Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Marche des libertés : Photographe matraqué

« C’est Alep qui est revenu samedi soir. Ce sont des images de Syrie qui ont envahi ma tête. » C’est ce qu’a confié le photographe réfugié de Syrie Ameer al Halbi, 24 ans, à l’AFP, l’un de ses employeurs, après avoir été grièvement blessé par la police. Originaire d’Alep, installé en France depuis plus de trois ans après avoir couvert la guerre en Syrie, il travaillait place de la Bastille, à la fin de l’imposante Marche des libertés, samedi 28 novembre, quand une charge de police est intervenue lors des incidents en fin de manifestation. Pourtant aux côtés d’autres photojournalistes clairement identifiés, il a été violemment matraqué à la tête, a eu le nez brisé, puis a été coincé dans la nasse de la police qui
l’a empêché d’être évacué durant plus de deux heures. Une enquête de l’IGPN a été ouverte et une autre par le
parquet de Paris. Réfugié et journaliste photographe, un cumul visiblement insupportable pour certains policiers.

municipales : Brésil : moins bonnes nouvelles…

Après l’éclaircie encourageante du premier tour, la gauche pouvait rêver de quelques grandes villes au Brésil. Mais la dynamique a été insuffisante pour concrétiser l’espoir. Seul Edmilson Rodrigues (Parti socialisme et liberté, PSOL) l’emporte, à Belém, capitale du Pará. À Recife (Pernambouc), Marília Arraes (Parti des travailleurs, PT) est battue assez largement, tout comme Manuela d’Ávila (Parti communiste du Brésil, PC do B) à Porto Alegre. Et Guilherme Boulos (PSOL) à São Paulo, la ville la plus puissante du continent, vers laquelle tous les regards étaient tournés. Sorte d’enfant de Lula, Boulos avait créé la surprise du premier tour avec 20 % (8 % début octobre). S’il échoue (41 %) face à Bruno Covas (PSDB, centre droit), il a pris la tête de la gauche locale, et peut-être nationale sur sa notoriété nouvelle, pour la présidentielle de 2022. En 2018, alors parfait inconnu pour la grande majorité de l’électorat, il avait récolté 0,6 % des voix.

Suisse : Le pouvoir des multinationales un peu grignoté

Le pays a connu un très âpre débat à l’occasion de la votation, dimanche 29 novembre, sur l’initiative portée par 130 associations pour rendre justiciables les multinationales suisses responsables à l’étranger de violations des droits humains ou de délits environnementaux. Si la population l’a approuvée de justesse (50,7 %), il y a manqué l’autre majorité, celle du nombre de cantons, dominés par le « non » à 14 sur 26. Un blocage acquis par l’intense campagne de chantage aux emplois et à la perte de compétitivité menée par les multinationales. Consolation pour les « pour » : l’échelon fédéral devrait imposer une certaine transparence sociale et environnementale aux multi-nationales, dont la résistance est apparue d’arrière-garde, comme pour le secret bancaire en son temps.

Écologie : Lucie Pinson, prix Goldman

Quand Lucie Pinson entre aux Amis de la Terre, en 2013, la lutte contre la finance climaticide est un angle d’attaque nouveau. Depuis, l’interpellation des organismes investissant dans les énergies fossiles est devenue un fer de lance de lutte climatique internationale. Inlassable chargée de campagnes, Lucie Pinson s’est distinguée par ses actions anti-charbon. Aujourd’hui directrice de l’association Reclaim Finance, qu’elle a fondée, elle est récompensée, avec cinq autres militant·es, par le prix Goldman pour l’environnement, plus haute distinction internationale du genre. Nous sommes fièr·es à Politis de la compter de longue date parmi nos relations de travail, et qu’elle soit contributrice de notre chronique « climat ».

Serbie : Internationale identitaire

Le gouvernement serbe a nommé, jeudi, le militant d’extrême droite Arnaud Gouillon à la tête de la Direction de la coopération avec la diaspora et les Serbes de la région. Onze ans plus tôt, ce même Arnaud Gouillon avait été investi par le mouvement Bloc identitaire pour participer à l’élection présidentielle française. Faute des 500 signatures pour valider sa candidature, l’aventure avait tourné court. Depuis, l’ancien responsable des -Jeunesses identitaires à Grenoble s’est investi dans l’humanitaire. Grâce à son ONG Solidarité Kosovo, venant en aide aux communautés serbes du Kosovo, il obtient la nationalité serbe en 2015. Celui qui se fait appeler désormais Arno Gujon exporte ainsi dans le pays ses « combats » pour la défense de l’identité européenne et de la famille traditionnelle, sous l’œil bienveillant de l’extrême droite locale.

Un raciste pour diriger Yad Vashem ?

Effi Eitam, ancien élu d’un parti ultrareligieux, habitué des déclarations racistes contre les Palestiniens, a été proposé par Benyamin Netanyahou (qui, poursuivi pour corruption, a besoin du soutien de l’extrême droite) pour diriger le mémorial de Yad Vashem. Les associations de rescapés de la Shoah et de nombreux universitaires s’insurgent qu’une telle fonction soit attribuée à quelqu’un « pour qui tous les êtres humains ne sont pas égaux »…

Fauvergue, avocat de son business

Ancien patron du Raid, député LREM de Seine-et-Marne, Jean-Michel Fauvergue est depuis 2019 le dirigeant de sa propre société de formation et conseil en sécurité privée, Fauhestia.Cons. Une triple casquette qui devient difficile à porter pour l’initiateur de la loi « sécurité globale », qui entend accroître le rôle des agents de sécurité privée…

Gloire (aux camarades)

C’est une victoire qui fera date. Le Conseil d’État a annulé le 25 novembre le nouveau mode de calcul des indemnités chômage, charpente du plan d’économies présenté début 2020 et dénoncé par tous les syndicats. La CFDT, qui « n’a de cesse d’alerter sur les effets dévastateurs » de la réforme, applaudit. Sans un mot pour ses camarades (CFE-CGC, CGT, FO et Solidaires) qui ont porté le recours sans elle, malgré leur invitation. Une erreur d’inattention, sans nul doute.

Traoré : l’expertise annulée

L’expertise médicale du 25 mai 2020 qui disculpait les gendarmes dans la mort d’Adama Traoré en juillet 2016 est annulée. Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille, s’est réjoui de cette victoire obtenue le 1er décembre : « Nous pensions depuis le début que ces pseudo-experts avaient rendu une expertise de complaisance. Cette annulation confirme qu’il s’agissait bien d’une fausse expertise qui avait comme unique objectif d’exonérer les gendarmes. »

Le Sénat reconnaît l’Artsakh

Une résolution appelant la France à reconnaître l’indépendance du Haut-Karabakh a été adoptée à une large majorité par le Sénat français. Initiative bienvenue mais tardive, alors qu’une poignée d’élus la réclamait depuis des années. Tous les groupes l’ont signée, sauf La République en marche. Ce qui aurait mis le Quai d’Orsay dans l’embarras…


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