Par Christine Tréguier - 5 juillet 2012

Le vrai visage de Facebook 

Les temps sont durs pour Facebook. Télévisions et radios ont récemment multiplié les reportages anxiogènes. Tout le monde s’interroge sur ce que font nos ados sur le réseau social aux 900 millions de membres. Et ce n’est pas toujours joli joli. Tous veulent y paraître, en quête de leur quart d’heure de célébrité. Ils y transfèrent leur vie, lorgnant sur celle des autres, fouillant les photos pour savoir qui a fait quoi, qui est avec qui, plus souvent à l’affût de leurs ennemis que de leurs amis. Certains vont jusqu’à harceler ceux qui leur déplaisent, déclenchant des cabales dont les victimes ont bien du mal à se sortir. Et ils sont nombreux à admettre, en dégainant le portable au sortir du collège, que la vie, c’est sur Facebook que ça se passe et qu’ils sont « accros ». Sachant que Facebook souhaite désormais que les enfants de moins de 13 ans puissent s’inscrire, il y a de quoi être un peu inquiets… 

Mais l’appétit de son jeune PDG, Mark Zuckerberg, ne s’arrête pas à capter les cerveaux disponibles des plus jeunes. Mi-mai, il a tenté la plus grosse introduction en bourse pour une société informatique. Elle s’est soldée par un bide… pour les acheteurs. Un bug dans le système informatique du Nasdaq a provoqué une demi-heure de retard dans les premières cotations. Il semble surtout que les dirigeants de Facebook ont eu les yeux plus gros que le ventre. Le prix de vente de l’action a varié dans les jours précédents de 24 à 35 dollars, pour finalement être fixé à 38 dollars, portant la valorisation de l’entreprise à 104 milliards de dollars.

Très ambitieux au regard de son chiffre d’affaires – 3,7 milliards de dollars en 2011 – et d’un bénéfice net – 137 millions de dollars au premier trimestre 2012 – en baisse de 10 %. Résultat, l’action est tombée en quinze jours à 26 euros, et le site financier américain MarketWatch estime que sa juste valeur serait de 13,80 dollars. En attendant, Facebook dispose d’un confortable matelas de 104 milliards de dollars. 

Une stratégie qui ne surprend pas Laurent Chemla, pionnier du Net français. Extrait choisi de sa conférence à Pas sage en Seine, publiée par Reflets.info. 

« Ils vous ont volé une première fois en publiant (sans vous payer) vos journaux intimes selon le bon vieux modèle de la publicité en ligne.

Puis ils vous ont volé une deuxième fois en vendant à leurs annonceurs les informations privées liées à vos comptes (pour que les seconds puissent mieux vous cibler tandis que les premiers pouvaient augmenter leurs tarifs de pub). Là, ça devenait de l’art : je vous fais bosser pour moi, vous attirez le public en écrivant, vous me payez avec vos données privées que je revends à mes clients qui, eux, paient pour afficher de la publicité sur vos écrans. Hé oui : les clients de Facebook, ce sont les régies publicitaires, pas ses utilisateurs. Les utilisateurs de Facebook ne sont pas ses clients, ils sont ses petites mains.

Mais attendez, c’est pas fini. Ils vous ont volé une troisième fois en vous proposant de payer, en vrai argent cette fois, pour que vos œuvres soient mises en valeur sur les écrans de vos potes. Non seulement vous payez en regardant la pub des clients, non seulement vous payez en donnant vos informations privées, mais désormais vous payez aussi pour que votre boulot attire encore plus de monde chez Facebook.  »

 

- La conférence de Laurent Chemla

http://reflets.info/laurent-chemla-ils-sont-trop-forts-ces-voleurs-2-0/

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