Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Pour les prisonniers corses, un « apaisement » relatif

Après des émeutes en Corse début mars, à la suite de l’agression mortelle contre Yvan Colonna par un détenu jihadiste à la prison d’Arles, le Premier ministre, Jean Castex, « dans un esprit d’apaisement », avait autorisé le 11 mars – en application du droit pénitentiaire – la levée du statut de « détenu particulièrement surveillé » (DPS) pour Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, les deux autres condamnés pour le meurtre du préfet Érignac. Permettant ainsi leur transfert à la prison de Borgo, près de Bastia. Toujours en application du droit, l’autorité judiciaire a fini par accorder à Pierre Alessandri, 63 ans, le droit de travailler hors de prison, à sa troisième demande. Incarcéré depuis 1999 et condamné (comme Alain Ferrandi) à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 18 ans, il est pourtant « libérable » depuis mai 2017. Mais le Parquet national antiterroriste a interjeté appel. Un appel « suspensif ».

Alsace : Polluants confinés

Les travaux d’enfouissement de 42 000 tonnes de déchets toxiques ont débuté, mardi 10 mai, sur le site Stocamine de Wittelsheim, dans le Haut-Rhin, et devraient durer près de six mois. Ce site minier avait été utilisé à la fin des années 1990 pour stocker des déchets contaminés au mercure, à l’arsenic, au cyanure ou à l’amiante. En 2002, l’incendie d’une galerie souterraine de Stocamine a mis en lumière des pratiques irrégulières et entraîné la fermeture de la mine. Vingt ans plus tard, ces déchets ultimes sont toujours là, au grand dam des associations et collectivités locales qui militent pour un déstockage. Après une longue bataille juridique, l’État a acté leur confinement définitif par un arrêté préfectoral. Si les recours portés par les associations et les élus locaux n’aboutissent pas, cette décision pourrait menacer la plus grande nappe phréatique d’Europe, située au-dessus du site Stocamine.

Baccalauréat : À peine orienté…

Démontrer les « effets pervers de la justice sociale », prouver que l’innovation peut contribuer à « reculer les limites écologiques de la croissance » ou encore remettre en cause « l’approche en termes de classes sociales » de la société française. Ceci n’est pas l’examen préalable à l’investiture des candidats macronistes aux prochaines élections législatives, mais bien les questions soumises aux bacheliers dans le cadre de l’épreuve de sciences économiques et sociales. Des énoncés critiqués pour leur orientation ultralibérale. Raphaël Pradeau, professeur de SES, a réagi sur Twitter : « Imaginez les articles du Point ou du Figaro si les sujets demandaient de montrer que les innovations ne permettent pas de rendre la croissance soutenable, que l’action des pouvoirs publics ne crée aucun effet pervers et que la société française est une société de classes. »

Énergie : Électrons libres

L’Espagne et le Portugal ont obtenu l’autorisation de la Commission européenne de quitter, pendant au moins un an, le marché européen de l’électricité. C’est la fin, pour eux, du système de tarification de l’électricité basé sur le prix du gaz, qui a provoqué une flambée des prix alors même que les énergies renouvelables – bien moins chères que l’électricité produite à partir du gaz – ont décollé à 46 % de la -production dans la péninsule ibérique. Les deux pays ont donc immédiatement décrété le plafonnement des tarifs, comptant sur une baisse de 25 % à 30 % des factures. Cette « exception ibérique » a été consentie par Bruxelles au regard de la faible connexion des deux pays au système européen (seulement 3 % à 5 % du flux d’électricité traverse les Pyrénées). L’équilibre du réseau n’était donc pas modifié.

#MeToo : La parole consacrée

Les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles ont le droit de dénoncer leurs agresseurs. Selon deux arrêts rendus le 11 mai par la Cour de cassation, elles ne peuvent être punies pour cela, à condition que soient attestées leur « bonne foi » et la « base factuelle suffisante » de leurs accusations. En 2017, l’écrivaine Alexandra Besson accuse l’ancien ministre Pierre Joxe d’agression sexuelle. La même année, la journaliste Sandra Muller dénonce des propos déplacés tenus par Éric Brion, ancien dirigeant de la chaîne Equidia. Les deux hommes avaient porté plainte pour diffamation. Mais la cour d’appel, puis la Cour de cassation ont débouté les plaignants, jugeant que la parole des deux femmes avait contribué à « un débat d’intérêt général ».

Homophobie dans le foot, c’est pas gagné

Un coup de fatigue et des « raisons religieuses ». C’est ce qu’a prétexté le joueur du PSG Idrissa Gueye pour ne pas jouer le match de son équipe face à Montpellier, samedi 14 mai. Et ce alors que la 37e journée de Ligue 1 était placée sous le signe de la lutte contre l’homophobie. Pour l’occasion, la Ligue a fait floquer tous les maillots aux couleurs arc-en-ciel. Gueye a refusé de porter le sien. La saison dernière, le milieu Sénégalais avait loupé un match à la même période. Une grosse gastro, ce jour-là.

Le nucléaire au ralenti face à la sécheresse ?

Les effets du dérèglement climatique sont là. En France aussi, alors que nous ne sommes qu’en mai. À Blayais, la température de l’eau rejetée dans l’estuaire de la Gironde est trop élevée pour respecter les normes de protection du milieu, la limite étant fixée à 30 °C. Résultat : Blayais a dû revoir sa production d’électricité à la baisse. Et plusieurs centrales nucléaires pourraient suivre : une dizaine de réacteurs français sont concernés. Un ralentissement qui réduirait le nucléaire au rang d’énergie… intermittente.

Records de température en Asie

Au Pakistan, le thermomètre affichait, le 13 mai, des valeurs supérieures de 6 à 9 °C par rapport à la normale saisonnière. Les habitants de Jacobabad, dans la province du Sind, ont dû supporter une température de 51 °C, un record mondial pour 2022. L’Inde subit elle aussi une canicule inédite. Un phénomène « cohérent » avec le réchauffement climatique, selon l’Organisation météorologique mondiale.

L’extrême droite tue… encore

Martial Lanoir, 50 ans, conspirationniste néonazi, a reconnu avoir tué d’une balle dans la tête un homme d’une trentaine d’années non loin de la place Clichy, à Paris, dans la nuit du 13 au 14 mai. Trois heures avant, il diffusait sur sa chaîne Telegram un message antisémite appelant à « éliminer les cafards ». Il avait été invité chez TPMP en 2020.


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