gauche_pub
Connectez-vous

// Page d'accueil > Exclu_Web > Maître Jean-François Copé justifie le double salaire d’Henri Proglio

Maître Jean-François Copé justifie le double salaire d’Henri Proglio

jeudi 21 janvier 2010, par Xavier Frison


Retour sur les multiples et lucratives activités de Jean-François Copé, qui ne voit rien à redire sur la double rémunération octroyée à Henri Proglio, le nouveau patron d’EDF.

Qu’il était mal à l’aise, Jean-François Copé ce matin sur France Inter, au moment de justifier la faramineuse double rémunération d’Henri Proglio, le nouveau patron d’EDF. Et pour cause : comme l’expliquent en détail rue89 et politique.net, le député de Seine-et-Marne, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, maire de Meaux et président de la communauté d’agglomération du Pays de Meaux (ouf) a décidé, en septembre 2007, d’exercer comme avocat au sein du très prestigieux cabinet parisien d’avocats d’affaires Gide Loyrette et Nouel. Il y travaille le vendredi et le samedi, ce qui lui permet de consacrer royalement quatre à cinq jours à ses administrés, en admettant qu’il ne prenne jamais le moindre repos.

Comment justifier cette nouvelle activité ? Dans son inimitable style tout miel, Jean-François Copé avait estimé à l’époque sur RTL que « cette activité [lui] permettra d’avoir de temps en temps les pieds sur terre ». Et puis, pas d’inquiétude : « Cela ne perturbera en rien mes activités de parlementaire ou de maire. Les journées d’hommes politiques sont sur sept jours, vous le savez bien, même si, pour beaucoup d’entre vous, vous êtes aux 35 heures ! » Pan, dans les dents de tous ces fainéants de Français lambda, lamentablement agrippés à leurs 35 heures, pour ceux qui ont encore un emploi. Maître Copé, lui, peut cumuler cinq postes différents sans sourciller. Prenons-en de la graine. En tant que député cumulard, Jean-François Copé ne peut toucher au total plus de 7 877,82 euros net par mois, sans compter son « indemnité représentative de frais de mandat » de 6 278 euros et les déplacements gratuits. Mais ses activités privées d’avocat ne sont soumises à aucun plafond...

Henri Proglio touchera lui une rémunération annuelle de 2 millions d’euros, dont 1,6 million versé par EDF et 450 000 euros par Veolia, pour un poste « non exécutif ».

MISE A JOUR : CONTRAINT ET FORCÉ, PROGLIO RENONCE

Le communiqué est tombé le 21 janvier au soir : Henri Proglio « renonce » à la rémunération annuelle de 450000 euros qui lui avait été attribuée au titre de président du conseil d’administration de Veolia Environnement. La pression médiatique, devenue intenable pour le gouvernement, n’est sans doute pour rien dans cet auguste geste. On aimerait entendre Jean-François Copé expliquer cette volte-face, lui qui trouvait la rémunération du nouveau patron d’EDF-Veolia tout à fait normale ce matin encore.

X.F.

7 Messages de forum

  • Ce matin, Copé a sorti une énormité pour justifier cette infamie que n’ont même pas remarqué les journaleux qui l’interviewaient : la compétition est dans la nature humaine !

    Première nouvelle, outre le fait qu’il est inutile de savoir qu’elle est cette nature originellement (sachant qu’elle change constamment selon les époques et les âges de l’humanité. Ainsi les peuples primitifs, pour qui toutes les possessions étaient celles de la tribu, et les premiers chrétiens, seront ravis d’apprendre qu’ils étaient des compétiteurs nés), il est intéressant de se pencher sur Marx et son matérialisme historique. Pour le vieux Marx, c’est le système économique dans lequel évolue l’humanité qui détermine (pas complètement, certes, mais en en grande partie) cette "nature". Les anti-communistes fustigeaient les rêves de Marx et Lénine, prétendant que l’on ne peut changer la "nature" de l’homme par le système mais que font-ils à leur tour ? Avec le système capitaliste, ils construisent cette compétition et rendent la "rapacité", le chacun pour sa gueule, la compétition, "naturels" (suffit de voir ce qui passe à la télé et les jeux de télé réalité, c’est la parfaite démonstration des thèses marxistes).

    Changeons de système économique, faisons en sorte que chaque citoyen devienne un homme politique, mettons aux oubliettes de l’histoire cette pathétique démocratie capitaliste (qui n’a de démocratique que le nom) qui ne fait que le jeu des possédants, ainsi des hommes comme Copé et ses séides ne seront que des anomalies, des cas pathologiques et non des exemples de réussite.

  • si il y a une nature humaine, l’Homme n’est pas une patte à modeler, c’est juste que le capitalisme est plutôt incompatible avec la nature humaine.

  • Pécresse sauve ses fesses ! 21 janvier 15:23, par pauline

    A noter : Valérie Pécresse, candidate à la région Ile-de-France, qui entend sauver sa peau pour les Régionales... A mi-mots, elle a ainsi dénoncé la double casquette de Proglio en affirmant qu’elle était contre les cumulards... Que ne ferait-elle pas pour se faire élire...même se mettre à dos le gouvernement !

  • ... bien vu, le lapsus ! 21 janvier 16:20, par luc

    En réalité on ne dit pas une "patte" mais une... "pâte", à modeler. Mais probablement tu pensais au solide coup de pied au derrière, qu’a bien mérité toute cette racaille !

  • Oh non, pas mal à l’aise du tout.

    Et pas gêné d’affirmer, en bon futur Présiment, que pour lui chaque Français est important.

    Bon, il a oublié de dire que Proglio est 127 fois plus important que la moyenne.

    Mais s’il fallait s’arrêter à ce genre de détail...

    http://tinyurl.com/67j7vy

  • Maitre Coppé a aussi brillamment inventé et gagné une manière de "point Godwin" en soutenant dans la même interview que certains régimes avaient tenté de contourner ce genre de problème en instituant un salaire égal pour tous... Pour le coup, même M. Demorand a relevé en s’étonnant que l’alternative se situe entre Proglio et Staline !

  • >>si il y a une nature humaine, l’Homme n’est pas une patte à modeler,

    Charmante affirmation, hélas, sans aucune démonstration/argumentation. N’hésitez pas à étayer un peu, et expliquez moi quelle est la nature commune entre un esclave et un propriétaire à l’antiquité, ou bien entre un paysan et un aristocrate sous l’ancien régime (à ce propos, je vous conseille de jeter un oeil aux lettres de Mme de Sévigné et aux commentaires qu’en fait Tocqueville dans le Tome II, 3ème partie, chapitre I, de De la démocratie en Amérique, trouvable ici : http://fr.wikisource.org/wiki/De_la... , c’est édifiant).

    Après avoir envisagé ces cas, considérez donc les mécaniques des systèmes économiques propres à ces deux époques (antiquité et ancien régime), "la raison des effets" (comme le dirait Pascal), ou la source de ce modelage (que vous prétendez impossible), vous sautera aux yeux.

haut_pub

Denis Sieffert présente son prochain éditorial, à lire sur ce site et dans Politis à partir du jeudi 18 mars.
Denis Sieffert présente son prochain éditorial, à lire sur ce site et dans Politis à partir du jeudi 11 mars.
Denis Sieffert présente son prochain éditorial, à lire sur ce site et dans Politis à partir du jeudi 4 mars.
Denis Sieffert présente son prochain éditorial, à lire sur ce site et dans Politis à partir du jeudi 25 février.
Denis Sieffert présente son prochain éditorial, à lire sur ce site et dans Politis à partir du jeudi 18 février.

Le 25/03/2010 à 20:30, Salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat , à Toulouse (31000)
Du 25/03/2010 au 27/03/2010 , à Poitiers (86000)
Le 24/03/2010 à 21:00, Bar Le Lieu Dit, 6 rue Sorbier , à Paris (75020)
Du 24/03/2010 au 30/03/2010, Cinéma le Sémaphore, 25, rue Porte de France , à Nîmes (30000)
Du 20/03/2010 à 14:30 au 20/03/2010 à 18:30, Université de Saint-Denis, 2, rue de la Liberté , à Saint-Denis (93200)

Conception éditoriale : Xavier Frison - Conception graphique : Cyrille Le Floch, avec Clémence Knaebel - Développement : Résaction - Site réalisé avec Spip