollars du contribuable. » Entre parenthèses, si l’on doit trouver une vertu à ce discours, c’est aussi sa brutale franchise. Chez nous, jamais nos politiques n’auraient tenu ce langage de vérité. D’ailleurs, on nous raconte cette fois encore que la crise sera pour nous indolore (lire à cet égard la démonstration du contraire par Dominique Plihon). Mais laissons là cet hommage tout relatif à la tradition politique américaine. Car, sur le fond, les chiffres sont effrayants. On parle de mille milliards de dollars à la charge du contribuable pour réparer les frasques d’un système financier sans scrupules. Et de managers qui, eux, sortent de la crise indemnes, voir enrichis par de confortables « golden parachutes ». Ce sont donc les victimes de l’ultralibéralisme, celles qui paient déjà au quotidien la doctrine de l’effacement de l’État, par la destruction du système de santé, par les conséquences sociales des déréglementations et des privatisations, qui sont convoquées pour renflouer les banques.

Deux autres arguments iront droit au cœur du citoyen américain. Le secrétaire d’État au Trésor, Henry Paulson, a fait observer que cette saignée est moins préjudiciable pour le contribuable que ne l’aurait été l’effondrement de tout le système financier. Façon d’avouer que ce sont toujours les mêmes qui paient. Enfin, des commentateurs bien intentionnés ont noté que ces « mille milliards » de dollars ne représentaient jamais que huit années de guerre en Irak. On ne sait s’il s’agit, dans leur esprit, de critiquer la guerre ou au contraire de minimiser la ponction opérée par l’État sur les ménages américains. Quoi qu’il en soit, tous ces discours relèvent de la même vision du monde. Une vision qui ne peut pas se projeter hors d’un système perçu comme aussi immuable que la succession des jours et des nuits.

Ce qui nous ramène à notre point de départ. Un capitalisme qui se régénère sur le dos des peuples n’a guère de limites. La crise finale est une fable. Et, sans même parler ici de la chute du capitalisme (vaste sujet !), même le néolibéralisme a la vie dure. Il ne meurt ni de honte ni de la répétition de ses échecs. Il s’accommode parfaitement des interventions étatistes qui résolvent artificiellement ses crises sur le dos des gens. Seule la politique peut proposer d’autres solutions. Ce qui nous renvoie à des sujets qui nous sont familiers. Mais où est donc l’autre projet de société crédible ? Quelle force politique est susceptible de le faire entendre ? À part quelques aimables remarques sur la nécessité d’une « plus grande régulation », le silence de la gauche est assourdissant. Même cette critique destinée à banaliser le caractère systémique de la crise, c’est Nicolas Sarkozy qui l’a formulée. C’était mardi, à la tribune des Nations unies. Preuve par l’absurde que le discours de la gauche doit aller beaucoup plus loin. Et ouvrir de véritables alternatives.

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Commentaires de forum
  • renard 25 septembre 2008 à 12:24

    Les quelques tentatives de régulation qui vont se faire jour, risquent de vite se heurter au problème caché de l’envahissement de toute la sphère financière par l’argent sale qui parasite l’ensemble du système.

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  • Alcofribas 25 septembre 2008 à 12:28

    Argent sale ? C’est quoi, l’argent propre ?

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  • Claude Animo 25 septembre 2008 à 12:44

    La crise finale est bien sûr une fable.
    Il fallait entendre Alain Minc il y a deux jours encore sur France Inter : morgue, assurance, cynisme et mauvaise foi tous convoqués pour nous dire que nous allions trinquer et que nous n’avions pas le choix.
    Et il a raison.
    La psychologie de notre peuple est durement et durablement entamée : nous sommes soumis au plus profond de nous même au règne du marché.
    Seul un cataclysme d’une toute autre ampleur que celui que nous « vivons » aujourd’hui sera à même de briser cet ordre des choses.

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  • Monsieur HR 25 septembre 2008 à 12:53

    Votre position a l’inconvénient de fournir une justification à l’apathie de la gauche de gouvernement qui a adopté une visio aplolitique de l’économie.
    LA crise actuelle n’est peut être pas la crise finale mais c’est une crise grave qui montre bien les contradictions du système.
    Des enjeux existent autour des conditins que vont poser les Etats autour de la recomposition bancaire : partage de revenus, services publics, environnement (voir différents articles publiés par la revue Savoir Agir n°4)...
    Mettre ces enjeux en avant c’est déja faire pression sur nos politiques assoupis. Notons que même le congrès américain a engagé une lutte politique à l’occasion de le discussion du "plan de sauvetage proposé par la Fed et le gouvernement.
    Il faut relever la tête. Le ferez vous ?

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  • 25 septembre 2008 à 16:19

    Ce qui n’a pas été évoqué est la possibilité de sauvetage de l’économie réelle par une fraction minime de ces 700 milliards. C’est quand même bizarre que personne ne songe que l’état pourrait créer des organismes pour remplacer les anciens mécanismes de financement durant la période transitoire de liquidation du système actuel. Puisque l’état est complètement dedans pourquoi ne pas y aller à fond et gérer provisoirement le système ? Si on ne se pose pas ce genre de questions c’est que nous sommes idéologiquement convaincus que le système financier actuel est essentiel à l’économie.
    Donc quand Bush dis que le sauvetage du système est dans l’intérêt des citoyens il n’a nul besoin de le démontrer ou d’argumenter sur d’autres possibilités.

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  • Vous évoquez à juste titre les contradictions du système. Elles sont on ne peut plus criantes. Mais aujourd’hui ces contradictions sont métabolisées par le système lui-même. Elles sont « droit de l’homme-isées » : tout est réduit à une question de morale. La responsabilité de la démocratie représentative dans l’anomie qui caractérise notre société est flagrante. Les raisons de ce marasme sont d’ordre psychologique : les classes moyennes sont majoritairement aliénées. Elles n’arrivent pas à identifier les causes de ces désordres qui s’appellent barbaries (invasion de l’Irak, ministère de l’identité nationale, chasse aux sans papiers, Afghanistan, Palestine...) qui s’appellent avidités (parachute doré, tribunaux arbitraux, junk bond, placement financiers à risques, crédits hypothécaires rechargeables s’il vous plait...) qui s’appellent sauve qui peut la vie (désordre climatique, hommes sacrifiés mais c’est des castors dont on se soucie...). N’arrivant plus à nommer elle en sont réduites à subir. Je crois que seule la catastrophe aura des vertus pédagogiques. Que nous serons d’ailleurs tellement éreintés quand elle arrivera que nos enfants seulement sauront en « tirer parti ». Un remake du plus jamais ça en quelque sorte.

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  • R.L. 25 septembre 2008 à 17:45

    On ne peut qu’être d’accord avec vous hélas !
    Quand le psychopathe inculte de l’Élysée demandait à ce que les responsables soient sanctionnés, j’ai d’abord enragé de son hypocrisie.
    Car en fait, s’il ne faut rien attendre d’un financier qui tuerait père et mère, qu’en est-il de la responsabilité des politiques, membres de l’exécutif et du législatif, chefs d’État, ministres et autres parlementaires, dont le rôle est de proposer et de voter les lois (absentes, mal conçues, ou hypocritement non appliquées...) ?
    Qu’en est-il de tous les organes publiques et privées (Banques centrales, institutions de contrôles...), des agences de notations et de garanties, des économistes, journalistes et autres observateurs, des commissaires aux comptes, des conseils de surveillance et d’administration... ?

    TOUS, ils sont tous coupables d’en croquer, directement ou indirectement, ne serait-ce que par leur silence sur l’évolution criminelle de la finance depuis longtemps.

    Et puis, je me suis dit : qu’on fait les forces de gauche ? Et au premier chef, bien entendu, le PS, cet absent depuis trop longtemps de la vie politique et sociale dans ce pays ?
    Il nous a une nouvelle fois de plus trahi !
    Je dis une nouvelle fois car, tant à partir de sa lâcheté de 1983 que par sa passivité européenne criminelle lorsque le rose dominait presque dans toute les capitales, le plus puissant parti d’Europe d’alors n’a rien fait pour unir les forces progressistes du continent et tenter de rendre impossible ce qu’on vit aujourd’hui... en attendant pire.

    Oui, puisqu’il n’y a jamais rien à attendre des capitalistes et des libéraux, les premiers responsables sont d’abord les sempiternels élus bobos en poste à Solférino depuis 25 ans, ces parasites-traîtres à la cause progressiste, tous à adorer leur maître de l’Élysée comme le font les élus de droite aujourd’hui, de façon ineffable.

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  • Ninon 25 septembre 2008 à 21:13

    L’argent propre ça existe, c’est l’argent des citoyens qui travaillent et qui reçoivent une rémunération pour subvenir à leurs besoins ; c’est l’argent qui sert aux échanges entre ces mêmes citoyens, travailleurs,commerçants, services, pour assurer la vie de tous les jours ; c’est le commerce (équitable et sans excès) qui permet de négocier des échanges apaisés exempts de rapport de force. C’est peut-être de moins en moins d’actualité, mais ça existe encore, et il faut le préserver. L’argent peut se substituer à la violence des échanges par la force.

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  • Le Yéti 26 septembre 2008 à 08:15

    Cher Denis Sieffert,

    Je pense que cette fois, votre analyse est un peu courte.

    Il y a quelques jours, David Rosenberg, économiste en chef pour l’Amérique du Nord de la banque US Merrill Lynch, déclarait à propos de la crise actuelle : « Le capitalisme prend un congé sabbatique. » Vous abondez dans le sens de ceux qui arguent que de toute façon celui-là renaît toujours de ses cendres, toujours plus impudent, plus désespérant. Oui, mais le dernier "congé sabbatique" du capitalisme a duré une bonne quinzaine d’années, de 1929 à 1945, avec à la clé la tragédie atroce d’une guerre mondiale.

    Mais aussi avec les plus formidables avancées sociales que notre histoire ait jamais connues : le Front populaire de 1936, les ordonnances du Conseil national de la Résistance en 1945.

    Vous négligez, je pense dans votre article, le fait que le capitalisme, qui n’est que la concrétisation économique et financière de cette sinistre course à la dominance trop caractéristique des sociétés humaines impérialistes, connaît de longues ruptures de cycles dans son développement. Et que c’est toujours durant ces longues périodes de faiblesses que les forces sociales peuvent faire valoir leurs mesures sociales.

    Et il a bien fallu plus de cinquante ans au capitalisme d’après-guerre pour défaire celles citées plus haut.

    Enfin vous oubliez, je crois, que bien d’autres forteresses, bien d’autres civilisations, présentées alors comme inéluctables ont fini par mordre la poussière du temps.

    Voir en ligne : http://www.yetiblog.org

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  • manon 26 septembre 2008 à 09:03

    Une suggestion
    Demander à un certain nombre d’économistes (gauche ou autres) quelles sont les ( 5 à 10 ?) mesures prioritaires de régulation financière au niveau français, de l’UE et du monde. Et là vous doublez au moins votre tirage.

    Personnellement le meilleur site où j’ai appris le plus de choses est
    contreinfo.info http://www.contreinfo.info/article....

    Consultez les nombreux articles
    Cordialement

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  • louzbek 26 septembre 2008 à 11:15

    Je ne peux m’empêcher de voir en cette crise financière le dernier acte d’un ignoble scénario, visant à consacrer le règne d’une logique d’appareil d’état sécuritaire mondialisé, au dépend des institutions civiles.

    Après l’imposture du 11 septembre 2001 et son lot de privations de droits et libertés civiles, victimes collatérales de l’option choisie de démocratisation du monde par les armes et d’une soit-disant lutte contre un terrorisme religieux fabriqué, voilà qu’implose sous nos yeux les piliers du système monétaire international, menaçant le bien être de milliards de personnes, non pas celui des plus riches, mais bien celui des plus pauvres parmi les pauvres.

    Et plutôt que de demander des comptes aux responsables politiques mais aussi économiques, nous voilà rendus à écouter religieusement les décisions de King Henry Paulson, ex CEO de Goldman & Sachs (dont le salaire en 2006 s’y élevait accessoirement à $163,987,000, et dont la fortune personnelle est estimé à plus de 700 millions de dollars), devenu par la magie d’une nomination Secrétaire US au Tresor et sauveur de l’humanité, nous dicter son plan pour nous sortir de ce foutoir.

    Nous confions la gestion de ce cataclysme financier aux personnes que l’on devrait traduire en justice pour demander des comptes, et nul n’y trouve à redire.

    Pire, ces même responsables en profitent pour imposer dans l’urgence des textes liberticides, qui hypothèquent très fortement notre avenir et celui de nos enfants, sans provoquer pour autant un semblant de contestation sociale, tétanisés que nous sommes par la peur.
    Peur que cette arme de destruction massive que représente la dette et ses variantes dérivées, ne vienne percuter les tours du système monétaire international, provoquant l’effondrement du système économique tout entier, et nous plongeant dans un chaos sans nom.

    Reste à savoir si le but inavoué de la manœuvre n’était pas justement de provoquer le chaos économique afin de finir d’instaurer officiellement par les armes un nouvel ordre fascisant dirigé par le lobby de la guerre.

    Si tel était le cas, la mission n’est pas loin d’être accomplie.

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  • Spiritoff 26 septembre 2008 à 17:50

    Il faudrait faire payer les responsables de cette situation, à savoir nos guignols de droite au gouvernement, l’IUMM, le MEDEF et leurs multiples acolytes patronaux ! ALLEZ HOP TOUS EN CAMPS DE TRAVAIL !! sans rire
    Pour ces patrons véreux, de même pour les crapules de droite, à haute responsabilité, les assujétir à hauteur de 80 % de leur patrimoine. Dès lors, plus de problèmes de soit disant "dette puiblique" et autre faillite de l’Etat de "trou de la sécu".... de bouclier fiscal... etc etc etc. S’ils ne comprennent toujours pas, ce dont je doute, dès qu’on les touche au porte-feuille, ces gens frémissent.... de peur.... il s’agira d’aller plus loin, bcp plus loin !

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  • jompi 29 septembre 2008 à 09:24

    Dans le numéro dominical du 21 septembre 2008 du quotidien italien Il Manifesto, un éditorial reprenait le thème des interventions de la FED et du gouvernement américain en sauvetage de deux institutions de crédit immobilier et d’une compagnie d’assurances

    La thèse m’a paru paramoiaque et complotiste : les spéculateurs (hier sur la new economy, aujourd’hui sur le crédit immovilier à risque, demain sur le pétrole ou plutòt sur les matières premières essentielles ?) peuvent prendre des risques et en retirer d’énomes profits, parce qu’ils savent que la tritrisation et l’extension dans les produits dérivés obligeront en cas de problème les autorités des banques centrales et gouvernementales à leur venir en aide par le rachat de titres à risques voire la nationalisation en raison de la crainte de risque systémique, bref les spéculateurs au prix de quelques risques pour eux-mèmes, peuvnt compter sur la mise à contribution des contribuables pour non seulement socialiser les pertes après privatisation des profits mais encore le faire à leur profit en se faisnt racheter actions ou entreprises en diffculté

    "Un programme d’immobilier social" aurait coùté moins cher et été plus efficiace que soutenir des instituts financiers pour éviter la totale insolvabilité de familles pauvres en vendant leurs maisons hypothéquées", un interventionnisme d’Etat si, comme disent tous avec horreur ou soulagement, mais un interventionnisme clientélaire en faveur d’une finance spéculatrice c’est-à-dire surtout de groupes sociaux moyens-supérieurs.

    Je ne sais si cet interventionnisme de la FED et de l’administration Bush et le mode de sortie de crise préparent les conditions pour une nouvelle bulle spéculative dans quelques années, mais l’article du Manifesto a au moins le mérite de mettre l’accent sur les caractéristiques de l’Etat aujourd’hui à travers les modalités de son intervention : plus ou moins redistributeur à l’époque fordiste et en gros représentant de l’intérèt collectif, tandis qu’aujourd’hui l’Etat et les autorités publiques auraient en charge la régulation conjounturelle des excès du capitalisme financier, mais avec pour objectif le maintien d’un ordre économique et social de plus en plus inégalitaire ? Non pas moins d’Etat suivant le slogan des années 1980, mais plus d’Etat au service des lobbies financiers dominants (fonds de pension, couches aisées détentrices de paquets actionnariaux...)

    Au dela du manichéisme public/privé avec ses variantes néo-libérale ou sociale-démocrate, un programme de recherche au parfum certes un peu paléo-marxiste, mais peut-ètre d’actualité pour mieux comprendre et agir sur l’économie et la société modernes ?

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  • OB 29 septembre 2008 à 16:46

    En effet, sont des piéges la focalisation sur le couple de redistribution contribuable-"systéme financier" et l’opposition faite par Sarkozy entre une sphére financiére atteinte de folie et les "vrais entrepreneurs, dynamiques , créateurs d’emploi", qui font qu’ils faut aimer le "vrai" capitalisme. La nature des marchés financiers fait que les crises qui les affectent sont plus spectaculaires, car plus soudaines dans leurs effets et plus facilement chiffrables en $ ou euros. Mais, la crise financiére risque de masquer, comme l’encre d’une seiche en fuite en avant, l’ampleur de la crise sociale qu’a provoquée la libéralisation des echanges internationaux en minant les systémes sociaux nationaux sans que rien ne soit mis à la place, ainsi que celle de la crise environnementale, énergétique notamment. La remise en ordre du systéme financier, par l’argent du contribuable et un plus de régulation, pour nécessaire qu’elle soit, va redonner une marge au capitalisme pour repousser les échéances réelles qui s’imposent au niveau social (y compris et surtout flux migratoires mondiaux) et environnemental. Le monde a tout autant, sinon plus besoin, de plus de régulation sociale et environnementale que de plus de régulation financière. Le "New deal" porté par Roosevelt aprés 1929 n’a pas principalement consisté en une meilleure régulation des marchés financiers (et encore moins en un sauvetage des banques en faillite), mais dans la mise en place de politiques économiques et sociales actives.Une bonne gouvernance imposerait que le sauvetage indispensable du systéme financier s’accompagne d’une mise à plat de l’ensemble de la politique économique,sociale et environnementale, et non pas de celle du seul secteur financier : du moins, si l’on veut éviter que les tensiosn sociales et environnmentales au niveau mondial ne dégénérent au cours des prochaines années en violences chaotiques et meurtriéres qui nous affecteront jusqu’au portes de... l’Elysée.

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  • Cheyene007 29 septembre 2008 à 18:27

    Oui, je crois aussi qu’un cataclysme d’une toute autre nature viendra à bout de ce système financier corrompu jusqu’à la moelle ! Ca ne devrait plus tarder maintenant.
    Comment se fait il que le peuple ne se rebelle pas ?
    Autrement dit, les petits contribuables vont devoir trinquer pour tous ces ripoux qui eux, ne seront pas inquiétés et qui continueront tranquillement leurs magouilles une fois la situation redressée, j’espère bien que non !
    Quitte à devoir aller à la soupe populaire, planter mes poireaux voir piller les grandes surfaces.

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  • OB 29 septembre 2008 à 19:52

    Il n’y a aucune théorie complotiste derriere la thése du Manifesto. Il s’agit d’un phénomène de marché découlant de comportements strictement individuels des banques compte tenu des attentes qu’elles ont, et maintenant vérifiées, quant au comportement des autorités de sauveguarde. Le phénomène est largement analysé par la théorie économique néo-libérale (mais pas seulement ). Les banques et autres institutions financières prennent, chacune pour soi, plus de risques sur des créances plus ou moins douteuses si elles sont persuadées qu’elles auront toujours la possibilité de se refinancer auprés de la Banque Centrale en cas d’asséchement du marché inter-bancaire ou de perte de crédibilité. Aucune concertation nécessaire, juste l’idée que l’on sera toujours sauvé par la Banque Centrale car sa propre faillite causerait des dommages irréparables au systeme financier dans son ensemble.

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  • Mr_Quiconque 1er octobre 2008 à 17:48

    Vous parlez d’argent sale ou d’argent propre, mais savez-vous ce qu’est l’argent et comment il est crée ?

    Vous avez bien une idée la dessus comme tout un chacun, mais correspond-elle à la réalité ?
    Consultez le 1er lien.

    La création monétaire nous appartient (vidéos, textes, actions). http://www.bankster.tv/

    Spéculation et crises : ça suffit ! (pétition, ressources) http://www.stop-finance.org/

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  • Etienne 11 octobre 2008 à 17:10

    Vous avez raison de souligner le scandale de la privatisation des bénéfices et de la socialisation des pertes liés à l’effondrement de la bulle spéculative. Il n’y a malheureusement pas d’autre possibilité à moins d’envisager un effondrement généralisé des systêmes bancaires mondiaux.
    Le plan Paulson est à ce titre l’exacte réplique de la caisse de défaisance destinée à nationaliser les créances pourries de l’ex Crédit Lyonnais en France il y a quelques années, à ceci près que l’ordre de grandeur n’est plus le même...
    Cependant, il ne faut pas prendre l’annonce de Bush au pied de la lettre : si à terme toute dépense publique supplémentaire implique un accroissement du besoin de financement de l’Etat, et donc un accroissement des recettes fiscales, il est évident qu’une hausse du taux de prélèvement aux Etat-Unis est absolument inenvisageable à court terme.
    La raison à cela est simple : la crise immobilière et financière massive va se traduire par une contraction du PIB des Etats-Unis, et donc de l’assiette fiscale, c’est-à-dire du revenu disponible des ménages, dont une partie est déjà rendue insolvable par l’effondrement de la bulle immobilière.
    L’effet immédiat de la crise sera donc un creusement massif du déficit des administrations publiques états-uniennes, ce que le président Bush ne peut dire publiquement, compte tenu de l’orthodoxie budgétaire quasi-religieuse défendue depuis quinze ans par le bloc républicain.
    En ce sens, la leçon de la crise de 1929 a été retenue, l’analyse keynésienne est passée par là, y compris chez ceux qui se réclament de la révolution conservatrice. Il s’agit bien d’éviter que la crise n’emporte le systême, et le déficit public devrait jouer ici son rôle stabilisateur, et, à moins de souhaiter la mise au chômage de plusieurs dizaines de millions de personnes, c’est une bonne chose.
    En outre, dire que la crise de 1929 n’a pas emporté le capitalisme ni mis fin à l’idéologie qui le sous-tend relève de l’amnésie historique : à partir du plan Roosevelt jusqu’aux trente années qui suivirent la deuxième guerre, l’Occident a connu une très longue période de capitalisme extrêmement régulé, à défaut d’être complètement administré.
    La question qui se pose n’est donc pas de déplorer l’immuabilité d’un capitalisme qui renaîtrait perpétuellement de ses cendres sur le dos des peuples, mais à quelles révisions intellectuelles et politiques vont conduire la prise en compte des contradictions du capitalisme dérérglementé en vigueur depuis les années 1980. Il est fort probable que la crise des économies occidentales à venir, et particulièrement de celles qui ont suivi le modèle de croissance américain fondé sur l’endettement privé des ménages, dans un contexte de basse pression salariale (la Grande Bretagne et l’Espagne en Europe) produisent des effets tangibles sur les politiques publiques dans ces pays, à condition que les partis de gauche fassent leur travail...

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  • 11 octobre 2008 à 17:19

    Cette crise dite des subprimes n’est qu’une illusion , la vérité est lié aux fluctuations du marché pétrolier qui alimente toute l’économie mondiale , voir le capitalisme lui-même ... Nous approchons de la fin de cet air , les réserves sont bientôt à sec et c’est tout le systême monétaire lui-même qui va devoir changer , donc toute l’humanité ... Nous allons devoir franchir un couloir obscure, qui sera long et difficile ... Cette crise était annoncé il y a déja 4 ans par différentes personnes issu du marché pétrolier .. Comprenez bien que le pétrole n’est pas la que pour faire fonctionner vos voitures et chauffer vos maisons .. LA quasi totalité des produits du quotidiens sont issu des molécules de pétrole , la producton alimentaire marche grace au pétrole , depuis sa découverte fin 19e siécle , la population mondiale s’est multiplié par 6 gràce aux confort de vie que cela nous offert. Les plus optmistes disent qu’il nous reste 30 ans de réserve , les plus pessimistes 10 ans ... Une chose est certaine nous sommes au cépuscule d’un air révolu ou le pétrole dictait le destin de l’humanité ...

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