Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Birmanie : Hoquet de l’histoire

Lundi dernier, l’armée birmane a justifié son 4e coup d’État en 63 ans, affirmant « à la Trump » que son parti (PUSD), balayé lors des législatives de novembre dernier, avait été victime de fraudes massives. Accusé : le gouvernement d’Aung San Suu Kyi (« ASSK »), dont le parti NLD a raflé 82 % des sièges à la chambre des représentants. L’état d’urgence a été décrété pour un an, et l’iconique démocrate a été arrêtée. Les conséquences de ce hoquet de l’histoire sont imprévisibles. La population adule ASSK et déteste largement l’armée, qui l’a maintenue en résidence surveillée pendant quinze ans. Pourtant, la condamnation massive du coup d’État par les chancelleries (même en Chine) esquive tout soutien explicite à la « Dame de Rangoun », fortement discréditée depuis la très violente répression de la minorité rohingya.

Une victoire pour Basta !

Travail dissimulé, fraudes en quantité industrielle sur l’étiquetage de fruits et légumes, management régi par la terreur. Tels étaient certains aspects relatés dans un article d’Inès Léraud dans Basta ! sur l’entreprise agroalimentaire bretonne Chéritel Trégor Légumes. Le patron de la société, Jean Chéritel, avait décidé de répliquer, il y a un an et demi, par une plainte pour diffamation, réclamant notamment 10 000 euros de dommages et intérêts. Alors que le procès était prévu pour les derniers jours de janvier, Chéritel s’est finalement désisté devant la dix-septième chambre du tribunal de grande instance de Paris. Et pour cause : la direction n’avait pas les moyens de démentir ces pratiques !

Présidentielle : Adieu primaires, bonjour plateformes

Il faut bien l’admettre : le modèle de la primaire ouverte pour désigner le ou la candidate à l’élection présidentielle a fait long feu. Avec du recul, tou·tes sont d’accord sur le constat que, en effet, afficher publiquement ses divergences au sein d’un même parti avant même l’élection n’est pas du plus bel effet. Mais 2022, c’est demain ! Et qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il y ait une pandémie mondiale, il faut bien occuper le terrain. Pour amorcer la campagne et exposer leurs idées, les aspirant·es à la fonction suprême ont sorti de leur chapeau une nouvelle arme : les plateformes numériques. Les sympathisant·es – même confiné·es – peuvent y suivre l’actualité des candidat·es, participer à la création ou à l’enrichissement d’un programme ou même assister à des meetings en ligne. Mais – parce que sinon ce n’est pas drôle – toujours divisé·es ! À gauche, on compte pour l’instant cinq plateformes : une pour Jean-Luc Mélenchon, une autour d’Arnaud Montebourg, celle d’Anne Hidalgo, à ne pas confondre avec celle du PS, et celle de Yannick Jadot.

Traité UE-Mercosur : Macron ne dit plus non

Sous la pression de l’Union européenne, le gouvernement français envisage de lever son veto au très critiqué traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Il y met toutefois quelques conditions, listées par Mediapart : notamment « un signal clair, crédible, durable et vérifiable du Mercosur en matière de lutte contre la déforestation » et « un système de traçabilité des produits animaux et végétaux de façon à identifier leur origine et leur lien éventuel avec les zones en risque ou situation de déforestation ». Des conditions jugées « purement déclaratives et non contraignantes » par la Fondation Nicolas-Hulot et plusieurs autres ONG.

Matériel électoral : La Poste perd un monopole

Lors des prochaines élections, si vous résidez en Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts de France, Normandie et Pays de la Loire, vos documents électoraux ne seront plus distribués par La Poste. Ce marché a été attribué pour quatre ans à Adrexo, opérateur privé de la distribution d’imprimés publicitaires physiques et numériques. La Poste ne conserve que huit des quinze lots géographiques mis en concurrence. Alors que les élections mobilisaient 70 000 facteurs, la CGT s’interroge sur la capacité d’Adrexo à assurer cette mission avec « seulement 17 300 distributeurs, dont le métier n’est pas forcément la distribution adressée ». Et le syndicat se demande si l’État ne cherche pas à « discréditer la distribution dans les boîtes aux lettres pour in fine justifier le passage au tout-digital, quitte à exclure une partie de la population et fragiliser un peu plus notre démocratie ».

Algérie : 6 mois de prison pour des mèmes

Pour avoir publié sur Facebook des mèmes, images détournées de façon humoristique, sur le pouvoir algérien, Walid Kechida, militant du Hirak de 25 ans, a été condamné pour « outrage à corps constitué » et « offense au président » à six mois ferme de prison et six mois avec sursis. Ayant (déjà) passé neuf mois derrière les barreaux, il est (heureusement) sorti ce dimanche 31 janvier…

La pandémie, accélérateur technologique

Le port du masque ne protège plus de la reconnaissance faciale, apprend-on sur le site de RFI. Les acteurs de ce marché en plein essor ont mis les bouchées doubles pour revoir leurs algorithmes et contourner l’obstacle qui voile 70 % de notre visage. Avec un succès certain, selon le NIST, organisme états-unien qui note leurs performances.

Bolsonaro ne sera pas destitué

Jair Bolsonaro peut être satisfait : les candidats qu’il soutenait ont été élus à la tête des deux chambres du Congrès brésilien. On n’a rien sans rien : le Président a non seulement promis des postes de ministère aux partis de ces deux élus, mais aussi des crédits extraordinaires qui iront dans les circonscriptions qu’ils détiennent. Et c’est ainsi que Bolsonaro voit la menace de procédure de destitution s’éloigner. C’est simple, la vie…

Justice pour Vincenzo Vecchi ?

Condamné à douze ans de prison en Italie après le G8 de Gênes en 2001, Vincenzo Vecchi n’est toujours pas fixé sur son sort. Malgré les arrêts de deux cours d’appel en sa faveur, le militant altermondialiste poursuit son combat judiciaire pour savoir si le mandat d’arrêt européen qui le menace d’un retour en Italie est conforme au droit européen. Cette fois, la Cour de cassation a décidé de saisir la Cour de justice de l’Union européenne pour trancher.


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