Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Ventes d’armes : La France a équipé la Russie jusqu’en 2020

Jusqu’en 2020, la France a livré des équipements militaires dernier cri à la Russie, d’après une enquête de Disclose publiée le 14 mars. Selon des documents confidentiels obtenus par le média indépendant, la France a exporté pour plus de 152 millions d’euros, à travers 76 licences d’exportation, de matériel de guerre à la -Russie depuis 2015. Il s’agit notamment des systèmes d’imagerie équipant des tanks, avions et hélicoptères d’attaque. Profitant d’une brèche juridique, le matériel a pu être exporté malgré un embargo de l’UE décrété en août 2014. L’embargo n’était « pas rétroactif », assure Disclose. Selon l’enquête, on retrouve dans les exportations des caméras de Safran ou de Thales destinées à équiper plus de 1 000 tanks russes. Disclose a identifié l’utilisation de caméras de Thales dans des blindés russes dès 2014 dans le Donbass. L’entreprise équipe aussi des avions de combat comme des Su-30 utilisés en Ukraine. De son côté, l’entreprise Safran fournit des systèmes d’imagerie infrarouge permettant à des hélicoptères d’attaque de traquer leurs cibles en pleine nuit, comme les Ka-52 russes actifs actuellement dans le ciel ukrainien.

Oups ! Des missiles et des drones qui volent bas

L’imagination transpose sans mal aux frontières ukrainiennes, avec des conséquences potentiellement gravissimes, « l’incident » que vient de connaître le Pakistan, cible du tir malencontreux d’un missile par l’Inde : la région est l’une des poudrières les plus sensibles de la planète, siège de trois guerres depuis 1947.

Par miracle, l’explosion n’a endommagé que des bâtiments civils, et sans causer de victimes. New Dehli a immédiatement présenté des excuses, et la réaction d’Islamabad est restée mesurée.

Au même moment, un drone de reconnaissance de six tonnes, portant une bombe, s’écrasait près d’un quartier résidentiel de Zagreb (Croatie). Il aurait décollé d’Ukraine. Kyiv et Moscou démentent qu’il leur appartienne. Quant au fameux parapluie militaire de l’Otan, il a laissé l’engin violer plus de 1 000 kilomètres de son espace aérien sans réaction.

Pollution : La Cité des Anges attaque Monsanto

Nouvelle plainte contre Monsanto ! Cette fois, c’est la ville de Los Angeles qui accuse le géant de l’agrochimie d’avoir sciemment pollué ses cours d’eau avec des produits chimiques de la famille des PCB jusqu’en 1979, année de leur interdiction aux États-Unis. « Il est temps pour Monsanto de nettoyer et de payer ! Nous affirmons que Monsanto savait depuis des décennies que les PCB étaient toxiques et aboutiraient inévitablement à une vaste contamination », a déclaré le procureur de la ville, Mike Feuer. Ces produits toxiques présents notamment dans la peinture, les papiers ou certains lubrifiants s’accumulent dans l’eau ou les sols pour des décennies. Même si Bayer, qui a racheté Monsanto en 2018, le conteste, le Centre international de recherche sur le cancer a classé ces substances comme « cancérogènes probables » pour l’homme en 2013.

Blois : Une enseignante se défenestre

En plein cours, « l’enseignante enfilait son manteau, le fermait, se dirigeait vers une des fenêtres de la classe, prenait appui sur un radiateur, ouvrait la fenêtre et se jetait dans le vide. Elle ne prononçait aucune parole. » Le communiqué de presse du procureur de la République de Blois diffusé vendredi 11 au soir, quelques heures après les faits est glaçant. Si le pronostic vital de la professeure de gestion-administration au lycée professionnel Sonia-Delaunay à Blois n’est plus engagé, les raisons de son geste restent pour le moment inconnues. Les vérifications « ne laissent paraître aucune difficulté particulière ». Une cellule psychologique a été mise en place. Le Snuipp-FSU 41 a demandé l’intervention d’un cabinet d’experts pour faire toute la lumière sur ce qui a poussé l’enseignante de 64 ans à un tel geste.

Rave-party de Redon : classement sans suite pour une main arrachée

Dans la nuit du 18 au 19 juin 2021, un jeune homme de 22 ans avait eu la main arrachée lors d’une free-party à Redon, pendant des affrontements avec les forces de l’ordre. Le jeune mutilé, après l’explosion d’une grenade GM2L tirée à 100 mètres de lui, avait porté plainte. Le 12 mars 2022, jugeant l’usage de la force « nécessaire et proportionné », le procureur de la République de Rennes a décidé de classer le dossier sans suite. Il a précisé : « Aucune directive tendant à empêcher l’action des secours n’a été donnée. » Moins d’un mois après, l’utilisation de cette grenade était interdite à la main car trop dangereuse pour… les forces de l’ordre.

Rétention d’information

François Ruffin réclame à cor et à cri à la ministre du Travail un rapport « sur la réalité et les conséquences du non-recours aux droits en matière d’assurance chômage ». Inscrit dans la loi de septembre 2018 sur « la liberté de choisir son avenir professionnel », il aurait dû être transmis aux parlementaires fin 2020. Bouclé avec deux ans de retard, approuvé par la ministre, ce rapport est à ce jour bloqué par l’Élysée et Matignon. Jusqu’à la présidentielle… comme d’autres dossiers gênants.

Poutine : faire taire l’écho de la guerre

L’Écho de Moscou, première radio indépendante et bastion de la presse libre en Russie, a été dissout le 3 mars. Le lendemain, le code pénal russe était révisé pour prévoir jusqu’à quinze ans de prison pour la diffusion d’informations « mensongères » « pouvant entraîner des conséquences sérieuses pour l’armée ». L’Écho de Moscou a décidé de continuer sa mission d’information sur YouTube, tandis que sa fréquence a été attribuée à Sputnik, radio de propagande par excellence. Depuis le début de la guerre, des dizaines de médias ont été balayés par les autorités russes.

Des potirons, pas du béton

La cour d’appel de Paris a ordonné, le 9 mars, la suspension des travaux menaçant de destruction les jardins d’Aubervilliers. Si 4 000 m2 devraient être ainsi sauvés des griffes des pelleteuses, 4 000 autres ont déjà été détruits pour construire le solarium de la piscine olympique des JO 2024. Cette décision fait suite au recours de la mairie d’Aubervilliers, engagée dans un bras de fer contre les associations de défense des jardins depuis deux ans.


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