C’est un fait, les écologistes sont nuls en politique.
Je pense surtout qu’ils sont incapables d’assumer leurs choix, leur vision qui est totalement à rebours de la tradition politique française, colbertiste, jacobine, centralisatrice et autoritaire.
Au fond, les français aiment leur État omnipotent qu’ils souhaitent protecteur. Ils aiment que cet État s’incarne dans un verbe puissant et une personnalité exceptionnelle, ce qu’est assurément Mélenchon.
Le problème est que l’État est fondamentalement mercantile. Les indicateurs macroéconomique sont son unique boussole. La question est de savoir si l’État sur lequel s’est appuyé la révolution néolibérale pourrait être l’architecte d’une révolution écologique.
La question énergétique est emblématique. Tout d’abord, on ne s’engage pas sur le nucléaire ( le référendum que l’on met en avant pour tenter de masquer l’intransigeance des communistes et aussi le manque de conviction du PG sur cette question, est une tartuferie digne de Sarkozy. )
Ensuite on réaffirme le monopole d’EDF au nom d’un hypothétique service public qui a produit l’impasse énergétique dans laquelle nous nous trouvons.
Tout le reste du programme n’engage à rien puisque Mélenchon ne sera pas élu président, mais on peut être sûr que le futur groupe Front de Gauche à dominante communiste à l’Assemblé ne fera rien pour faire avancer cette question.
C’est la question de la décentralisation et de la souveraineté des territoires pour élaborer une transition énergétique en rapport avec les ressources naturelles et les choix technologiques et économiques des populations. C’est la question de la démocratie économique.
Mélenchon nous dit de prendre le pouvoir mais ce n’est pas de ce pouvoir dont il parle. C’est paradoxale d’ailleurs de parler de 6ième république alors que le phénomène Front de Gauche qui repose exclusivement sur la personne exceptionnelle et fascinante de Mélenchon est la négation de ce projet et la preuve que les français aiment les chefs et sont plus enclins à rechercher des certitudes qu’à débattre de questions fondamentales et complexes.
Les écologistes sont totalement hors-jeu. Ils ne peuvent développer un discours sur la décentralisation, sur l’ État modeste et la responsabilité des citoyens en tant que consommateurs et décideurs économiques sans être taxés de libéraux et soupçonnés de manque de patriotisme.
Leur erreur (et la mienne) a été de s’engager dans cette galère où ils n’ont rien à faire puisqu’une campagne électorale n’est pas un moment de débat mais un moment d’exaltation où l’on vocifère et où l’on tue symboliquement son adversaire. Voir des militants du Front de Gauche qui se disent écologistes exulter de la déconfiture d’EELV et savourer leur revanche des élections européennes me dégoûte.
Je ne voterai pas Mélenchon malgré l’admiration que j’ai pour lui et je ne me dérangerai pas pour Hollande qui méprise ouvertement l’écologie et les écologistes.