Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Prison : L’État condamné

Ce n’est pas une première en France. La justice a condamné l’État pour « conditions de détention indignes » à la maison d’arrêt d’Évreux (Eure). En cause : la surpopulation carcérale. Huit détenus seront indemnisés en raison du préjudice subi. Le montant des indemnités varie de 800 euros pour les détentions les plus courtes à 7 000 euros pour la durée la plus longue, à savoir 950 jours. L’avocat des détenus, Étienne Noël, précise que ces indemnisations sont les premières d’une série, puisque, au total, trente-cinq détenus de la maison d’arrêt d’Évreux ont saisi le tribunal administratif pour obtenir réparation. Les procédures suivent leurs cours.

Loi raciste au Mississipi, les sénateurs noirs quittent la salle

L’histoire du Mississipi a été marquée au fer rouge par l’esclavage et le racisme. Les républicains, ultramajoritaires au Sénat de cet État du Sud profond, y ont voté le 21 janvier une loi interdisant « l’enseignement de toute “théorie raciale critique” dans les écoles et les universités publiques ». Une mesure purement idéologique et vexatoire à l’encontre des minorités, puisque ladite théorie n’est enseignée dans aucune école et serait inconstitutionnelle pour les universités. Pour la première fois de l’histoire, les sénateurs noirs, tous démocrates, ont quitté la salle avant le vote ; seuls deux démocrates (blancs) sont restés pour voter contre.

Lanceurs d’alerte : le Sénat minore la loi

Le Sénat a voté le 20 janvier une version restrictive de la réforme du statut de lanceur d’alerte. Ce texte limite la possibilité de divulguer une alerte dans la presse et encadre davantage les moyens par lesquels les informations doivent être récoltées pour valoir une protection au lanceur d’alerte. En suivant cette version du texte, les vidéastes-militants de L214 ne seraient pas protégés, mais poursuivis pour intrusion dans une propriété privée, estime la Maison des lanceurs d’alerte dans un communiqué. L’association se félicite en revanche que les sénateurs aient réintégré les « menaces et préjudices graves pour l’intérêt général » dans les motifs d’alerte, après les avoir supprimés en commission. Cette loi peut encore être corrigée en commission mixte paritaire le 1er février.

Union européenne : La taxe carbone mal engagée

C’est une pièce maîtresse du « Green New Deal » européen, censé donner à la Commission les leviers pour diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre en 2030. Le mécanisme de marché carbone, qui fixe un prix à la tonne de CO2 émise dans l’atmosphère, pourrait être étendu au transport routier et au bâtiment en 2026. Mais ce ne sera pas sans conséquence sur le portefeuille des Européen·nes.

Réunis en France du 20 au 22 janvier, les ministres européens de -l’Environnement et de l’Énergie disent vouloir travailler des « approches alternatives », faute de consensus.

Le plan prévoit par ailleurs des compensations financières et l’instauration d’une « taxe carbone aux frontières », pour que les produits européens ne soient pas pénalisés face aux produits importés.

Ouigours : Les mots, le symbole

Préférer l’expression « dynamique génocidaire » au mot « génocide »… La défense tient sur une ligne de crête. Et elle est d’autant plus étroite dans un contexte présidentiel. Depuis l’abstention de La France insoumise lors du vote de la résolution visant à reconnaître le génocide contre la minorité ouïgoure en Chine, le 20 janvier, les arguments portés par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon demeurent inaudibles. Dès le lendemain, devant les critiques fusant de tous bords – de militants de cette population réprimée de manière systémique par le régime de Xi Jinping jusqu’aux adversaires politiques –, Jean-Luc Mélenchon s’est justifié sur Thinkerview, tout comme Clémentine Autain sur Mediapart. Pour eux, soutenir ce texte, comme le font les députés de la majorité, tout en faisant le dos rond devant Pékin relève d’un geste « hypocrite ». Et s’abstenir, d’une position explosive.

Ukraine : Bruits de bottes, guerre des nerfs

Face à sa première crise géopolitique d’ampleur, Joe Biden bafouille sa diplomatie. Évoquant les risques d’escalade, il a menacé Moscou d’une riposte « désastreuse » en cas d’une intrusion majeure en Ukraine, discourant en même temps sur de probables dissensions au sein de l’Otan sur l’ampleur de la réplique en cas d’une incursion « mineure » : l’occupation du Donbass (déjà aux mains des pro-Russes), la plus évidente des « petites » prises, serait déjà intériorisée comme une fatalité. Alors que l’hypothèse d’une conquête de Kiev, bien moins crédible, permet encore une escalade des menaces verbales. On approche des limites de -l’intimidation états-unienne. En dépit d’un resserrement de leurs rangs, les forces occidentales ne manifestent pas de volonté crédible de jouer la force contre la force face à un Poutine militairement déterminé. Alors que le président russe attend, en fin de semaine, la réponse définitive à ses demandes – pas de nouvel élargissement de l’Otan à l’Est (et à l’Ukraine d’abord) ni de déploiement d’armes stratégiques dans les pays limitrophe de la Russie –, c’est bien à la diplomatie états-unienne de trouver la porte de sortie, pour l’Otan et pour une Union européenne concernée au premier plan, mais exclue de l’essentiel des négociations avec la Russie.

Le professeur et les conspis

Sur ses réseaux sociaux, Didier Raoult renvoie ses nombreux abonnés vers une vidéo défendant son travail et publiée sur la plateforme « Odysee », qui diffuse des vidéos sans organe de contrôle. Ainsi, la vidéo de défense du professeur Raoult nage au milieu des théories reptiliennes et des promesses de « réinformation » conspirationnistes. Y aurait-il un message ?

Pour le pire et la meilleure

Début janvier, Jean-Michel Blanquer, en voyage de noces à Ibiza, rédigeait sur un coin de table le nouveau protocole sanitaire de l’Éducation nationale. Aux antipodes, la Première ministre néo-zélandaise revoit quant à elle l’ordre de ses priorités : Jacinda Arden, devant l’imminence d’une vague omicron qui s’apprête à frapper son pays, vient d’annoncer le report de son mariage. Deux salles, deux ambiances.

Netflix, ou l’inquiétant scénario des Bourses folles

Gros profits et sang-froid ne vont pas toujours de pair. Des résultats décevants de Netflix (« seulement » 20 % de hausse de profit, à 30 milliards de dollars !) ont entraîné une désertion. Tout le monde vend, craignant que le titre baisse. Résultat, il a perdu 20 % en deux jours. Le Nasdaq se « corrige » de 8 %, suivi par les bourses européennes. Au point qu’on redoute désormais le krach, le vrai.

L’école et le milliardaire

Dans un petit village d’Ille-et-Vilaine, une école primaire qui accueille 85 élèves est exceptionnellement bien dotée : matériel informatique high-tech, voyages scolaires en Italie… L’école de Trévérien, où le milliardaire François Pinault, fondateur de Kering et troisième fortune de France, a fait ses classes, va en conséquence être renommée en l’honneur de son mécène capitaliste. De quoi inquiéter sur l’indépendance de cette école. Et de cette commune de 918 habitants, qui bénéficie de la même générosité…


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