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Par Sébastien Fontenelle - 2 juin 2012

Pour Une Fois, Reconnaissons-Le : C’Est Bernard-Henri Lévy Qui A Raison

Pour une fois, reconnaissons-le : c’est Bernard-Henri BHL qui a raison.

On dit : le gars est un peu mytho (genre il croit que Botul lui parle dans son sommeil), avec des fois de nettes poussées d’égotisme.

(Et ce n’est peut-être pas complètement faux.)

On dit aussi (et ce n’est pas très gentil, mais les gens sont méchants) : moi aussi, si je veux, je peux produire un cagoulé monsieur X, combattant de la liberté à Ma’arrat al-Numan (Syrie) - parce que bon, sincèrement, qui va se faire ch... S’embêter à vérifier si le gars n’est pas, en vrai, livreur de pizzas chez SpeedTartiflette, 06150, La Bocca, Alpes-Maritimes ?

Mais là, cependant ?

BHL a raison, quand il exige (ou sinon, il sort son Gilles Hertzog) que la communauté internationale (principalement composée de la France et du Qatar) prenne enfin ses responsabilités - et ne nous refasse pas le coup de 1938, quand Kofi Annan a signifié aux nazis (sous les applaudissements de Régis Debray la Rochelle) qu’il était plutôt (très) pour qu’ils envahissent la Pologne : elle est belle, franchement, l’ONU des « Norpois » [3].

BHL a raison, de constater que « s’alourdit d’heure en heure le bilan » des horribles tueries commises « de sang froid, à l’arme lourde », aux « hélicoptères de la mort » et aux « blindés transport de troupes et de matériels de guerre » (à ne pas confondre avec les chars dédiés à l’acheminement de kits de survie).

BHL a raison, de se scandaliser des insoutenables « images » d’« enfants au crâne fracassé » et « au visage en bouillie » qui nous arrivent tous les jours de l’Orient difficile.

BHL a raison de montrer à François Hollande qu’il est beaucoup « plus important » de procéder enfin aux « bombardements » des « tanks positionnés en position de tir » que de geler le salaire de ses ministres : c’est tout de même hallucinant que le mec continue de gouverner comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, et vazi que je te vais chez Pujadas annoncer que je retire mes soldats de la Kapisa - mais attendez, « Monsieur le Président », vous croyez vraiment que c’est le moment de jouer au Risk ?

(Laissez-moi vous dire, Monsieur le Président, que Monsieur le Président d’avant avait, me semble-t-il, et sauf votre respect, de plus grosses balloches que les vôtres : lui, du moins, ne tergiversa que peu, lorsque l’heure vint de buter son Kadhafi.)

BHL a raison, en somme, d’interpeller publiquement Monsieur le nouveau Président, et de lui demander, un peu fermement, si, oui ou non, « la France fera-t-elle » pour Gaza « ce qu’elle a fait pour Benghazi et Misrata » - ou si la France continuera de rester « les bras croisés face aux atrocités », genre 1310 Palestinien(ne)s tués sous les bombes, dont 410 enfants ?

Car en effet : les Palestinien(ne)s de Gaza meurent, mais « où sont les avions français », for God’s sake - et « où êtes-vous, amis de la liberté » ?

BHL a raison, quand il...

Attends.

Attends : je crois que j’ai mal lu.

Ah, fichtre, oui : j’ai mal lu.

En fait : BHL demande à François Hollande de « prendre l’initiative en Syrie » - et pas du tout en Israël, comme j’ai ballottement cru.

En fait, même - je viens de vérifier : quand ce sont des hélicoptères de la mort (ou des tanks) israéliens, qui font des hachis de civil(e)s ?

BHL ne demande pas du tout que la France - la Fraaance, comme disait feu Gaulle - intervienne.

Bien au contraire : il trouve que tout le truc dégage un délicat fumet de guerre antifasciste espagnole, et pointe que lesdit(e)s civil(e)s trépasseraient beaucoup moins, si de fourbes Arabes ne s’en faisaient des boucliers humains.

(Après quoi : il va recueillir chez les bombardeurs des brevets de voltairisme.)

Du coup, je doute : je ne suis soudain plus complètement certain qu’il ait complètement raison, parce que bon, l’humanitarisme sélectif, ça commence à devenir fatigant.

Notes

[1] L’aurions-nous attendue en 1999, l’ONU, que les Serbes, qui avaient tous un grand-père dans la Waffen-SS, auraient tranquillement perpétré un génocide au Kosovo. Fort heureusement, Madeleine Allbright sut la contourner, pour assurer la préservation, dans cette riante province, d’une exemplaire démocratie multi-ethnique où seules les minorités non-albanaises sont regardées comme sous-humaines - et dont BHL salua l’émancipation d’un vibrant : « Vive le Kosovo libre ! »

[2] L’aurions-nous attendue en 1999, l’ONU, que les Serbes, qui avaient tous un grand-père dans la Waffen-SS, auraient tranquillement perpétré un génocide au Kosovo. Fort heureusement, Madeleine Allbright sut la contourner, pour assurer la préservation, dans cette riante province, d’une exemplaire démocratie multi-ethnique où seules les minorités non-albanaises sont regardées comme sous-humaines - et dont BHL salua l’émancipation d’un vibrant : « Vive le Kosovo libre ! »

[3] L’aurions-nous attendue en 1999, l’ONU, que les Serbes, qui avaient tous un grand-père dans la Waffen-SS, auraient tranquillement perpétré un génocide au Kosovo. Fort heureusement, Madeleine Allbright sut la contourner, pour assurer la préservation, dans cette riante province, d’une exemplaire démocratie multi-ethnique où seules les minorités non-albanaises sont regardées comme sous-humaines - et dont BHL salua l’émancipation d’un vibrant : « Vive le Kosovo libre ! »

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