Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité hebdomadaire, en bref.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Brexit : May s’en va en juin

Le Brexit aura-t-il lieu un jour ? Le leader des travaillistes, qui avait accepté de négocier avec Theresa May après ses trois échecs successifs au Parlement pour faire adopter le compromis trouvé avec l’Union européenne, a refermé la porte. Probable que Jeremy Corbyn, désireux avant tout de faire tomber la Première ministre et d’accéder au pouvoir, n’a jamais envisagé sérieusement de la sortir de son ornière. Du coup, May a annoncé son départ en juin. Mais qui pour lui succéder chez les conservateurs, ultra-divisés ? S’ils élisent un pro-Brexit – Boris Johnson est candidat –, il voudra renégocier avec l’UE. Si Bruxelles refuse, comme c’est probable, il faudrait alors retourner devant les électeurs et élire un nouveau Parlement. Mais cela viendra après les européennes, puisque les Britanniques y participent finalement. Les sondages annoncent les conservateurs à 10 %, les travaillistes dans les choux aussi, et l’extrême droite anti-UE au plus haut. Trois ans après le référendum, on ne sait toujours pas si le Brexit aura lieu, mais on sait qu’il a nourri l’extrême droite.

Mariage pour tous, Taïwan aussi

C’est le 27e pays du monde à légaliser le mariage entre personnes de même sexe, et le premier en Asie : pour l’officialiser, Taïwan a choisi le 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Même si c’est la Cour suprême qui a imposé en 2017 que soit adoptée cette loi, la présidente Tsai Ing-wen l’a activement soutenue – « Nous avons fait de Taïwan un pays meilleur » –, malgré l’opposition bruyante des milieux religieux, en particulier chrétiens. Le Parti progressiste démocratique, au pouvoir, en fait aussi un symbole pour se démarquer de la Chine populaire, qui n’a pas renoncé à sa souveraineté sur l’île.

Politique : sale temps pour LFI

Mauvaise semaine pour La France insoumise. Mardi 14 mai, au milieu de la campagne européenne, c’est Andréa Kotarac, conseiller régional en Auvergne-Rhône-Alpes, qui a sonné la charge, annonçant qu’il soutenait désormais le Rassemblement national. Samedi 18 mai, le philosophe – et membre du Parti de gauche – Henri Peña-Ruiz annonce son soutien à la tête de liste du PCF, Ian Brossat. « La disparition du Parti communiste serait une catastrophe absolue », a-t-il expliqué au Point. Et dimanche, nouvel aléa, mais cette fois climatique : les orages ont amené à l’annulation du Festival de l’insoumission, qui devait se tenir à Paris. « Rien ne me sera épargné », avait lâché Jean-Luc Mélenchon au moment du départ de Thomas Guénolé avec perte et fracas. Visiblement, il avait raison.

L’Unef renoue avec la scission

Vendredi 17 mai, 86 représentants, issus principalement de la Tendance unité et action syndicale (TUAS), qui a recueilli environ 25 % des voix au dernier congrès, ont annoncé quitter l’Unef pour fonder une nouvelle organisation nationale. Difficile de ne pas y voir une répétition de l’ancienne division entre Unef-ID et Unef-SE (réunies en 2001), puisque la TUAS représente l’aile gauche du syndicat étudiant, réputée proche des communistes, avec aussi des militants décoloniaux.

Parcoursup : la salle d’attente

« En attente ». C’est la notification que reçoivent nombre d’étudiants souhaitant s’inscrire dans l’enseignement supérieur via la plateforme en ligne Parcoursup, deuxième année d’exercice. Les injustices générées l’an dernier avaient laissé promettre des améliorations dans le fonctionnement algorithmique qui préside aux projets de milliers de bacheliers.

La version 2019 part mal : le 17 mai, des candidats ayant reçu un accord pour une admission ont découvert dans un deuxième temps qu’ils étaient « en attente ». Motif : certaines formations, environ 400, surévaluent leurs capacités. Elles auraient fait du surbooking en somme. Des étudiants étaient reçus, et puis non. Ils restent dans l’« attente », sans savoir s’ils doivent se désister là pour maximiser leurs chances d’être pris ici. C’est à se demander s’il existe des algorithmes pour mesurer le stress engendré. D’autant qu’en France « plus que dans d’autres pays, les choix d’orientation semblent définitifs », rappelle dans Le Monde François Sarfati, professeur de sociologie. Les meilleurs élèves sont servis en premier, ils n’attendent pas. On attend en fonction de son rang. Plus on est vulnérable, plus on attend. C’est le service public génération Macron.

Madonna fait tiquer Israël

C’est finalement Madonna qui a joué les trouble-fête à Tel-Aviv, pour la finale du concours Eurovision de la chanson, sur laquelle Israël avait beaucoup misé pour rehausser son image et booster le tourisme. Et recruté à grands frais la star américaine, venue chanter trois titres à la fin du spectacle. Avant de quitter la scène, le public a pu voir deux danseurs s’enlacer, dos au public, exhibant sur leur dos, l’un le drapeau israélien, l’autre le palestinien. La classe politique n’a pas apprécié : « On ne peut pas mélanger la politique à un événement culturel », a commenté l’ultranationaliste Miri Regev, ministre de la Culture. La preuve que si, même si c’est bien peu pour les Palestiniens.

Médias : Demorand, Aubry et Israël

En demandant la dénonciation de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, La France insoumise veut-elle « punir » Israël ? Et pourquoi donc ? La question a été posée – et avec quels accents d’indignation – par Nicolas Demorand à Manon Aubry, le 16 mai, dans la matinale de France Inter. Après quelques hésitations, et une échappée sur le thème très général des traités de libre-échange, la tête de liste de LFI a trouvé la réponse : la colonisation des territoires ­palestiniens. « Vous voulez punir ? », a insisté Demorand, confondant visiblement « punition » et « sanction », c’est-à-dire ce qui relève de la morale et ce qui procède du droit. Car, rappelons-le, c’est parce qu’Israël enfreint le droit international et bafoue les résolutions de l’ONU, et non parce qu’il « fait le mal », que de très nombreuses associations demandent la dénonciation de l’accord entré en vigueur en juin 2000. Il faut toujours se méfier des glissements sémantiques…

La photo de la semaine : 46 ans en arrière

© Politis

Manifestation le 19 mai à Montgomery, dans l’Alabama, aux États-Unis, contre une loi adoptée le 15 mai interdisant l’IVG, l’une des plus répressives du pays. Les médecins qui le pratiqueront risqueront jusqu’à 99 ans de prison. Depuis quelques mois, 28 États ont durci leur législation, espérant soumettre un cas à la Cour suprême, désormais à majorité conservatrice, et revenir sur une jurisprudence datant de 1973.

Crédit photo : Julie Bennett/Getty Images/AFP


Haut de page

Voir aussi

Articles récents