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Par Christine Tréguier - 3 octobre 2012

Libère et sème les graines !

Vandana Shiva, grande prêtresse de l’alliance globale pour la liberté des semences, lance une quinzaine d’actions « Agissons pour la liberté des graines » du 2 octobre, anniversaire de Gandhi, au 16 octobre, journée mondiale de l’alimentation. Cette passionaria a été la première à constituer une banque de semences en Inde. Pas celles brevetées, commercialisées et stérilisées par les multinationales de l’agroalimentaire, mais les semences d’origine, celles que la nature offre gratuitement et qui doivent rester gratuites pour nourrir et réjouir les humains. «  Nous devons agir ensemble afin d’organiser un mouvement abolitionniste contre ce nouveau type d’esclavagisme  », explique cette femme radicale. Parce que Gandhi a dit en 1901 : «  Aussi longtemps que la croyance qu’il faut obéir aux lois injustes existe, aussi longtemps l’esclavage va exister.  » Parce que «  les brevets du vivant violent des lois supérieures  », et nous devons leur désobéir. Dit autrement, le droit à semer librement est un droit de l’homme (comme le droit à l’accès à l’eau ou à un toit) et les semences sont un bien commun de l’humanité. Ou, en paraphrasant les hackers des années 1980, «  les graines veulent être libres  ».

Ce message fait écho à celui défendu par Kokopelli, qui vient malheureusement de perdre le procès en concurrence illégale intenté par le grainetier Baumaux. L’appel interjeté devant la Cour européenne de justice se termine en faveur de Baumaux. La cour a en effet estimé que les graines anciennes (de Kokopelli) seraient incompatibles avec «  une productivité agricole accrue  » (sic !) et avec les directives adoptées afin d’éviter «  la mise en terre de semences potentiellement nuisibles  » (re-sic !).

Comment agir pour cette semaine de libération des graines ? «  En conservant et en échangeant des semences, surtout si celles-ci ont été brevetées  », explique Vandana Shiva, pour empêcher les géants des multinationales – qui contrôlent déjà 75 % de l’échange mondial des semences – de tout s’approprier. En réclamant la propriété des variétés locales ou anciennes, la liberté de les échanger et de les faire pousser « sur nos balcons, dans nos jardins, dans chaque école… Partout.  »

Question actions, en France, il y en a qui ne chôment pas. Paule Kingleur, artiste urbaine, est connue pour ses opérations Potogreen et Dadagreen, au cours desquelles elle invite les gens à accrocher des bacs (à cheval sur des grilles antistationnement, par exemple), à planter des choux, ou à déguster une bonne potée entre voisins. Hasard du calendrier, dimanche 7 octobre, elle participera à la Greenpride avec des tricyclegreens et autres équipages fleuris qui vont défiler de 14 h 30 à 17 h 30 dans le Xe arrondissement de Paris. Et il y aura du monde ! Ce défilé écoconçu et déguisé sur le thème « Animaux, végétaux, superhéros » rassemble une palanquée d’assos, parmi lesquelles Greenpeace, GoodPlanet, FNE, 1 % pour la Planet, etc. Et aussi Graines de troc, qui n’a pas attendu l’appel de Vandana Shiva pour échanger et partager des semences et constituer une banque de graines libres. Ou SeedBuro, qui collecte graines, photos et témoins, pour prouver qu’à une date et en un lieu donnés une plante poussait et se reproduisait librement dans l’espace public. La condition légale pour qu’une plante reste libre et échappe aux breveteurs.

« Allez donc planter des choux, à la mode Dadagreen… » Opération Dadagreen sur les grilles de la rue des Blancs-Manteaux
« Allez donc planter des choux, à la mode Dadagreen… » Opération Dadagreen sur les grilles de la rue des Blancs-Manteaux

Paule Kingleur

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