Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Retraites et chômage : Deux pas en arrière…

Une inflexion, un léger changement de ton ou un court répit ? Le Premier ministre, Jean Castex (photo), a rassuré les syndicats le 17 juillet en annonçant le report de la réforme des retraites et de celle de -l’assurance-chômage, au moins jusqu’à fin 2020. L’exécutif veut s’économiser une rentrée sociale brûlante et tente de dégager le terrain pour réussir la séquence prévue à la rentrée autour de son « plan de relance » tourné vers l’emploi, « priorité des priorités ». L’avenir de la réforme des retraites est donc en question, même si Matignon affirme qu’elle sera « maintenue » et annonce vouloir saisir le Conseil d’orientation des retraites pour une évaluation des besoins financiers du régime, un préalable qui sert généralement à préparer l’opinion à un coup de rabot.

La réforme de l’assurance-chômage a été reportée à début 2021, y compris les mesures déjà entrées en vigueur le 1er novembre 2019, qui durcissent les conditions d’ouverture de droits et de leur rechargement. Il n’est donc pour l’heure pas question d’abandon et Matignon n’a pas précisé si une nouvelle convention d’assurance-chômage serait adoptée pour effacer les mesures déjà en vigueur.

Délesté de deux bâtons de dynamite, l’agenda social reste toutefois chargé dans les prochains mois, avec des concertations à venir sur le financement de la protection sociale, la dépendance, le plan de relance, la transition écologique, les travailleurs détachés et le « partage de la valeur ». Jean Castex soigne donc son entrée en scène, mais le premier acte sera sans nul doute plus délicat à manœuvrer en septembre.

Anticolonialisme : Deux villes au passé esclavagiste engagent des réparations

C’est une spectaculaire résolution qu’a votée le conseil municipal d’Asheville, et à l’unanimité, le 14 juillet. Cette ville de Caroline du Nord (83 000 habitants) va engager des mesures de « réparations économiques  » au profit de la communauté noire de la ville, pour compenser les préjudices d’inégalité causés par l’esclavage.

S’il est illusoire d’envisager une juste compensation à l’échelle des États-Unis (plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars…), ce geste sans précédent répond à une -revendication restée sans réponse depuis des décennies.

Autre brèche ouverte dans la ville anglaise de Bristol. Les habitant·es s’étaient distingué·es en juin en déboulonnant la statue du négrier Colston pour la jeter dans la rivière. La semaine dernière, elle a été remplacée en catimini par une statue de Jen Reid, militante noire qui avait participé à l’opération. Non autorisée, l’œuvre a été retirée. Mais ce n’est pas une fin de non-recevoir : la mairie compte faire voter la population sur ce qu’il conviendra d’ériger sur le socle vide.

Union européenne : Les « radins » font la relance

Le plan de relance européen ne mérite pas les superlatifs qui ont accueilli l’accord obtenu à l’arraché à Bruxelles le 21 juillet. Certes, l’UE est autorisée à emprunter, ce qui constitue un premier pas vers une mutualisation des dettes. Mais le Parlement européen voulait un plan à 2 000 milliards d’euros, il atteindra au maximum 750. Macron et Merkel réclamaient d’en distribuer 500 sous forme de subventions aux pays les plus touchés par le Covid-19, ce ne sera pas plus de 390. Ils ont dû céder au « club des radins » (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark, Finlande) dirigés par des gouvernements conservateurs ou sociaux-démocrates, parfois en alliance avec des écologistes. Ces derniers ont en outre obtenu la possibilité de bloquer le versement des fonds à un État qui ne s’engagerait pas dans un programme de réformes structurelles.

Une fête de l’Huma inédite

Conséquence de la pandémie : la Fête de l’Huma aura des allures particulières cette année, explique Patrick Le Hyaric, directeur de L’Humanité, en lien avec les services de l’État et les autorités sanitaires pour l’organisation de la Fête. On sait déjà que l’événement n’aura pas lieu au parc de La Courneuve, puisque les rassemblements de plus de 5 000 personnes sont interdits. Pas de concerts mais, en différents lieux autour de la capitale, du 11 au 13 septembre, des initiatives culturelles, des débats et diverses interventions. Reste un enjeu essentiel, celui du financement pour un journal en difficulté, qui annonce un bon de soutien.

L’A45 enterrée

Après avoir crié « Non à l’A45 ! », les habitant·es, militant·es et paysan·nes qui se battent depuis trente ans contre le projet d’une seconde autoroute entre Lyon et Saint-Étienne peuvent enfin crier victoire. Il y a deux ans, Élisabeth Borne, ministre des Transports, déclarait que ce projet n’était ni « simple », ni « consensuel » et, depuis, tout le monde pressentait sa douce agonie. Il a rendu l’âme le 16 juillet, date d’expiration de la déclaration d’utilité publique. L’État s’est engagé à investir les 400 millions d’euros promis dans des alternatives ferroviaires et des restructurations de l’autoroute déjà existante.

Désunion à la métropole de Grenoble

Christophe Ferrari, maire ex-PS de Pont-de-Claix, conserve la présidence de la métropole de Grenoble. Porté par des élus PS et ex-PS, des maires de petites communes et une dizaine d’élus LREM, il s’est imposé au 3e tour par 62 voix contre 54 après le retrait du candidat de droite (13 voix aux deux premiers tours) contre Yann Mongaburu, le candidat de l’alliance EELV, LFI, PCF, Génération·s, mouvements citoyens qui a reconduit Éric Piolle à la mairie.

Made in goulag

Les masques exportés par la Chine sont-ils produits au goulag chinois ? C’est ce que suggère une enquête du New York Times du 19 juillet, qui révèle que de nombreux Ouïghours ont été forcés à rejoindre des usines pratiquant la « rééducation par le travail » dans la province du Xinjiang. Dans ces camps, les interné·es subissent aussi un endoctrinement sévère niant leur culture et leur langue.


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