Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Budget : Castex crève le plafond

Le budget du gouvernement Castex ne connaît pas la crise. Selon l’ancien député PS René Dosière, cité par Le Canard enchaîné (28 octobre), « les rémunérations des ministres, des secrétaires d’État, de leurs conseillers et du “personnel support” (chauffeurs, huissiers, etc.) s’élèvent à quelque 185 millions par an », soit 47 % de plus que le gouvernement d’Édouard Philippe. Un record absolu sous la Ve République. Avec 42 membres dans son gouvernement (7 de plus), dont 30 ministres au lieu de 19 (!), Jean Castex a vu grand. En 2017, le nombre de conseillers avait été limité à 10 par ministre et 5 par secrétaire d’État en contrepartie d’une forte augmentation de leur rémunération. Les plafonds ont été relevés à 15 et 8, sans que les rémunérations baissent en proportion. Le 15 juillet, Castex avait promis des créations d’emplois en 2021 « toutes affectées, sauf exception justifiée, dans les services départementaux de l’État, et aucune dans les administrations centrales ». Il n’avait rien promis pour 2020.

Royaume-Uni : Le Labour suspend Corbyn

Le Labour est dans la tempête. Pendant la campagne électorale fin 2019 – qui enterrera ses espoirs de remplacer Boris Johnson –, Jeremy Corbyn avait dû faire face à des accusations de faiblesse vis-à-vis de faits antisémites. L’enquête d’un organisme indépendant, le Comité pour l’égalité et les droits humains (EHRC), l’accable : « Un nombre significatif de plaintes relatives à l’antisémitisme n’ont pas du tout fait l’objet d’une enquête », et l’ancienne direction du parti a fait preuve d’un « manque de volonté de s’attaquer à l’antisémitisme plutôt que d’une inaptitude à le faire ».

Le nouveau leader travailliste, le centriste Keir Starmer, a suspendu son prédécesseur – toujours député – du parti, mais Corbyn, toujours très populaire chez une large part des militant·es, a réaffirmé sa « tolérance zéro à l’égard de toutes les formes de racisme ».

Le « séparatisme » mène à tout

Face au terrorisme islamiste, sortons « les armes de guerre démocratiques », préconise Loïc Dombreval, député LREM. Soit le « délit de séparatisme », qui doit être créé par la loi du même nom. Mais devant les contours flous de cette notion, Gérald Darmanin a dû donner quelques éléments : « Quelqu’un qui refuse de se faire soigner par une femme ou qui refuse l’enseignement d’un professeur pourra être poursuivi et condamné jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. » Problème : le libre choix du médecin est un « droit fondamental ». Les terroristes tremblent… La démocratie aussi.

Eurodéputé en grève de la faim

Pierre Larrouturou, flanqué depuis 2019 de l’écharpe de député européen et du poste de rapporteur du budget au Parlement, muscle son engagement. Le 28 octobre, il a engagé une grève de la faim pour « alerter les citoyens » sur l’incurie du prochain budget européen, qui sacrifie selon lui le climat, la santé et l’emploi. Il réclame une taxation de la spéculation boursière, qui pourrait rapporter jusqu’à 57 milliards d’euros par an, afin de combler les lacunes du plan de relance européen (750 milliards sur six ans). « Tout se joue dans les quinze prochains jours », martèle Pierre Larrouturou, s’inquiétant du « chaos social, climatique et sanitaire » que l’inaction européenne précipite.

Travail : Agents sur les rotules

Selon le syndicat SUD Travail et Affaires sociales, la pandémie a « gravement fragilisé » les services du ministère du Travail. Il dénonce notamment la poursuite des baisses d’effectifs : un millier d’agents en moins entre 2020 et 2021. L’équipe chargée du chômage partiel (80 agents en temps normal) a été « épuisée » par la première vague et les mois qui ont suivi. Elle a dû faire face à plus d’un million de demandes, gérées grâce au renfort d’autres services, mais aussi grâce à une explosion des heures supplémentaires dont une partie n’a pas été payée. La seconde vague inquiète d’autant plus le syndicat qu’elle devra être gérée de front avec les contrôles contre les fraudes, qui ont été nombreuses depuis mars. Quant aux inspecteurs du travail, ils ne sont que 1 839 pour protéger 25 millions de salarié·es dans les entreprises…

Côte-d’Ivoire : Score soviétique pour Ouattara

Contestant la possibilité (anticonstitutionnelle, selon eux) du sortant Alassane Ouattara à se représenter une troisième fois, les opposants Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan avaient appelé au boycott du scrutin. Si nombre d’incidents « ont été enregistrés le jour du scrutin et 23 % des bureaux sont restés fermés », selon Indigo, une ONG locale, les résultats proclamés par ladite « Commission électorale indépendante » semblent refléter une « suspicion de bourrages d’urnes ». Le score du président réélu est soviétique : 94,27 % des suffrages (participation de 53,9 %). Dénonçant une « parodie d’élection », ses opposants ont annoncé créer un « Conseil national de transition ». Soutenu par l’Europe et le FMI, Ouattara s’accroche au palais présidentiel et deux Côte-d’Ivoire se font face, au risque d’une nouvelle plongée dans l’abîme…

Sursis pour le Refuge solidaire de Briançon

Le refuge pour migrants de Briançon reste ouvert… pour le moment. Inauguré il y a trois ans, ce lieu a vu passer plus de 10 000 exilés ayant franchi la frontière franco-italienne. Mais le nouveau maire LR de la commune alpine avait décidé de le fermer le 28 octobre. Des négociations avec les associations ont permis d’obtenir un sursis de six mois : les bénévoles pourront donc accueillir convenablement les exilés cet hiver.

Feu vert pour Amazon

Alors que la polémique enfle à propos des bénéfices colossaux réalisés par Amazon tandis que le confinement a fermé les petits commerces, le préfet du Haut-Rhin devait signer le 5 novembre l’arrêté autorisant l’entrepôt géant à Ensisheim, qui permettra l’importation de 200 millions de produits par an. L’enquête publique, bâclée, a été réalisée pendant… le premier confinement.

Dégraissage à L’Équipe

Après le groupe Altice puis Le Parisien, c’est au tour de L’Équipe d’imposer un plan social, profitant de la crise économique et sanitaire. Le titre, propriété du groupe Amaury, comprenant la chaîne télé, le journal papier, le site Internet, l’hebdo France Football, Vélo magazine et Sport & Style, entend supprimer 56 postes (dont 48 journalistes). Un plan justifié par une baisse des ventes de 20 % depuis 2019. C’est maintenant à l’intersyndicale de répliquer.

Moscou plane sur la Géorgie

Nouvelle déstabilisation post-soviétique dans le Caucase du Sud. En Géorgie, la victoire du milliardaire Bidzina Ivanichvili à la présidentielle, devant Mikheïl Saakachvili, président de 2008 à 2013 et qui rassemblait toute l’opposition, serait entachée de fraudes massives. Et si les deux candidats se disent pro-Occident, Ivanichvili est soupçonné d’allégeance à la Russie, qui a mené en 2008 une guerre conclue par la perte pour la Géorgie de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud (20 % du territoire).

…Pas sur l’Artsakh

Stepanakert est désormais à la portée des forces terrestres azerbaïdjanaises, qui progressent depuis deux semaines vers la capitale de l’Artsakh, nom donné par les Arménien·nes du Haut-Karabakh à leur république autoproclamée. Aucun des trois cessez-le-feu signés depuis un mois n’a été respecté. Moscou pourrait imposer la fin des combats mais ne bouge pas, cantonnée à la stricte lecture de son alliance militaire avec l’Arménie. Or le Haut-Karabakh est enclavé en Azerbaïdjan.

Racisme en vitrine

« À compter de ce jour, toute personne voilée ne sera pas autorisée à entrer dans ce magasin. » C’est le message apposé par le gérant d’une supérette de Nîmes, le soir même de l’attentat de Nice le 29 octobre. Il l’a lui-même posté sur les réseaux sociaux avec ce commentaire : « Et j’assume les conséquences. » Le groupe Casino, dont la supérette est une franchise, a fait fermer le magasin et a vivement condamné l’initiative.


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